Blocage du processus électoral : « La haute trahison est consommée », selon le G7

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Leaders G7Les leaders du regroupement politique dénommé « G7 » ont décidé de franchir le Rubicon en accusant le président Joseph Kabila et la CENI de « haute trahison », pour avoir annoncé, l’un et l’autre, le report des élections présidentielle et législatives au-delà des délais prescrits par la Constitution. Réunis hier jeudi 11 août 2016 en leur siège de Socimat, autour de Charles Mwando Nsimba, président en exercice, les sociétaires de G7 ont indiqué que cette violation ne constitue ni plus, ni moins qu’« un grave défi au peuple congolais, et plus particulièrement, aux forces politiques et sociales acquises au changement ».

D’ores et déjà, ont-ils annoncé, ils ont écrit, depuis mercredi 10 août 2016, au président du Conseil des sages du «Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement», une lettre pour proposer des actions pacifiques à mener, sans tarder, pour contraindre la CENI à convoquer le scrutin pour l’élection présidentielle le 19 septembre prochain et à publier le calendrier électoral. « Des pétitions, des sit-in, des marches, des meetings populaires, des campagnes de sensibilisation, etc. Nous en avons le droit car la
Constitution nous le permet, à moins de se situer dans un contexte de dictature…», a ajouté son homologue et allié, Christophe Lutundula.

Promettant de traduire, au moment venu, Joseph Kabila et la CENI devant la Cour constitutionnelle, les leaders de ces partis soutenant la candidature de Moïse Katumbi sont convaincus que l’actuel locataire du Palais de la Nation a entravé en parfaite connaissance de cause cette élection. « Joseph Kabila aura commis un parjure et violé intentionnellement la Constitution de la République. Il sera dès lors rendu coupable, avec la complicité active des autorités de la CENI, de haute trahison telle que définie par l’article 165 de la Constitution…
», a martelé Charles Mwando Nsimba.

Dialogue : le G7 dit bye bye à Kodjo

Concernant le Dialogue national, la position du G7 n’a pas changé, a
dit Charles Mwando. Pour lui, elle s’inscrit en droite ligne de celle
définie dans le cadre du «Rassemblement des forces politiques et
sociales acquises au changement». Il s’agit, notamment, de la
souscription à la Résolution 2277(2016) du Conseil de sécurité de
l’ONU et de sa mise en œuvre intégrale sous la facilitation
internationale élargie ; de la fin du harcèlement judiciaire contre
son candidat à la présidence de la République, Moïse Katumbi, victime
des procès injustes et sans fondements ; de la dissolution sans
condition des doublons des partis membres montés par le pouvoir pour
les laminer ; etc. « En refusant de détendre la situation politique,
le président Kabila dresse un deuxième blocage à la démocratie, après
celui du processus électoral», a fait noter le président de l’UNADEF,
convaincu que le Chef de l’Etat a démontré sa mauvaise foi et sa
détermination à persévérer dans sa stratégie de pourrissement en vue
de justifier un coup d’Etat constitutionnel.
Dans un autre registre, le G7 a fait remarquer, au cours de cette
conférence de presse, sa désapprobation de l’expulsion déguisée de la
responsable de Human Rights Watch, Ida Sawyer. « Ce fait participe
d’une démarche cherchant à couvrir d’une chape de plomb les violations
graves des droits de l’homme et à continuer à réprimer à huis clos les
opposants en RDC. L’heure est donc à l’action pour faire barrage à
tous ces blocages. Mobilisons toutes nos énergies afin de libérer la
démocratie et le processus électoral… », a lâché Charles Mwando
Nsimba.
Tshieke Bukasa