Bussa – Muzito : c’est la guerre !

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C’est la guerre ouverte entre le Premier Ministre Adolphe Muzito et le député national Jean – Lucien Bussa. Leur contentieux s’articule autour de la question orale de ce membre de la Chambre basse du Parlement, qui avait conclu son intervention, le mercredi 28 avril 2010 au Palais du Peuple, par l’introduction des faits nouveaux qui continuent d’agiter le microcosme politique. C’est dans ce climat délétère que l’on apprend que le chef du gouvernement vient d’écrire au Président de l’Assemblée Nationale.

Dans cette correspondance datée du 28 avril 2010, le Premier ministre menace de saisir la justice contre le député incriminé, si ce dernier n’apporte pas les preuves des ses accusations portant sur son prétendu patrimoine immobilier, ou à défaut des preuves, s’il ne présente pas des excuses publiques au cours d’une séance plénière radiodiffusée et télévisée de l’Assemblée Nationale au Palais du Peuple, accompagnées d’un démenti à faire également devant ses collègues députés.

Le Phare a pu obtenir d’une source proche de la Primature un extrait de la lettre d’Adolphe Muzito dont le libellé suit : « …Au regard des dispositions légales en vigueur et du Règlement intérieur de l’Assemblée Nationale, je considère que ces propos sont malveillants et constituent des attaques contre ma personne et des imputations dommageables, qui n’ont aucune relation avec une question orale de politique générale adressée au Premier ministre.

Aussi, je demande que l’intéressé vous fournisse les preuves de ses affirmations ou, à défaut des preuves, j’exige qu’un démenti soit fait et des excuses me soient présentées dans les mêmes circonstances et les mêmes conditions que les déclarations ont été faites.

Autrement, je me réserve le droit de recourir aux cours et tribunaux pour que justice me soit faite… ».

A ce stade, l’on ignore la réponse que le président de l’Assemblée Nationale compte réserver à la préoccupation du Premier ministre. Mais, au regard des menaces contenues dans la lettre du chef du gouvernement, l’on pense qu’Evariste Boshab ne saurait y rester indifférent. Il va certainement y réagir, surtout à la lumière des observations qu’il a faites mercredi soir à ses collègues auteurs des questions orales, dont il a fermement condamné la manie de vouloir introduire des faits nouveaux et comportant des imputations, au préjudice des membres du gouvernement et d’autres personnes appelées à éclairer la lanterne du peuple à travers la Représentation nationale. Il a plaidé pour la loyauté et l’équilibre dans les débats parlementaires.

L’autre inconnue se situe au niveau de la réponse que le député Jean-Lucien Bussa pourrait réserver à la demande du Premier ministre. Va-t-il aller jusqu’au bout, c’est-à-dire à la production effective des preuves de ce qui parait encore comme des allégations ? Ou va-t-il s’abriter derrière son immunité pour fermer la porte à tout compromis et à toute poursuite judiciaire ? Et de son côté, Adolphe Muzito a-t-il pensé à la manière de contourner l’immunité parlementaire de son adversaire pour le traîner formellement devant les cours et tribunaux ? Tous les regards sont tournés vers Evariste Boshab dans la gestion de ce dossier ultra-sensible.          

Kimp.

 

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