Budget : nouveau pari de la transparence

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mukoko_daniel_13_01Le Vice-Premier ministre et ministre du Budget organise, du 28 au 30 juillet, un « Séminaire d’orientation budgétaire de l’exercice 2015 » à l’Hôtel Sultani, à Kinshasa. Ce membre du gouvernement le considère comme un « acte de transparence et de participation citoyenne au processus budgétaire ». On croit savoir que l’objectif visé est d’impliquer tous les segments de la vie nationale à l’élaboration de la loi financière de 2015, une « feuille de route » souvent sujette à polémique au sein de la communauté nationale, où les parlementaires ont tendance à croire être les seuls maîtres du jeu en la matière.

         Le souci du ministère du Budget d’élargir la base des contributions au projet de budget 2015 peut trancher avec le passé, si le Gouvernement et le Parlement se mettent effectivement à l’écoute des préoccupations des contribuables, qui ont le sentiment qu’on ne leur renvoie pas suffisamment l’ascenseur au moment du toilettage définitif des rubriques des recettes et des dépenses.

         Pour avoir engagé le pari de la transparence, la tutelle du Budget devrait favoriser au cours de la rencontre de l’Hôtel Sultani, un débat large et franc entre Congolaises et Congolais qui pensent pouvoir apporter quelque chose de plus dans l’élaboration du budget national. L’on espère qu’à cette occasion, les participants vont correctement explorer les nouvelles pistes de nature à doter la République Démocratique du Congo d’un budget conforme avec sa casquette d’Etat minier et pétrolier mais aussi de future puissance agricole.

         Dans des pays émergents tels que l’Afrique du Sud, le Maroc, l’Egypte, le Nigeria, la Libye, l’Algérie ou la Tunisie, les budgets nationaux dépassent régulièrement les 80 milliards de dollars l’an. La république voisine d’Angola, une sérieuse candidate à l’émergence, aligne plus de 65 milliards par an. Comme on peut le constater, ce n’est pas avec un modique budget de 8 milliards de dollars annuels que la RDC va prétendre à l’émergence d’ici 2030. Il faut plus. Et notre pays, selon les analyses de nombreux experts en économie, réunit les conditions requises pour multiplier son budget national par deux, trois, quatre ou plus.

         On rappelle que l’année passée, un atelier sur le «coulage des recettes publiques», organisé par le même ministère du Budget, avait démontré que plusieurs milliards de dollars destinés à la caisse de l’Etat, s’évaporaient sans laisser des traces. Cela laisse penser qu’un contrôle rigoureux des sources de production mais aussi un comportement patriotique dans la collecte des richesses nationales serait le gage de la marche du pays vers l’émergence.

         Tout le monde est à présent curieux de connaître, au sortir de l’atelier de l’Hôtel Sultani, la configuration du budget 2015, selon les regards des représentants des forces vives de la Nation. Ainsi, au lieu de demeurer une affaire d’initiés, la préparation du budget national pourrait devenir un exercice ouvert au commun des Congolais.

                            Kimp

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