Bosco Ntaganda à la CPI : nouvelle prolongation

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images (4)L’audience de confirmation de charges à retenir contre Bosco Ntaganda, l’ancien patron du défunt mouvement rebelle CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple), initialement annoncée pour le 26 septembre 2013, vient d’être renvoyée au 10 février 2014. Telle est la décision prise le lundi 17 juin par la Chambre Préliminaire II de la CPI (Cour Pénale Internationale) qui, à la même occasion, a indiqué avoir établi un calendrier précis pour la « divulgation des preuves et demandes connexes ».

C’est, en fait, la suite réservée à la demande de report de la date de ladite audience par le Bureau du Procureur de la CPI. Selon l’accusation, il fallait un délai supplémentaire pour lui permettre de remplir certaines formalités préliminaires à l’audience de confirmation des charges, notamment la mise en place d’un dispositif solide de protection des témoins et de communication, à la défense du prévenu, des preuves pouvant concourir à son inculpation.

Justifiant le bien-fondé de la requête du Bureau du Procureur de la CPI, le juge unique de la Chambre Préliminaire II a fait savoir que « lorsque le suspect se soustrait à la justice pendant de nombreuses années, il n’est ni possible, ni raisonnable d’imposer au Procureur une veille permanente par la disponibilité des équipes pendant des années ».

La rançon de l’entêtement

 Le général Bosco Ntaganda, qui avait fini par jeter l’éponge après 6 années de « rébellion » contre la CPI, est en train de payer la rançon de son entêtement. En décryptant correctement le message du Bureau du Procureur et celui du Juge unique de la Chambre Préliminaire II, le constat à faire est que la justice internationale semble décidée à prendre tout son temps et toutes les précautions utiles pour ne pas tomber dans la précipitation, compte tenu de la gravité des faits à charge de cet ex-général mutin longtemps protégé par des parrains se recrutant dans les cercles du pouvoir aussi bien en République Démocratique du Congo, au Rwanda, en Ouganda qu’ailleurs. La très haute sensibilité de son dossier, qui peut entraîner l’implication des décideurs politiques de plusieurs pays des Grands Lacs, interdit la négligence ou l’oubli du moindre détail.

L’on pressent qu’avant de passer à l’étape de la confirmation des charges, le Bureau du Procureur veut s’assurer que l’accusation ne présente aucune faille, comme c’est déjà arrivé dans le procès de Matthieu Ngudjolo, dont le premier round s’est terminé par son acquittement. Avec l’enlisement du dossier de Jean-Pierre Bemba, où des contradictions flagrantes ont été enregistrées dans les dépositions de plusieurs témoins à charges, la CPI est accusée de politisation des dossiers de ces présumés criminels et responsables moraux des crimes.

Ce souci de ficeler un dossier qui puisse reposer sur des faits précis fondés sur des preuves irréfutables est partagé par de nombreux Congolais, désireux de voir Bosco Ntaganda payer le juste prix de ses crimes. On rappelle qu’il lui était reproché au départ le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats en Province Orientale, et plus précisément dans le district de l’Ituri. En juillet 2012, le Bureau du Procureur de la CPI a corsé l’addition avec les préventions d’assassinats, viols, esclavage sexuel, persécutions et pillages. Cela fait au total sept types de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, commis entre septembre 2002 et septembre 2003, d’abord comme chef de cabinet adjoint du chef des Forces Patriotiques pour la Libération du Congo et ensuite comme adjoint de Laurent Nkunda au sein du CNDP et enfin numéro un de cette force négative dans le Nord-Kivu. Sa mise à l’index par la CPI remonte à l’année 2006.

                                        Kimp

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