« Bye Bye Kabila » contre « Kabila mandat eza nanu »

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031106-D-2987S-019 President Joseph Kabila of the Democratic Republic of the Congo meets with Deputy Secretary of Defense Paul Wolfowitz at the Pentagon on Nov. 6, 2003. The two leaders are meeting to discuss defense issues of mutual interest. DoD photograph by Helene C. Stikkel. (Released)
031106-D-2987S-019 President Joseph Kabila of the Democratic Republic of the Congo meets with Deputy Secretary of Defense Paul Wolfowitz at the Pentagon on Nov. 6, 2003.  The two leaders are meeting to discuss defense issues of mutual interest.  DoD photograph by Helene C. Stikkel.  (Released)
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President Joseph Kabila of the Democratic Republic of the Congo meets with Deputy Secretary of Defense Paul Wolfowitz at the Pentagon on Nov. 6, 2003. The two leaders are meeting to discuss defense issues of mutual interest. DoD photograph by Helene C. Stikkel. (Released)

En dépit de l’interdiction de l’Hôtel de ville de Kinshasa, les mouvements citoyens et pro-démocratie tels que « Filimbi », « Lutte pour le changement(Lucha) », « Compte à rebours », « Il est temps », accompagnés par des jeunes du Rassemblement, ont lancé ce 26 novembre 2016 la campagne « Bye Bye Kabila » dans la capitale, Kinshasa. Parallèlement, les jeunes du parti présidentiel, le PPRD, ont aussi démarré, le même samedi, une campagne de sensibilisation pour « défendre les acquis de la République ». Son label : « Kabila mandat eza nanu ».  

Concernant la coalition Filimbi-Lucha, elle a bravé des éléments de la police déployés massivement dans des principaux coins stratégiques de la ville pour empêcher la tenue de la manifestation. Sur l’avenue Kasa-Vubu, par exemple, une dizaine de militants sont arrivés à tromper la vigilance de la police et distribuer pendant quelques minutes des tracts. « Kabila doit quitter, Kabila doit partir, il a déjà fait ses deux mandats, il doit savoir que la Constitution existe, il doit la respecter, en quittant le pouvoir le 19 décembre », pouvait-on lire sur les tracts. D’autres prospectus, par contre, reprenaient l’article 64 dans son intégralité qui appelle à s’opposer à la prise du pouvoir par la force ou à l’exercer en violation des dispositions constitutionnelles.
Activité jugée subversive par les autorités, l’un de ces jeunes, Jeef Mabika Kabeya du mouvement Filimbi, a été mis aux arrêts et conduit à l’Echangeur de Limete. D’après son collaborateur Carbone Beni Wa Beya, ce jeune activiste très engagé, père de famille, est resté introuvable jusque hier dimanche.  « Nous avons rencontré des difficultés pour accomplir notre tâche à cause de cette présence policière déployée pour nous empêcher d’exercer nos droits. Nous déplorons la restriction des libertés garanties par la constitution », a indiqué ce leader de Filimbi, affirmant que la campagne va se poursuivre jusqu’à la fin de l’année pour appeler à la vigilance du peuple congolais.
Quant aux jeunes du PPRD, ils ont entamé ce samedi 26 novembre 2016 une sensibilisation porte-à-porte en vue d’avertir la population contre la déstabilisation des institutions.
            Campagne lancée sur fond du slogan « Kabila mandat eza nanu » (Kabila, le mandat court encore), ses ténors ont envahi, non seulement les réseaux sociaux, mais aussi la rue pour faire entendre leurs voix. Pour ces jeunes, il faut considérer que la jeunesse congolaise est à la fois travailleuse, chômeuse et en formation. « Donc si aujourd’hui le pays est déstabilisé, nous mettons un frein à la formation de la jeunesse principalement. Si aujourd’hui il y a un chaos en RDC, cette même jeunesse qui travaille dans les structures formelles et informelles étatiques et privées ne saura plus contribuer au développement du pays. Et nous pensons donc que la paix et la stabilité sont importantes pour le développement du pays et que la jeunesse a un rôle à jouer. Maintenant, il y a des appels qui viennent de gauche à droite qui appellent à la rue, à la violence, tout en s’appuyant sur un seul alinéa de l’article 64. Mais quand vous prenez le second alinéa, vous allez comprendre qu’il est interdit de renverser un régime démocratiquement établi, au risque de se faire avoir par les dispositions légales en la matière », a martelé un de ses dirigeants.
                Tshieke Bukasa