Braquages à bord des «ketch» : des faux taximen et clients aux arrêts

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Dans la fièvre de l’attente de l’aboutissement de l’enquête sur les
dernières attaques perpétrées dans la ville de Kinshasa, par le
sous-lieutenant Ngoy Kasongo Didier, de son nom de guerre, Moto ya
Katanga, que l’on découvre aujourd’hui sous la casquette d’un
malfaiteur hors pair, les limiers du commissariat provincial de la
police ont mis en lumière, deux agressions puisées dans les aveux de
membres de sa bande.

Le lundi 4 septembre 2017, date de la rentrée des classes de l’année
scolaire 2017 – 2018, en RDC, Laurent Yamo Ekonga, changeur de
monnaies au bord d’une chaussée du quartier Abattoir, commune de
Masina, exerçait ses activités depuis le matin, sans problème. A 18 H
45’, une voiture banalisée, selon un habitant de ce coin, s’est
immobilisée en face de la chaise du jeune cambiste. Avant qu’il ne se
lève pour aller servir ces clients apparemment très pressés, la bande
sort de la voiture et le braque. Bousculade suivie de brutalités. Un
coup de feu est tiré en l’air, créant la débandade dans le secteur. Le
changeur de monnaies, la mort dans l’âme, cède son sac de fonds
contenant 27.000 dollars, des bottes de Francs congolais et des
billets de banque en vrac, trois téléphones portables, ainsi que
d’autres effets de valeur. Moins de trente minutes plus tard, les
voisins accourent. Laurent Yamo tremblotant de peur a du mal à leur
relater sa mésaventure. On m’a attaqué ! «On m’a dépouillé de mes
fonds ! Je suis ruiné !» ne cessait-il de se lamenter.
Cette nuit-là, la bande composée du sous-lieutenant Ngoy Kasongo
Didier, de ses deux comparses, l’adjudant de 2 ème classe Kapend Nawej
Alain et le soldat Mwewa Kibwe Patrick, a vite remonté dans la voiture
«Ketch» qui a démarré dans un strident crissement des pneus et dans un
nuage de poussière.
Des précisions récentes obtenues lors d’une autre agression imputée à
ce même groupe, ont levé un coin de voile sur cet acte de banditisme
commis l’année passée. Juin 2016. Moto ya Katanga et ses trois amis
sont appréhendés par des limiers de la police. L’affaire, on s’en
doute, est une tentative d’assassinat. La cible visée ? Un homme de
Dieu. Celui que l’on croyait être Paul Balenza, n’est autre que
l’évangéliste Claude Kabundi wa Lessa, mieux identifié comme étant le
pasteur de l’église «  Centre de réveil spirituel », basée sur avenue
Bokango n° 205, quartier Bon Marché,  commune de Barumbu. Sur ces
malfaiteurs, la police a même saisi une arme Fa, deux chargeurs et 15
munitions. Si le musicien chrétien se porte aujourd’hui comme un
charme, l’évangéliste du Bon marché continue lui à se poser mille et
une questions sur son comportement, ses actions ou ses propos qui ont
pu lui attirer des ennemis visant son élimination physique. Se
recruteraient-ils au sein de son église de réveil ou dans les milieux
religieux ou dans son quartier ? Telle est la grande question qui
triture ses méninges.

De faux taximen et faux clients frappent à Gombe et à Matonge

Outre cette bande, un autre groupe d’inciviques s’est illustré dans
une série d’extorsions à bord des taxis. C’est la clique des «
braqueurs embarqués ». Deux faits relatés ci-dessous donnent le modus
operandi de ces malfaiteurs. Le vendredi 15 septembre 2017, vers 20H,
Gisèle Akumbi, debout au parking des taxis du rond-point Victoire à
Matonge, cherche un moyen de transport pour regagner son domicile, au
camp Bumba, quartier Salongo, commune de Lemba. Un taxi de couleur
rouge, immatriculée 7794 AX 01, s’arrête à son niveau. «Où allez-vous
madame ? «Lui lance le chauffeur.» Je vais à Lemba Terminus,
répond-elle avec assurance. Montes madame, c’est là où nous allons !
Vite, elle monte et trouve à bord outre le conducteur, trois hommes
dont l’un assis devant et deux autres sur le siège arrière. La voiture
démarre. Silence à bord. Après l’avenue Victoire, le taxi prend
l’avenue de l’Université avant de s’arrêter, sans motif, au niveau de
la Paroisse St Raphaël. Un gaillard assis à côté d’elle, lui demande
son sac. Elle refuse. On lui brandit une arme. La dame prend peur et
ne peut crier, car toutes les vitres ont été remontées et les
portières bloquées.  L’engin va se diriger vers le petit boulevard
Lumumba où dans un coin isolé, elle est débarquée avec menaces. Comme
butin, les malfaiteurs l’ont dépossédée de la somme de 400 dollars,
son téléphone et ses bijoux en or.
Auparavant, soit le samedi 9 septembre 2017, la même bande s’était
illustrée dans un autre braquage. Il était 18 H 40, quand Kami Beya a
embarqué dans un taxi au niveau de l’arrêt Batetela, sur le boulevard
du 30 juin, en partance pour le centre-ville. Silence de carpes à bord
où les trois passagers de sexe masculin ne semblaient pas se
connaître. Au cimetière de la Gombe, l’engin s’immobilise. Tous se
parlent enfin. «Fouillez-là ! Qu’a-t-elle dans son sac à main ? Tu
connais la consigne», tonne le chef de bande assis à côté du
conducteur. La fouille débute et puis s’arrête. On lui arrache un
billet de 100 dollars, le montant de 130.000 FC et un téléphone
androïd. Après le forfait, Kami Beya est abandonnée seule en pleurs.
Au terme de nombreuses plaintes, la police provinciale est parvenue à
arrêter finalement deux membres de ce groupe. Il s’agit de l’adjudant
Kasongo wa Kasongo dit Mao et son acolyte Kazadi Adam, résidant au
quartier Kinzazi, à Matete. Tous les deux ont été formellement
reconnus par leurs deux victimes, Gisèle Akumbi et Kami Beya.
Aujourd’hui, les enquêteurs cherchent à récupérer les biens extorqués.

J.R.T.