Un braqueur solitaire en tenue mis hors d’état de nuire

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Le Groupement de recherche et investigations, unité d’élite du commissariat provincial de la police ville de Kinshasa, a réussi dernièrement un brillant coup de filet qui a jeté du baume dans les cœurs des habitants des quartiers Punda, Lufungula et Cité des Anciens combattants. Il s’agit du premier sergent Olivier Mongengo Egbolo recherché depuis janvier 2016, et qui parvenait toujours à disparaître quand la traque était lancée contre lui.

Il a fallu attendre début avril pour que des informateurs puissent fournir une somme d’indications sur son identité, sa cachette, son terrain de chasse. On l’a enfin appréhendé et il est passé aux aveux après des dénégations incohérentes.

Son histoire ressemble à celle du loup solitaire qui opère seul, afin de bénéficier seul des produits de ses chasses. En effet, ce malfaiteur sortait toutes les nuits de sa tanière pour « ratisser » deux quartiers de la commune de Ngaliema. Sa ronde débutait au quartier Punda pour se terminer à la Cité des Anciens combattants, en passant par le quartier Lufungula, jusque dans le secteur situé derrière le Centre supérieur militaire. Dans sa tenue militaire, un chapeau à la couleur vert citron couvrant une partie du visage, cet élément incontrôlé interpellait derrière de gros arbres plantés le long de certaines ruelles, tous les piétons croisés dans son sillage.
Hommes et femmes, enfants et adultes, étaient tenus de vider leurs poches, ainsi que leurs sacs à main. Ses victimes devaient ensuite placer leurs téléphones et leurs billets de banque dans un sachet en plastique lui servant de gibecière. Après le coup, le malfaiteur désertait la zone pour aller se poster au croisement de deux autres ruelles plus loin. Et stratégie oblige, son regard perçant lui permettait d’identifier malgré l’obscurité de la nuit, l’arrivée d’une colonne des patrouilleurs. De cette façon, ce braqueur pouvait disparaître sans laisser de traces.

Le Groupement de recherche et investigations alerté par de nombreuses victimes, a lancé une nuit, la chasse à ce loup solitaire. Lors d’une opération de traque, le premier sergent Olivier Mongengo a été trouvé en flagrant délit de braquage des noctambules. Il n’a pas justifié sa présence tard la nuit au quartier Lufungula. D’ailleurs, deux de ses nombreuses victimes l’ont accusé d’extorsions.

Teddy Nsumbu Mengi, résidant sur avenue Katumba n°14, quartier Musey, revenait d’une visite familiale. Il était seul et longeait quelques ruelles du quartier Lufungula situé derrière le Centre supérieur militaire. Soudain, une ombre l’a appelé dans l’obscurité. C’était le premier sergent Olivier Mongengo. Ce malfrat l’a aussitôt fouillé et
lui a arraché un sac à main, une montre de luxe et un téléphone portable. C’était sur avenue Kamanda, dans la nuit du 15 mars 2016, vers 23 H.

L’autre victime, Banzungu Kalonji Georges alias Bush, demeurant à la
Cité des Anciens combattants, se rappelle que ce braqueur l’avait
interpellé dans la nuit du 2 février aux environs de 19 H 30’, non
loin de son domicile.
Cette nuit-là, le premier sergent Olivier Mongengo lui avait arraché
600 dollars et la somme de 25.000 FC, un ordinateur portable, deux
téléphones portables et d’autres objets de valeur.
Sur base de ces accusations, sa défense s’est écroulée comme un
château de cartes. Comment pouvait-il nier quand les deux plaignants
ont pu donner quelques caractéristiques de l’individu ?
Aujourd’hui, le malfaiteur a été transféré à l’Auditorat militaire de
garnison de Ngaliema, avant d’être traduit devant le Tribunal
militaire de ce même ressort. Ainsi s’estompe la mésaventure du
premier sergent Mongengo.

J.R.T.