Bilan de l’ACAJ : 9 morts, 122 blessés, 287 personnes arrêtées

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L’association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) condamne avec la dernière énergie la répression sanglante de la marche pacifique organisée par le Comté Laïc de Coordination (CLC) à Kinshasa et dans d’autres villes de la République Démocratique du Congo (RDC).

Il se dégage de l’observation que nous avons faite de cette marche au
moment où nous sommes en face de vous/ce qui suit :
1. Constat général :
– Le gouvernement avait déployé plusieurs militaires et policiers
lourdement armés dans toutes les villes où les marches devaient se
tenir ;
– Les agents de l’ordre ont réprimé violemment toutes les marches
pacifiques dans toutes les villes à coup des gaz lacrymogènes et
balles réelles. Dans certaines paroisses, ils ont lancé des gaz
lacrymogènes même contre des personnes retranchées à l’intérieur des
églises, cas de Saint François, Gabriel, Joseph, Augustin pour
Kinshasa ; Saints Bernadette et Basilique à Lubumbashi, et à la
Cathédrale Saint Eugène de Mbandaka ;
– Les agents de l’ordre ont pourchassé certains manifestants même dans
des résidences privées, y ont jeté des gaz lacrymogènes, les ont
tabassés à coup de crosses d’armes et des pies y compris les membres
de familles de refuge dont des enfants, femmes et vieillards. A la
maternité de la paroisse Saint Sacrement, à Binza Delvaux, les agents
de l’ordre ont pourchassés des manifestants et tiré des gaz
lacrymogènes qui ont fait suffoquer seize bébés et leurs mamans;
– Des biens personnels tels que téléphones, argents, pièces d’identité
(carte d’électeurs), des habits et chaussures des manifestants arrêtés
ont été ravis.

2. Pertes en vies humaines Neuf (9) morts ont été enregistrés à titre
provisoire dont 8 à Kinshasa et un à Kisangani.
Tous ont été atteints par balles réelles tirées par des agents de l’ordre.
Quatre (4) corps sans vie ont été emportés par des agents de l’ordre
vers une destination inconnue dont trois dans le quartier
Masina/Siforco, non loin de la paroisse Saint BanaBakintu, vers
l’aéroport international de Ndjili.

3. Blessés : 122 blessés dont 61 graves

A Kinshasa, 87 dont 47 graves par balles (deux par baïonnette militaire) ;
A Lubumbashi, 18 blessés dont 7 blessés graves (un poignardé à la tête) ;
A Kisangani, 13 blessés dont trois graves par balles ;
A Goma, 4 blessés graves par balles.

4.      Arrestations, détentions, tortures et mauvais traitements
Plusieurs personnes ont été arrêtées, détenues et torturées dans des
cachots de la police et de l’armée. Le 21 janvier 2018, nous avions
enregistré 287 personnes arrêtées dont 247 à Kinshasa.
Après plusieurs libérations, nous avons encore 155 personnes détenues
dans des cachots de la police, l’armée et des services de sécurité à
Kinshasa, et 8 à Goma.
Nous condamnons fermement la répression sanglante de la marche du 21
janvier 2018 et exigeons une enquête internationale afin que les plus
hauts responsables soient poursuivis en justice. Le gouvernement doit
cesser d’instrumentaliser les forces de sécurité et de défense en vue
d’intimider la population en vue d’instaurer un régime dictatorial en
RDC.
ACAJ exige la libération de toutes les personnes arrêtées en marge de
la marche du 21 janvier 2018 et la prise en charge au compte du trésor
public, des soins médicaux de tous les blessés et les obsèques des
morts.
ACAJ recommande au Conseil de Sécurité des Nations Unies d’envisager
de sanctions individuelles contre les plus hauts responsables civils,
militaires et policiers qui ont ordonné les crimes graves
susmentionnés.
Les ONG des droits de l’homme nationales et internationales vont
travailler avec les familles de victimes pour déposer incessamment une
plainte auprès de la Cour Pénale Internationale contre les
responsables civils, militaires et policiers qui ont ordonné ou
encouragé des crimes graves.

Me Georges Kapiamba
Président