Bosco Ntaganda rassuré par la justice congolaise

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Je ne me cache pas dans le Parc national de Virunga ! Je suis bel et bien dans le Masisi, dans la province du Nord-Kivu ! C’est en ces termes, on ne peut plus clairs et sans équivoque, que le général mutin Bosco Ntaganda a tenu hier, à balayer du revers de la main, toutes les spéculations et autres rumeurs folles qui circulent sur sa personne et sur ses activités actuelles, depuis que des éléments des Fardc lourdement armés sont lancés à ses trousses et que des affrontements violents opposent actuellement ses hommes et ceux du M 23 aux troupes loyalistes.

Au cours de l’interview qu’il a accordée au téléphone à notre confrère du service des Grands Lacs de la BBC, l’homme que l’on croyait traqué et en cavale, fuyant toute ombre humaine, se dit prêt à affronter la justice congolaise, mais pas à se rendre à la Haye. Par cette assurance déconcertante qui cache mal les dessous de son choix pour la juridiction devant laquelle il aimerait bien être justiciable, et peut-être ses soutiens, Bosco Ntaganda ne paraît pas inquiété le moins du monde dans la partie Est dont il maîtrise la cartographie. Il donne la raison de cette préférence juridictionnelle, affirmant que la CPI est partiale.
Et de s’interroger s’il y a des gens de l’Ituri qui l’accusent, et si le procureur de la CPI aime la population de l’Ituri plus que ceux qui sont originaires de cette région ?
Pour lui, c’est du mensonge. S’adressant indirectement aux services de la CPI, il conseille qu’ils doivent cesser de mentir aux Africains.
Interrogé ensuite sur les éventuelles pistes de solution qu’il envisage pour ramener la paix et la sécurité à l’Est, Ntaganda persiste et signe que le président congolais, Joseph Kabila, doit appliquer l’accord de 2009.
Comme le laissent entendre ses propos, si le gouvernement congolais ne respectait pas cet accord, c’est que le CNDP et son mouvement satellite le M 23 continueront certainement à semer la mort et la désolation au Nord-Kivu. Une façon de faire voir que ces deux mouvements rebelles détiennent les clés du retour à la stabilité de l’Est de la RDC. 
Au sujet des accusations contenues dans le rapport de la Monusco accusant le Rwanda d’être impliqué dans le recrutement des éléments du CNDP et du M 23, et dans la déstabilisation de la partie Est de la RDC, le général mutin a opposé un démenti formel. Signalons qu’auparavant, c’est la ministre rwandaise des Affaires étrangères  Louise Mushikiwabo, qui a rejeté ce rapport.
 
Le général mutin Ntaganda décidé à se soustraire à la CPI.
 
Par cette interview, tous ceux qui se posaient mille et une questions sur l’existence de Bosco Ntaganda et le donnaient pour porté disparu, ou mort ou caché au Rwanda, sont fixés. Le général mutin dont on dit qu’il garde autour de lui, quelques éléments demeurés fidèles et assurant sa sécurité, se trouverait comme lui-même l’a affirmé, dans le Masisi où l’on croit savoir qu’il poursuivrait également les activités de l’exploitation minière, sans lesquelles il ne pourrait ni subvenir à ses besoins, ni pourvoir aux dépenses pour renforcer sa logistique. Pour résister aux affrontements et tenir tête aux éléments des Fardc, son mouvement est obligé de se ravitailler en armement et autres munitions, ainsi qu’aux rations alimentaires de guerre.
Habitué au trafic de l’or et autres coltans, Bosco Ntaganda ne serait donc pas prêt à entendre la voix de la justice internationale, et à se livrer afin de présenter ses moyens de défense. Il préfère la cavale à l’Est où le relief accidenté constitue pour lui et ses hommes, une véritable forteresse.
Tant qu’il pourra toujours s’approvisionner en armes et munitions, l’homme gardera sa position, en attendant que par une vaste opération de traque qui impliquerait des troupes de Fardc et de la Monusco, la chasse contre lui et ses hommes les contraigne à renoncer à narguer l’armée nationale congolaise.
Espérons que cet épisode de la traque de Bosco Ntaganda ne continue plus à jeter sur le chemin de l’exil, de milliers et des milliers des réfugiés congolais.
 
J.R.T.  

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