Budget 2011 : Muzito passe sans casse

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En dépit des critiques, réserves et tergiversations exprimées au cours du débat général, la majorité des députés nationaux ont voté pour la recevabilité du projet de budget de l’Etat, exercice 2011.

C’était au cours de la plénière de vendredi 22 octobre consacrée entre autres à la réplique du premier ministre aux questions lui posées par les députés lors du débat sur la loi des finances présentée par son gouvernement à la Représentation nationale pour adoption, que la Chambre basse a accordé son quitus.

Naturellement, la plupart des députés de l’opposition ont voté contre.

Cependant du côté de la majorité au pouvoir, il n’y a pas eu unanimité des voix. Si la grande majorité a entériné, il y a eu aussi des mécontents dont certains se sont abstenus. 

            Ceux qui militaient pour le rejet du projet gouvernemental, accusaient celui-ci de n’avoir pas intégré les préoccupations majeures des Congolais. Notamment la non prise en compte du social, contrairement au souhait du chef de l’Etat selon lequel 2010 est une année du social.

Pour ceux qui se sont réservés dans le camp de l’AMP (Alliance de la majorité présidentielle), plusieurs raisons ont été avancées.

            Dans la foulée, certains n’apprécient pas les apports extérieurs au budget national. Ce qu’ils considèrent comme une hypothèque de la souveraineté du pays. Pour eux, le gouvernement ferait mieux de promouvoir les unités de production en finançant la relance de bon nombre d’entreprises en difficulté, plutôt que de compter sur le soutien des partenaires jamais sûr.

D’autres ont fustigé à la manière des opposants la mauvaise répartition des rubriques, tout comme la non prise en compte du social, contrairement au vœu du chef de l’Etat.

            Le texte a été confié à la commission économique et financière pour enrichissement et intégrations de différents amendements acceptés par la plénière. 

Muzito prêt à intégrer les recommandations 

            Dans ses réponses aux préoccupations des députés, le premier ministre a assuré la Représentation nationale que ses préoccupations, observations et recommandations ne resteront pas lettre morte.

            Concernant la sous-consommation constatée dans certaines rubriques et la surconsommation relevée dans d’autres lignes budgétaires, Adolphe Muzito justifie cela par la subvention d’exploitation de la Banque centrale.

            La situation est aussi liée au règlement des créances des tiers au titre de la dette intérieure, et aux arriérés budgétaires du premier semestre.

            Par ailleurs, il a reconnu que certaines rubriques ont connu la sous-consommation notamment la bourse d’études et la subvention aux services déconcentrés.

Il a promis d’apporter des corrections pour le crédit relatif à la bourse d’études au niveau de l’Ecofin/Assemblée nationale.

            Répondant à la question relative à l’exécution du Budget 2010, le Premier ministre a indiqué que son exécution s’est clôturée par un solde positif de 152 milliards de Francs congolais découlant des recettes de l’ordre de 1.840 milliards de FC et des dépenses de 1.688 milliards de FC.

            Quelles sont les raisons de l’excédent, parce que certaines dépenses n’ont pas été exécutées pendant l’exercice ?

Réponse : le gouvernement poursuivait un triple objectif, à savoir : atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE, maintenir la stabilité macroéconomique, et rendre visible la mise en œuvre des cinq chantiers, sabns oublier les dépenses relatives à la commémoration du cinquantenaire de l’indépendance nationale.

            A propos du paradoxe apparent entre l’augmentation de l’enveloppe budgétaire et la misère de la population toujours continue, il a fait savoir que l’absence de l’appareil statistique ne permet pas de mesurer les différentes améliorations socio-économiques que connaît le pays depuis un certain temps. Ce qui ouvre la voie à des interprétations subjectives tendant à sous-estimer les efforts consentis.

            Toutefois, a-t-il affirmé, les statistiques disponibles indiquent que l’accroissement du budget est en corrélation avec l’amélioration du niveau de vie des populations.

Pour preuve, informe le chef du gouvernement, le taux de chômage est passé de 61% en 2009 à 54% en 2010. 

715 millions USD pour les élections 

            Pour ce qui est de l’organisation des élections en 2011, Adolphe Muzito rassure les députés de l’engagement pris par son gouvernement pour financer les opérations électorales.

            Pour ce faire, un budget global de 715 millions de dollars est prévu, dont 366 millions de dollars pour le gouvernement (soit 51%) contre 349 millions de dollars (49%) pour la communauté internationale.

            Il a indiqué, par ailleurs, que les préparatifs sont en cours et se poursuivront jusqu’en 2011.

Dans le présent projet de budget, le montant prévu pour les élections est de 350 millions de dollars répartis comme suit :

– 32 millions à charge du gouvernement pour la rémunération du personnel, le fonctionnement et les dépenses d’investissement de la CENI (commission électorale nationale indépendante) ;

– 318 millions $US destinés au financement des opérations électorales, dont 154 millions à charge du gouvernement et 164 millions à celle des partenaires extérieurs.

D’autres rubriques sont également prévues dans le présent projet, a dit l’orateur.

            C’est le cas de celles relatives aux politiques sociales, dont la gratuité de l’enseignement de base, le soutien à l’enseignement supérieur et universitaire, la poursuite de la réalisation des cinq chantiers et de la politique de bon voisinage.

            A ce sujet, un crédit de 72 milliards de FC est prévu pour financer les activités ci-après : 16 milliards pour la mécanisation de 17.000 enseignants, 8 milliards pour le fonctionnement des écoles, 11milliards pour le fonctionnement des bureaux de gestion, 3 milliards pour l’acquisition des kits scolaires, et 34 milliards pour la réhabilitation et la construction des salles de classes.

Dom

 

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