Biographie de l’abbé Apollinaire Malumalu

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abbe-malu-malu.L’abbé Apollinaire Malumalu Muholongu, né le 22 juillet 1961 à Muhangi (territoire de Lubero) et mort le 30 juin 2016 à Dallas (Texas), est un prêtre catholique, un activiste et un homme d’État de la République démocratique du Congo. Il était président de la Commission électorale nationale indépendante pendant l’élection présidentielle de 2006 en République démocratique du Congo puis entre juin 2013 et octobre 2015.

Originaire du Nord-Kivu, Apollinaire Malumalu appartient à l’ethnie Nande. Il obtiendra un doctorat en sciences politiques à l’Université de Grenoble-II (Université Pierre-Mendès-France) en 1988, ainsi que plus tard une maîtrise en sciences des droits de l’homme, et un diplôme d’études approfondies en sciences politiques, en philosophie et en théologie à Lyon2.

Entre 1993 et 1996, il est curé de la paroisse de Monestier-de-Clermont, dans le diocèse de Grenoble.

En 1997, il revient en RDC, où il occupera la fonction de vice-recteur puis de recteur à l’université du Graben à Butembo. Il y est également président du Consortium agriculture urbaine de la Ville.

En 2003, il est nommé Expert au Service présidentiel d’études stratégiques attaché au Cabinet du Président de la République, Joseph Kabila.

En 2003, il est nommé à la tête de la Commission électorale indépendante, chargé de superviser l’enrôlement des électeurs et l’organisation des différentes élections devant se tenir en RDC en 2005 et 2006.

En 2006, le cardinal Etsou critique Malumalu. L’abbé, qui n’a aucune influence sur les votes mêmes, et au vu des résultats, dément très fortement.

Fin 2007, il est notamment chargé des travaux préparatoires de la Conférence de Goma en vue d’une issue à la guerre du Kivu.

Le 20 mars 2008, il reçoit un doctorat honoris causa de l’université de Liège pour avoir réussi à organiser des élections démocratiques et transparentes en République démocratique du Congo, qui était alors un pays très instable politiquement. En octobre 2015, il démissionne de la présidence de la Céni pour « raisons de santé ».

En 2011, le Comité permanent des évêques membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) nomme l’abbé Malumalu, ancien président de la Commission Électorale Indépendante, directeur général de l’Institut Panafricain Cardinal Martino pour l’enseignement social de l’Église. L’Institut a été fondé en 2009 pour fonctionner au sein de l’université catholique du Congo.

Le 1er juin 2016, François Balumuene, l’ambassadeur congolais aux États-Unis, annonce sa mort mais cette assertion est démentie du côté du gouvernement qui parle de « mort cérébrale » et affirme que son cœur bat encore. Le 15 juin 2016, le successeur de Malumalu à la tête de la Ceni, Corneille Nangaa, qui lui a rendu visite, affirme qu’il est en vie, dans un état de santé critique et stable. Le 1er juillet 2016, Sikuli Paluku Melchisédech, évêque du diocèse de Butembo-Beni, où il était incardiné, annonce sa mort la veille à Dallas, aux États-Unis1 . Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, déplore le décès d’« un homme de grande vision qui a servi notre peuple, jusqu’au bout de ses forces, à la tête de la Commission électorale nationale indépendante ».

Œuvres

* De la responsabilité dans l’Homme révolté» de Camus, université catholique de Lyon, 1991, 87 p. (mémoire de maîtrise de Philosophie, www.sudoc.abes.fr)

* Recours à l’authenticité et légitimité politique au Zaïre sous la deuxième république (1965-1990), IEP de Grenoble, 1992, 193 p. (mémoire de DEA d’Études politiques,www.sudoc.abes.fr)

* L’économie du pouvoir dans l’espace traditionnel Nande, Grenoble, 1992

* La politique de recours à l’authenticité au Congo-Zaïre sous le régime Mobutu (1965-1997), université de Grenoble 2, 1999, 595 p. (thèse de doctorat en Sciences politiques, www.sudoc.abes.fr)