Brazzaville accueille Forbes en Afrique

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Le gratin politico-économico-financier mondial s’est donné rendez-vous à Brazzaville, capitale de la République du Congo, le 24 juillet 2012 à l’occasion du lancement de « Forbes Afrique », la version francophone du célèbre magazine américain créé au début du XXème siècle. Petit dernier de la série des versions internationales du magazine FORBES, dernier mais non des moindres, intitulé sobrement «Forbes Afrique», celui-ci traite de tout ce qui a trait à l’économie en Afrique. Référence internationale de l’information économique et financière, le magazine né en 1917 sur la 5ème Avenue de New York, s’attaque enfin au continent africain au cours d’un vernissage parrainé par Denis Sassou Nguesso, Président de la République du Congo. Ce dernier a, à cette occasion, réussi à convier, dans la salle de conférence du ministère des Affaires étrangères, trois de ses pairs africains(le Gabonais Ali Ben Bongo, le Centrafricain Bozizé François et Teodore Obiang Nguema, l’Equato-guinéen), sous l’animation principale de la journaliste Christine Ockrent.

  Hôte de cette solennité, le Président congolais a salué cet avènement de Forbes Afrique qui va offrir une visibilité certaine aux avancées dans les réformes macro-économiques, le développement durable, la bonne gouvernance, l’amélioration du climat des affaires, etc.

Brazzaville, terre des rendez-vous des libertés
 Un long rêve finalement réalisé par Lucien Ebata, qui en est aussi le Président Directeur Général, Forbes Afrique est distribué dans 23 pays africains (Bénin, Burkina-Faso, Burundi, Cameroun, Comores, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Guinée, Guinée équatoriale, Madagascar, Mali, Maurice, Mauritanie, Niger, République centrafricaine, République démocratique du Congo, République du Congo, Rwanda, Sénégal, Seychelles, Tchad, Togo), ainsi qu’en France, en Suisse, en Belgique et au Québec.
 Son initiateur, Lucien Ebata, a expliqué à cet effet : « Il y a un moment fort en faveur de l’Afrique. Par son énergie, son potentiel hors norme et ses défis, il est résolument le continent du XXIe siècle. Alors que le monde est confronté à une grave crise économique et financière, l’Afrique accélère sa mutation. La transformation en profondeur de ses économies lui permet de s’imposer comme un nouveau pôle de la croissance mondiale. Ses marchés se développent, son secteur privé se renforce, sa classe moyenne est en plein essor »


 Quant à son compatriote, Sylvain Lekaka, Président du Conseil d’Administration des Forbes en Afrique, il a rappelé qu’une fois de plus la capitale de son pays, Brazzaville, a pris rendez-vous avec l’histoire des libertés après avoir été capitale de la France libre (1940), berceau de l’abolition du code de l’indigénat (1944), terre de l’annonce des indépendances des pays africains par le général De Gaulle (1958). «  Le lancement à Brazzaville de la première édition francophone du magazine international Forbes confirme cet idylle entre cette cité équatoriale et la proclamation des libertés, même si celle d’aujourd’hui ressemble plus à une prise en mains puisque la liberté de la presse en Afrique ne se discute plus…» a-t-il déclaré.
  Le magazine Forbes Afrique a, selon Sylvain Lekaka, l’intention de profiter pleinement de cette liberté et de contribuer à son raffermissement à travers la diffusion des informations économiques libérées du prisme de la distance. Par ailleurs, ajoute-t-il, cette revue se veut un média d’influence qui se donne pour ambition de vulgariser les matériaux et le levier des systèmes économiques africains en fonctionnant comme une vitrine de l’Afrique qui entreprend, qui gagne, de petites mains qui, chaque jour, se mettent à ouvrage tant dans l’économie formelle que celle qui fonctionne dans l’informelle.
 Il convient de signaler, à la suite du PCA, que Forbes Afrique va organiser chaque année un congrès des décideurs, investisseurs, leaders d’opinion, etc. qui vont discuter des difficultés et opportunités économiques de l’Afrique francophone.

Promotion des personnages, idées et technologies qui changent
le monde


 Magazine ayant choisi de promouvoir la libre entreprise depuis sa création en 1917, le groupe Forbes Publishing Company a à ce jour 25 éditions. Christopher Kip Forbs, son vice-président, a présenté l’édition francophone à Brazzaville, et  confirmé la vision immuable de cette publication : identifier et faire connaitre les personnages, les idées et les technologies qui changent le monde. « Maintenant, nous considérons que l’Afrique entre dans une ère nouvelle et nous voulons faire partager au monde ses succès, encourager tous ceux qui entreprennent en Afrique francophone et leur fournir les informations dont ils ont besoin pour réussir. Non seulement nous souhaitons que nos lecteurs connaissent vos réussites et les partagent, mais notre ambition est de mettre de manière continue un outil pour faire fructifier les affaires et Afrique… » a déclaré Christopher Kip Forbes.
 A sa suite, l’ambassadeur des Etats-Unis au Congo, Andrew Young, et son compatriote, William M. Daley, ancien chef de cabinet du président Barack Obama, ont salué cette nouvelle présence américaine en Afrique pour le bien-être du continent noir.

