Biens sans maître ?

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 Cela fait presque une année, depuis que le gouvernement a levé l’option de la transformation effective des entreprises publiques ou d’économie mixte soit en « Entreprises commerciales », soit en « établissements publics » ou encore en « services publics ». L’objectif visé est de les amener à participer, de façon plus déterminante, à la création des richesses nationales. Il est cependant écoeurant de constater qu’entre les bonnes intentions de renflouer les caisses de l’Etat avec les dividendes financiers en provenance des « entreprises commerciales », « établissements publics » et « services publics » et leur matérialisation, il persiste encore un large fossé.

            Au regard de l’état des lieux actuel, force est d’admettre qu’il règne, dans le secteur du Portefeuille de l’Etat, un « potopoto » indescriptible tant dans l’interprétation des textes que dans leur application. 

Tout se passe comme si certains ministres et mandataires publics ont juré de ne jamais s’entendre sur les limites et passerelles de leurs compétences respectives.  Réputées pour la plupart « biens sans maîtres » avant leur réforme, les entreprises publiques et d’économie mixte semblent n’avoir pas changé de statut. Elles fonctionnent tantôt comme des « ligablos » appartenant aux membres du gouvernement, tantôt comme des boutiques privées des Administrateurs délégués généraux.

            En conséquence, même celles qui génèrent tant soit peu de plantureuses recettes semblent condamnées à rejoindre, dans un proche avenir, le club fermé des « canards boiteux ». En effet, si les pilleurs ne sont des ministres de tutelle eux-mêmes, il faut aller les chercher du côté de leurs gestionnaires « actifs » et « passifs ».

            Que signifie, depuis un certain temps, cette pratique consistant, pour les membres du gouvernement, à suspendre de leurs fonctions les mandataires des entreprises commerciales, des établissements et services publics, sans chercher à obtenir, au préalable, l’aval du Conseil des ministres ? Que dire des passes d’armes entre des ministres auteurs des « mesures conservatoires » illégales, puisque entachées de vices de forme et de procédure, qui refusent de s’incliner devant les injonctions du Premier ministre les invitant à les rapporter ? Que penser enfin de ces ADG et DG qui se rebellent contre leurs tutelles ministérielles dès que surgissent des questions liées à leur gestion ?

            Cette atmosphère de cafouillage autour du patrimoine commun au peuple congolais traduit, aux yeux de beaucoup, une sorte de maffia politico-financière visant non pas le bonheur collectif, mais plutôt l’enrichissement sans cause d’un petit nombre de décideurs politiques et leurs pions. En effet, l’on ne peut comprendre que des ministres qui prétendent œuvrer pour la reconstruction nationale, la lutte contre la pauvreté, le progrès de tous, s’investissent dans des actions d’étranglement de trésorerie d’entreprises commerciales, établissements et services publics, en décrétant la prise en charge de leurs cabinets, le gonflement des effectifs à travers des engagements anarchiques, etc.

            Au vu de la boulimie de certains ministres, mais aussi d’actes indélicats de certains mandataires publics, il n’y a rien d’autre à faire que de traduire la tolérance-zéro en acte. Les « Kuluna en cravate » ont tellement abusé des biens du peuple congolais qu’il est grand temps de leur faire savoir qu’ils ont un maître.           Kimp

 

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