Bosco Ntaganda : la CPI bientôt à Kinshasa : Kabila entre le marteau et l’enclume !

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Madame Fatou Bensouda, Procureur près la Cour Pénale Internationale et successeur désigné de Moreno Ocampo début juin 2012, est annoncée à Kinshasa au mois de mai prochain. Selon des sources indépendantes, l’objet principal de sa présence dans la capitale congolaise serait d’obtenir, du Chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila, l’engagement formel de livrer à cette juridiction internationale le général Bosco Ntaganda, poursuivi pour recrutement et enrôlement d’enfants soldats, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Un mandat d’arrêt international court contre lui depuis 2005.
La CPI entend juger absolument ce présumé criminel contre qui pèsent pratiquement les mêmes charges que celles pour lesquelles vient d’être condamné son ancien mentor au sein de la milice armée dénommée UPC (Union des Patriotes Congolais), Thomas Lubanga. Entre 2002 et 2003, rappelle-t-on, ce chef politique ainsi que son commandant militaire, à savoir Bosco Ntaganda, s’étaient rendus coupables de violations massives des droits de l’homme dans le district de l’Ituri, en Province Orientale, en termes d’utilisation d’enfants-soldats dans un conflit armé, d’arrestations et détentions arbitraires, d’exécutions sommaires d’innocents, de viols, de vols, de destructions d’infrastructures, de pillages des ressources minières, etc.
Jusqu’où ira Kabila ?
Le rebondissement du dossier du général Bosco Ntaganda au niveau de la Cour Pénale Internationale embarrasse terriblement le pouvoir en place à Kinshasa. Tous les regards sont tournés vers le Chef de l’Etat, qui détient le pouvoir discrétionnaire de décider de l’arrestation et du transfert ou non, vers La Haye, de cet officier supérieur des Forces Armées de la République Démocratique du Congo.
La position du Chef de l’Etat est fort délicate d’abord parce que notre pays est signataire du Statut de Rome portant création de la CPI ; ensuite parce que c’est depuis 5 ans que le gouvernement congolais refuse de livrer le présumé criminel aux juges de cette juridiction. On note qu’en 2008, après le coup de force de Bosco Ntaganda contre le général Laurent Nkunda à la tête de l’ex-mouvement rebelle CNDP (Conseil National pour la Défense du Peuple) et l’intégration des officiers et soldats de ce groupe armé au sein des FARDC, Kinshasa avait justifié son refus de remettre ce seigneur de guerre à la CPI par le fait que sa liberté était le prix à payer au retour à une paix durable dans la partie Est du pays en général et au Nord-Kivu en particulier.
Ainsi, pendant que la CPI le réclame à cor et à cri, Bosco Ntaganda se la coule douce à Goma. On lui prête le commandement de plusieurs milliers d’officiers et soldats dans le Nord-Kivu, où ceux-ci se comportent comme en territoire conquis.
Mais, au regard de la mauvaise impression que laisse, dans l’opinion tant nationale qu’internationale, la protection spéciale dont semble jouir Bosco Ntaganda de la part du pouvoir en place à Kinshasa, il y a le risque de voir celui-ci être accusé de complicité dans les allégations de crimes de guerre et crimes contre l’humanité mises à sa charge. Jusqu’où Joseph Kabila ira-t-il dans le plaidoyer en faveur de ce général sans s’attirer les foudres des « grands » de la planète ?
Kinshasa dispose-t-il de suffisamment de leviers politiques et diplomatiques pour soutenir une épreuve de force contre la CPI ? Que ferait l’exécutif si les divers rapports sur les violations des droits humains en temps normal comme en période électorale et post-électorale lui étaient brandis comme des preuves de sa participation aux faits décriés ? 
La communauté internationale, rappelle-t-on, est décidée, à travers des procès fortement médiatisés, à envoyer des messages forts annonçant le début de la fin de l’impunité pour les auteurs des crimes de guerre et crimes contre l’humanité en République Démocratique du Congo.
La soustraction volontaire de Bosco Ntaganda à la rigueur de la justice internationale pourrait semer le doute dans les esprits quant à l’engagement réel des autorités congolaises dans le processus de la lutte contre l’impunité de ce type de criminels.
Certains pourraient se demander à quel jeu se livre le gouvernement congolais, qui avait livré Thomas Lubanga, Germain Katanga et Matthieu Ngudjolo à la CPI sans état d’âme et fermé les yeux sur le dossier Bemba. Les dossiers judiciaires de ces concitoyens, dont les charges font penser à de dizaines d’anciens belligérants présents dans les institutions de la République, n’ont-ils aucune incidence sur l’environnement politique et social national ?
 
Kimp
 

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