Les choix à faire pour une meilleure croissance


 Pour sa part, Dominique De Villepin, ancien Premier ministre français, d’entrée de jeu fait remarquer que l’Afrique bouge, excite des convoitises et de l’intérêt. « Il suffit de voir des délégations chinoises, turques, indiennes, brésiliennes pour comprendre que l’Afrique est de retour et s’inscrit pleinement déjà dans la mondialisation» a-t-il lancé.  
 Invitant l’assistance de laisser de côté l’afro pessimisme, l’ancien chef du gouvernement l’a mise aussi en garde contre l’afro optimisme qui « souvent est une excuse pour ne rien faire et laisser le marché tout faire tout seul comme un grand quand on sait que l’Afrique ne produit que 1% de la richesse mondiale alors qu’elle possède 15% de la population mondiale».


 Pour que l’Afrique puisse équitablement bénéficier des bienfaits de la mondialisation, Dominique De Villepin l’a exhortée à faire des choix. Dans le lot, il y a celui de la durée car « il ne faut pas arbitrer en faveur du court terme mais en faveur du long terme ». En d’autres termes, s’explique-t-il, faire en sorte que toutes les richesses de l’Afrique, y compris rentes minières et pétrolières, ne soient pas sacrifiées au bénéfice des quelques uns, des minorités et du court terme, mais les faire profiter à l’ensemble.
 La durée supposant des outils, ajoute-t-il, l’Afrique a besoin de la planification pour connaitre la croissance. « La planification c’est la transparence, la cohérence, la meilleure allocation possible des ressources dans un temps qui n’est pas court mais suppose une vision, une histoire, une explication, une capacité à entrainer l’ensemble des populations, etc. C’est aussi donner à voir, donner à comprendre, offrir le choix d’un avenir meilleur à sa population » a précisé De Villepin, tout en soulignant l’opportunité démographique qui se présente à l’Afrique qui a une population jeune.


 Prônant aussi le choix de l’équilibre démocratique, l’homme d’Etat a rappelé que cette démocratie n’est pas un cadeau livré bien ficelé, mais une construction complexe faite de pouvoirs, de contre-pouvoirs, d’équilibres, d’inventions, d’innovations, des procédures et des règles. « Or, l’Afrique a des caractéristiques propres, une diversité qui fait sa richesse sur les plans culturel, ethnique, confessionnel, etc. »
 Concernant le partenariat avec l’Afrique, il a appelé l’Europe à aller bien au-delà de ce qu’elle fait actuellement.
 Ancien Premier ministre belge et député européen, Guy Verhofstadt a profité de sa tribune pour inviter à une indispensable alliance entre l’Afrique et l’Europe car ayant une communauté de destin et à cause des enjeux économiques, stratégiques, géopolitiques et sécuritaires. « La Chine a très vite vu l’intérêt stratégique de l’Afrique-partenaire pour avoir une réponse personnelle à ses ambitions, les Européens doivent définitivement admettre que l’Afrique n’est plus leur chasse-gardé. Toutefois, cette forme de bilatéralisme économique avec la Chine est dangereuse à plus d’un titre, d’abord à cause de la malédiction des ressources et aussi le risque de réendettement au moment l’Occident se bat pour l’effacement total des dettes des pays en développement. Mais moi je pense que les Européens ne doivent pas avoir peur des avancées de la Chine, c’est à nous de proposer quelque chose, c’est à nous d’agir ! »


 Dernier orateur à prendre la parole, un autre ancien Premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin a parlé du phénomène « Emergence », incarné par des pays dits émergents tels que le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud, etc. « C’est un mouvement du monde. Ils deviennent des banquiers du monde. En 2009, le Brésil condamné au sous-développement fait un prêt de 10 milliards au FMI. L’Afrique doit renforcer ses propres forces, les atouts fondamentaux pour ne pas être victime de l’émergence des autres… ».
Présent à cet événement, un patron de presse congolais, Sam Mpengo Mbey, a indiqué son optimisme de voir l’image de l’Afrique être remodelée grâce à Forbes Afrique. « Nous devrions donc voir apparaitre bientôt les listes qui ont fait tout le succès du magazine et mettant en lumière les 100 plus grosses fortunes africaines ou bien encore les 100 personnalités les plus influentes en Afrique ».


Tshieke Bukasa

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