Budget 2017 : les Sénateurs d’accord avec le ministre Kangudia

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Cela n’arrive pas tous les jours, surtout à la chambre haute du Parlement. Le ministre d’Etat en charge du Budget, Pierre Kangudia Mbayi, s’est montré convaincant dans ses réponses aux préoccupations des sénateurs à l’issue du débat ouvert après sa présentation de l’économie générale du projet de budget 2017 le dimanche 11 juin 2017.

C’était après une heure et demie qu’il avait sollicitée et obtenue en vue de préparer sa réplique après le débat général sur la loi de finances présentée devant le Sénat.

On retient pour l’essentiel que l’intervention du ministre d’Etat en charge du Budget pour présenter l’économie générale de la loi, était basée sur 4 points. A savoir : le contexte d’élaboration du projet de loi de finances pour l’exercice 2017, les scenarii d’élaboration,
l’exécution de la loi de finances rectificative à fin 2016 et de la loi portant ouverture des crédits provisoires à fin mars 2017, la configuration du projet de la loi de finances de l’exercice 2017.

Concernant les grandes articulations, le projet de budget 2017 propose un taux de croissance de 3,5%, un taux de change moyen de 1.452 FC pour un dollar américain, et un taux d’inflation  fin période de 17,9%.

Sur la base de l’inflation estimée des six premiers mois de l’année,
soit 13,5%, le gouvernement indique qu’un effort d’ajustement s’impose
pour le reste de l’année en vue de contenir son accroissement dans la
fourchette de 4,4%.
Pour faire face à cette situation et éviter la descente aux enfers en
ce qui concerne l’inflation, le gouvernement compte poursuivre la mise
en place des 28 mesures de stabilisation et de relance de l’économie
nationale arrêtées l’année passée.
Pour ce qui est des grands axes du budget 2017 sous examen au Sénat,
ils se présentent comme suit : taux de croissance du PIB 3,5%,
déflateur du PIB 4,15%, taux d’inflation moyen 12,5%, taux d’inflation
fin période 17,9%, taux de change moyen 1452,25 FC le dollar
américain, pression fiscale 13%, produit intérieur brut nominal
47.431,8 milliards de FC.
Estimé à 11.301,3 milliards de Francs congolais, le budget 2017
comprend 10.013,4 milliards du général, 878,5 milliards de FC des
budgets annexes, et 409,4 milliards des comptes spéciaux.
Le budget général est constitué des recettes internes de 6.1666, 1
milliards de FC et des recettes extérieures de 3.847,3 milliards. Les
recettes comprennent notamment :
– Les recettes des douanes et accises de 2.497,3 milliards de FC ;
– Les recettes des impôts de 2.645,3 milliards de FC ;
– Les recettes non fiscales de 770,8 milliards FC ;
– Les recettes des pétroliers producteurs : 252,8 milliards de FC.

Les Sénateurs pour un budget transparent

Dans le débat général après l’intervention du gouvernement, plusieurs
sénateurs se sont succédé à la tribune pour émettre soit des
critiques, soit des propositions et suggestions au gouvernement en vue
de l’amélioration de l’action chiffrée de l’action gouvernementale.
Tous les secteurs de la vie nationale ont été passés en revue par les
intervenants. De la politique au social, en passant l’économique et le
culturel, rien n’a échappé à la vigilance des élus des élus.
Les recettes globales générées par les mines et les pétroliers
producteurs, c’est-à-dire leur contribution au budget national, ont
été exigées. Afin d’éviter dans le futur le choc dû à la chute des
cours des minerais, les sénateurs recommandent la diversification des
secteurs générateurs des recettes au lieu de se limiter aux seules
ressources naturelles.
La stagnation des chiffres du budget qui peine à franchir le cap de
10 milliards depuis 11 ans, le retard de son dépôt au Parlement devenu
presque chronique, sa mauvaise répartition, la non prise en compte des
priorités, l’affectation abusive des recettes de l’Etat, le manque de
sincérité dans les chiffres présentés, l’inaction du gouvernement face
aux drames des populations…figurent parmi les principales critiques
émises par les sénateurs dans leurs interventions.
Toujours en marge du débat, d’autres intervenants ont voulu obtenir la
lumière en ce qui concerne le niveau d’exécution des travaux des
barrages hydroélectrique de Katende au Kasaï central et Kakobola au
Kwilu ; le délai précis que le gouvernement propose pour la tenue des
élections prévues en cette année 2017 ; la hauteur exacte des recettes
des mines et des pétroliers producteurs ; la quotité de l’Etat dans la
cession des parts par des investisseurs privés étrangers ; le montant
alloué à la diplomatie ; etc.
Parlant de la mauvaise répartition ou affectation abusive des recettes
de l’Etat, les sénateurs ne comprennent pas en quoi la construction
d’un palais présidentiel, l’acquisition de nouveaux véhicules pour le
gouvernement, le renouvellement du charroi automobile des sénateurs…
peuvent constituer des priorités, alors qu’il y a des secteurs vitaux
qu’on ne sait financer faute de moyens.
Après avoir sollicité et obtenu une pause de 1h30, le ministre d’Etat
et ministre du Budget, Pierre Kangudia, est revenu pour tenter
d’éclairer la religion des sénateurs. Il a, à cet effet, ramassé
toutes les questions lui adressées et tenté d’y apporter des réponses.
Concernant le chiffre de 1.425 FC le taux, il a dit qu’il s’agit
d’une erreur métérielle. On devait plutôt écrire 1.452FC le dollar.
La RDC n’est pas en programme avec le FMI, mais plutôt en coopération.
Quant à la traçabilité des recettes minières et des pétroliers
producteurs, il a invité les sénateurs à consulter les tableaux en
annexe du document leur remis. De même, il a assuré que les prévisions
des dépenses électorales ont été élaborées sur la base des besoins
établis par la CENI.
Concernant la déclaration qu’on lui impute selon laquelle il aurait
dit qu’il était impossible d’organiser les élections  cette année,
faute de moyens, le ministre d’Etat Kangudia Mbayi a réfuté le fait,
avant d’apporter l’éclaircissement suivant : « Répondant à la question
de la presse, j’avais dit qu’il était impossible pour le gouvernement
de réunir un montant de 1 milliard 800 millions de dollars en une
année pour l’organisation des élections. Or, avec le budget ou les
prévisions transmises par la CENI qui s’élèvent à 764 millions, le
gouvernement se dit capable de les mobiliser » .

Dom