Busa met le feu au MLC

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jean lucien busaLe torchon brûle au sein du Mouvement de Libération du Congo. Alors qu’on s’attendait à ce que l’élu de Budjala prenne acte et s’incline tout simplement  devant la décision  de son limogeage de ses fonctions de Secrétaire général Adjoint chargé des questions politiques et stratégies prise par le Chairman à partir de sa cellule de La Haye aux Pays-Bas, Jean-Lucien Bussa est entré en rébellion contre la direction de son parti.

         Réconforté par le soutien  des députés de l’Equateur, notamment Alpanza, Isofale, Lomango, Nzangi, Avundagba et une frange des Sénateurs et cadres du parti, il a annoncé dans une déclaration lue par  le député Avundagba, élu de Lisala sur la liste du MLC, la création d’un courant démocratique et rénovateur  hier lundi 22 juillet, au restaurant K-Sav, dans la commune de Kasa-Vubu.

         On laisse entendre que d’autres députés en vacances parlementaires dans leurs circonscriptions électorales pourraient rejoindre le groupe incessamment. Il s’inspire de la démocratie française où il existe des courants rénovateurs à l’intérieur de grands partis.

         Dans son coup de gueule, Jean-Lucien Bussa a tiré à balles réelles sur son leader, Jean Pierre-Bemba, qu’il a accusé des dérives totalitaires et exigé la révocation de l’actuel Secrétaire général du MLC, Thomas Luhaka, qui apparait désormais comme son ennemi juré.

         Pour le précité, sa déchéance ne relève pas de la compétence du président du parti mais plutôt du Conseil des représentants, conformément aux statuts qui régissent le parti. Tout en annonçant la suspension, par les députés et sénateurs du MLC membres de ce courant rénovateur, de leurs cotisations ainsi que de leur participation aux activités du parti, Jean-Lucien Busa persiste et signe que lui et ses camarades contestataires demeurent, jusqu’à preuve du contraire,  membres à part entière du MLC.

ERIC WEMBA 

Déclaration politique des députés, sénateurs et cadres du MLC suite

à la restructuration du Bureau du Comité Exécutif du Mouvement

de Libération du Congo

 A la suite de la publication, le 18 juillet 2013 de la décision n°005/PN/MLC/07/013 portant  restructuration du Bureau du Comité Exécutif national du Mouvement de Libération du Congo attribuée au Collège des Fondateurs, les membres du Collège des Fondateurs, du Bureau politique, Comité Exécutif national, Députés, Sénateurs et Cadres du Mouvement de Libération du Congo signataires de la présente déclaration se sont réunis les 20, 21 et 22 juillet 2013 à l’initiative des parlementaires du Mouvement de Libération du Congo présents à Kinshasa pour analyser le fonctionnement du parti et tirer les conséquences de la décision sus évoquée. Après examen et débat, ils rendent publique la déclaration suivante :

I.          DU FONCTIONNEMENT DU PARTI

1.         Depuis plusieurs années, la direction du parti s’est caractérisée par la léthargie, la légèreté dans la prise des décisions, le non-respect des aspirations de la base et les violations successives des principes démocratiques élémentaires qui régissent le fonctionnement du MLC.

Ce qui est à la base des départs massifs et successifs des hauts cadres et de la démobilisation des militantes et militants du MLC.

2.         Après l’arrestation du Sénateur Jean-Pierre Bemba, le fonctionnement du parti est réduit à des combines politiciennes caractérisées par le clientélisme, l’intoxication, les intrigues et le mensonge érigés en système de gestion.

L’opportunisme de certains dirigeants, pour lequel le parti ne sert que de tremplin pour assouvir des intérêts personnels au détriment des militantes et militants du MLC, régit depuis lors le fonctionnement du parti.

3.         La gestion du parti n’obéit à aucune règle de gestion moderne qui fait de la lutte démocratique son cheval de bataille. En effet, au nom du collège des fondateurs dont on ne peut trouver trace d’un seul Procès-verbal des réunions depuis 5 ans, des graves décisions sont prises sans associer les organes statutaires compétents tels que le Conseil des représentants, le Collège des fondateurs, le Bureau politique et le Comité exécutif convoqués et réunis de façon régulière conformément aux statuts et règlement intérieur.

4.         Les graves décisions sont prises par un petit groupe d’intérêt qui à lui seul s’est substitué au Conseil des représentants, au Collège des fondateurs, au Bureau Politique et au Comité exécutif sans habilitation, foulant ainsi aux pieds les statuts et les aspirations réelles de la base dont ils se servent comme marchepied.

5.         La ligne politique du MLC, celle d’une opposition forte et républicaine telle que prônée par Jean-Pierre Bemba, Président national du MLC en novembre 2006, n’est plus lisible à cause des complicités internes de certains hauts cadres qui s’opposent le jour et travaillent pour le pouvoir la nuit.

6.         Le MLC, parti politique, ressemble dans son fonctionnement et dans son mode de prise de décision interne à une entreprise privée aux méthodes de management archaïques ; reposant sur la volonté d’une petite oligarchie qui a ligoté la volonté et les aspirations de la base.

7.         La désignation des membres du MLC à des postes de responsabilité ainsi que la sélection des candidats députés à des listes électorales n’ont jamais fait l’objet des débats internes, conformément à l’article 33 alinéa 5 des statuts. L’arbitraire est devenu la règle pour un parti qui fonde sa lutte politique sur le respect des principes démocratiques. Tout cela à cause d’un leadership autocratique et dictatorial.

