Biando s’attaque à « Supu na Tolo »

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Le ministre du Commerce, Petites et Moyennes entreprises a pris l’engagement de s’attaquer à corps perdu au phénomène « Supu na Tolo », présenté comme vecteur de l’insécurité et de la dépravation des mœurs au sein de la communauté congolaise. Bernard Biando Sango l’a fait savoir jeudi à la clôture des trois journées de concertation autour de la problématique de la liqueur fort prisée par des Kinois aux conséquences fort préjudiciables à l’environnement. « Je dois vous assurer que toutes les résolutions prises ici dans cette salle…vont être strictement appliquées par mon ministère et ce, conjointement avec mon collègue de l’industrie », a déclaré, à la clôture des travaux, le ministre Biando comme pour donner des assurances à ceux qui auront consacré trois journées pour extirper les Congolais des méfaits fort décriés.

En la salle polyvalente Arche des sœurs franciscaines missionnaires de Marie dans l’enceinte de la Clinique Ngaliema, sans emploi et autres catégories, le ministre du Commerce Biando  a pris d’impliquer son collègue de l’Industrie pour envisager des méthodes fortes pour barrer la route à la production, commercialisation et consommation de la liqueur, conditionnée tantôt dans des sachets, tantôt dans des bouteilles. Du 16 au 18 mars, les experts issus des ministères de la Justice, de l’Industrie, de l’Economie, de la Santé et de l’Office congolais de contrôle (OCC) s’étaient enfermés pour poser un diagnostic et proposer une piste de solutions. Cette concertation élargie aux structures d’affaires comme la Fédération des entreprises du Congo (Fec), la Confédération de Petites et Moyennes Entreprises du Congo (Copemeco) et la fédération nationale des petites et moyennes entreprises (Fenapec) a accouché d’une proposition « d’arrêté interministériel portant interdiction de la production, commercialisation et consommation de Supu na Tolo » à peaufiner au niveau des ministères du Commerce et de l’Industrie. Le diagnostic posé a démontré que la boisson alcoolisée en voie d’interdiction de production et de consommation est conditionnée sur divers contenants avec la même dangerosité. Pourqoui avoir préféré garder le nom «Supu na tolo» dans le libellé de l’avant-projet de l’arrêté interministériel ? Franck Mukanya, responsable du service commercial de l’OCC, a fait observer que le phenomène n’est pas nouveau dans le monde. Il a pris l’exemple de « Samba », prisé à travers le monde comme son homologue « Supu na tolo » en RDC et dont l’appellation est demeurée ainsi parce que, a-t-il souligné, la boisson était ainsi identifiée pour être bien interdite de production et de consommation. Dans la foulée des recommandations, les experts ont proposé la revisitation des lois qui règlement le secteur en vue d’y apporter des innovations qui cadrent avec la lutte ainsi engagée. Dans le monde, selon Mukanya qui rendait ainsi publiques les solutions préconisées, les sanctions prévues contre tout celui qui entre dans le maillon de production – particulièrement dans les pays musulmans – c’est du simple fouet à l’emprisonnement ferme, en passant tout naturellement par la confiscation du produit. A l’unanimité, les experts en sont arrivés à affirmer que «Supu na tolo» est, dans l’ensemble, fabriqué en marge des normes requises en la matière.

Une note technique adressée à l’Adg de l’Occ de l’époque tirait déjà une sonnette d’alarme sur une « nouvelle forme d’alcoolisme signalée dans les moeurs suite à la consommation des alcools en sachets ». La note datée de 2006 alertait la hierarchie de l’office sur le fait que « les liqueurs et spiritueux ou même la boisson alcoolique artisanale, sont emballés dans de petits sachets en plastique ordinaire, matière non conformes pour contenir des denrées alimentaires… ».

Conclusion de l’Occ : « Devant cette situation qui ne fait qu’empirer et en l’absence de toute norme et réglementation nationale en la matière, il y a lieu de saisir l’autorité compétente  afin que des dispositions soient prises dans le sens de l’interdiction pure et simple du conditionnement des spiritueux et liqueurs dans deux emballages en sachet plastique ».                         

                   D-I.K

 

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