Brazzaville : «Apocalypse» à Mpila

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Selon la version officielle, la tragédie survenue dimanche dernier dans la matinée à Brazzaville, au Congo, d’en face était due à un court circuit. Dans la haute ville, la rumeur fait par contre état d’un sabotage perpétré par des militaires révoltés, dont leur général serait dans un état critique et à l’article de la mort suite à un empoisonnement dans un hôpital de Rabat au Maroc. Voilà le récit de cette catastrophe relaté dans une correspondance par une employée d’une organisation internationale basée dans la capitale congolaise. Cette rumeur est si forte que les rescapés de cette catastrophe ne comptent plus retourner dans ce quartier de Mpila car ces militaires ont promis de venger leur général et cette fois-ci en recourant aux moyens plus sophistiqués et ils ne feront pas de quartier.

Cette dame qui a échappé à la mort grâce à un miracle divin se rappelle avoir entendu vers 8 heures du matin une première détonation et cela, au moment où elle se dirigeait vers la salle des bains pour se préparer à se rendre à l’Eglise. Ne se doutant de rien, elle est sortie pour s’enquérir de la situation auprès de ses deux voisines qui habitaient dans la même concession. Dehors, la rue était pleine des gens qui cherchaient à comprendre l’origine de la fumée noire qui montait vers le ciel. Elle n’a pas eu le temps de franchir la porte de sa voisine qu’une deuxième détonation, beaucoup plus forte, l’a surprise.

Elle ne sait pas comment elle s’est retrouvée couchée par terre en criant à haute voix le nom de Marianne, l’une de ses voisines, pour appeler au secours. Autour d’elle, tout était en morceaux, vitres, armoires, ustensiles de cuisine, mobiliers étaient dispersés à travers le salon et la pauvre dame perdit connaissance jusqu’ au moment où l’une de ses voisines est venue la retrouver inanimée, étendue par terre. Elle l’a tiré des décombres jusqu’en dehors de l’appartement. C’est là que j’ai repris mes esprits a indiqué Mlle Rose, employée d’une organisation internationale basée au Congo Brazzaville.

Que faire et où se réfugier ? Sans prendre quoi que ce soit, les deux voisines se dirigèrent en courant vers la grande route traversant ce quartier sous des détonations inimaginables piétinant des corps morts ou encore en vie. Comme les détonations ne cessaient pas, des jeunes gens criaient à haute voix pour demander aux rescapés de se coucher par terre. On se croyait en Libye ou au Yémen. Les détonations augmentaient d’intensité et c’était la débandade généralisée, chacun cherchant à sauver sa peau par tous les moyens. Le spectacle était désolant : toutes les maisons étaient démolies : églises, boutiques, magasins, écoles, immeubles en étages.

En courant, nous sommes allées nous réfugier chez la grande sœur de ma voisine qui habite dans un autre quartier. C’est le lendemain que nous sommes revenues au quartier pour voir si l’on pouvait récupérer certains biens et surtout les habits ainsi que des objets de valeur tels les bijoux et de l’argent liquide. Tout le quartier était dévasté comme si une bombe atomique y avait été déversée, une véritable apocalypse, un tsunami selon les termes d’un membre du gouvernement accompagnés d’autres autorités venues inspecter les lieux de cette tragédie inoubliable.

Sur toutes les lèvres se lisaient la désolation, le désespoir et la colère/. Désolation à cause de dégâts matériels et surtout humains car le nombre des morts ne sera jamais connu étant donné que bon nombre des corps d’habitants de ce quartier sont ensevelis dans les décombres et risquent de pourrir suite aux intempéries et au manque d’engins mécaniques sophistiqués pour les travaux de recherche des victimes.

Colère, parce que les gens se demandent pourquoi les autorités politico administratives n’ont pas déplacé de ce quartier populaire ces caches d’armes et des munitions de guerre pou les placer dans des lieux inhabités. «Pourtant cela fait deux ans que le gouvernement avait promis de le faire», s’est exclamée Mlle Rose. Beaucoup des gens sont morts dans leurs propres maisons ou en voulant se réfugier vers d’autres quartiers. Des familles entières ont été décimées. D’autres ont connu un autre sort avec la mort des parents et les enfants ainsi orphelins se retrouvent sans logis ni soutien. Une véritable apocalypse, a souligné Mlle Rose qui remercie le Très haut de l’avoir sauvée d’une mort certaine.  F.M.      

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