8.         L’absence des perspectives alternatives à offrir aux militaires et militants en l’absence du Président national

9.         Le déficit de vision stratégique claire face aux enjeux politiques.

10.       La gestion très peu orthodoxe des finances du parti en violation de l’article 33, alinéa 4 des statuts.

II. De la décision de restructuration du Bureau du Comité Exécutif du 08 juillet 2013

11.       La décision n°005/PN/MLC/07/013 portant restructuration du Bureau du Comité exécutif national du 08 juillet 2013, publiée dans la presse le 18 juillet 2013 a été prise dans le secret, en violation de l’article 39 des statuts.

12.       Cette décision est entachée d’irrégularités dans la mesure où aucune réunion du Collège des fondateurs n’a été ni convoquée ni tenue le 08 juillet 2013.

De même que la majorité des membres du Collège des fondateurs sont surpris par la publication le 18 juillet 2013 d’une décision de restructuration leur attribuée alors qu’aucune réunion de cette instance n’a été tenue à Kinshasa. Ce qui traduit le mode de prise de décision autocratique du MLC.

13.       La déchéance d’un membre du Bureau du Comité exécutif ne relève pas de la compétence du Président national (cfr article 45 des statuts) mais plutôt du Conseil des représentants (cfr article 42 des statuts) ou du Collège de fondateurs régulièrement réunis entre les deux sessions du Conseil des représentants (article 26 des statuts).

14.       La décision prise unilatéralement par un petit groupe d’intérêt à la tête du parti n’est pas précédée d’une procédure disciplinaire contradictoire à l’occasion de laquelle les griefs, s’ils en existent, devraient être communiqués et débattus avec des conclusions reprises sur Procès-Verbal et d’éventuelles propositions des sanctions à soumettre au Collège des fondateurs en période d’intersession. La violation intentionnelle de cette procédure confirme que l’honorable Jean-Lucien Bussa est limogé sans motif. Ce qui relève de l’anarchie et de l’arbitraire.

III. Des aspects politiques

15.       La Direction du parti, à l’occasion des échéances politiques majeures, a démontré son mépris pour les députés nationaux qui par leurs propres efforts ont permis au MLC de se hisser au niveau du 2ème parti de l’opposition dans un contexte très difficile. L’expression démocratique des élus du peuple est étouffée par l’appareil qui veut confiner les parlementaires au rôle des petits exécutants pour des acteurs politiques de premier rang en démocratie.

16.       Le complot ourdi contre le MLC par certains Hauts cadres vise aussi la déstabilisation du groupe parlementaire MLC et Alliés dans le but de l’instrumentaliser et ce, en violation des règlements intérieurs de l’Assemblée nationale et du groupe parlementaire. En voulant placer à la tête de ce dernier, un client politique au service des petits intérêts, le parti prendrait à coup sûr le risque d’une crise inutile alors que la cohésion du parti est déjà ébranlée.

De ce qui précède, les membres du Collège des fondateurs, du Bureau politique, Comité exécutif national, députés, sénateurs et cadres du Mouvement de Libération du Congo signataires de la présente déclaration ;

–           Vu la dérive dictatoriale et le disfonctionnement qui caractérisent la gestion du parti ;

–           Vu le clientélisme, l’anarchie, l’opportunisme et l’arbitraire qui caractérisent le Bureau du Comité exécutif national ;

–           Ayant fait le constat des violations répétées des statuts du MLC par le Bureau du Comité exécutif national ;

–           Conscients de la nécessité de préserver la ligne politique du parti en phase avec les aspirations profondes des Congolaises et Congolais ;

–           Prenant en compte les aspirations des militantes et militants du MLC pour une gestion efficace et moderne du parti ;

–           Considérant la désapprobation de la déchéance de l’honorable jean-Lucien Bussa au poste du Secrétaire Général Adjoint par toute la base du MLC ainsi que l’ensemble de la population congolaise ;

–           Considérant qu’il sied de tenir compte de la volonté des députés et sénateurs représentants du peuple congolais dont l’apport pour le parti est remarquable,  dans la prise des décisions politiques majeures ;

–           Déterminés à sauver le MLC de toutes ces dérives.

Décident ce qui suit :

1.         Demeurons membres du MLc et poursuivons en son sein le combat démocratique conformément au projet de société du parti ;

2.         Exigerons la révocation du Secrétaire Général du MLC Monsieur Thomas Luhaka ;

3.         Refusons de participer à toutes les réunions du parti et d’obéir aux décisions prises par le précité jusqu’à la convocation du Conseil des représentants pour éviter de perpétuer l’imposture ;

4.         Annonçons ce jour, la création du courant démocratique et rénovateur dans le MLC, dont la présidence est confiée à l’unanimité à l’honorable Jean-Lucien Bussa, Président du groupe parlementaire MLC et Alliés et membre cofondateur du MLC ;

5.         Les députés, sénateurs et cadres du parti, membres du courant démocratique et rénovateur suspendent à dater de ce jour leur cotisation mensuelle et apport logistique et financier jusqu’à la clarification de la situation par le Conseil des représentants ;

6.         Exigeons la convocation sans délai du Conseil des représentants en vue du dénouement de la crise ainsi créée par la décision du 08 juillet 2013 ;

7.         Exigeons la démocratisation du parti du sommet à la base ainsi que des réformes en profondeur et indispensable à la survie du parti ;

8.         Appelons les militantes et militants au calme et demandons à tous de se mobiliser davantage en vie de protéger ce patrimoine commun qu’est le MLC et barrer la route à toute tentative de privatisation du MLC par des personnalités au service des causes obscures.

Avec Dieu, nous vaincrons !

Ainsi fait à Kinshasa, le 22/07/2013

Pour les membres du Collège des fondateurs, du Bureau Politique, Comité exécutif national, Députés, Sénateurs et Cadres du Mouvement de Libération du Congo.

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