BIAC : 180 jours pour convaincre ou mourir

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BIAC-GOMBE-604x345 A priori, l’on ne peut que saluer la décision de la Banque Centrale du Congo de mettre la BIAC sous sa gestion. Cette bonne intention vise la normalisation rapide de sa situation financière encore précaire en vue de la reconquête de la confiance de sa clientèle. A cet effet, l’équipe de huit cadres venus de la BCC en mission de redressement a devant elle 180 jours pour convaincre ou signer son arrêt de mort.

Ce combat pour la survie exige des actions à impact visible dans l’immédiat, notamment la régularisation des opérations de dépôt et retrait de fonds, d’octroi des crédits, de relance des cartes bancaires, de paiement électronique, etc. Il est question de rassurer la clientèle à courte échéance sur la capacité de la BIAC à se
recapitaliser afin d’évacuer les doutes qui habitent encore de nombreux esprits. En place depuis peu, les experts de la BCC ne cessent d’inviter la clientèle à ne pas paniquer, car, leur credo est de remettre cette banque sur orbite

Le processus de survie de cette banque commerciale représente un enjeu crucial pour l’ensemble du système bancaire congolais. L’échec est interdit aux experts détachés de la Banque Centrale du Congo. Car, dans l’hypothèse d’une suite catastrophique, des millions de Congolais et d’expatriés ayant choisi la RDC comme leur seconde patrie risquent de mettre une croix sur la bancarisation.

Or, si l’on en arrive à pareil scénario, c’est toute l’économie congolaise qui va connaître un dysfonctionnement aux conséquences fâcheuses. Il faut se dire que si le grand Congo tient à fonctionner comme un Etat « normal » et cheminer dans la voie de l’émergence, ses citoyens et les étrangers qui vivent sur son sol devraient se mettre à l’école de la bancarisation. L’époque du troc ou de la prédominance des liquidités dans toutes les transactions commerciales est révolue.

De plus en plus, les gens civilisés s’appuient sur la monnaie
scripturale. Et les meilleures gardiennes des fonds ne sont autres que
les banques commerciales.
Dans l’espoir que la BIAC va effectivement sortir de sa mauvaise
passe dans les meilleurs délais, il ne serait pas inutile de rappeler
certaines expériences malheureuses du passé dans les missions de
redressement, par la Banque Centrale du Congo, des institutions
financières publiques ou privées en délicatesse de trésorerie. On
n’oubliera pas de si tôt les passages catastrophiques des chargés de
mission de la banque-mère à l’ex-BDP (Banque du Peuple), à l’ex-NBK
(Nouvelle Banque de Kinshasa), à l’ex-BCA (Banque de Crédit Agricole),
à l’ex-BC (Banque Congolaise).
En effet, au lieu d’aider ces banques commerciales en difficulté à
redresser leurs états financiers, ils avaient au contraire contribué à
les « piller » davantage, pour des raisons inavouées. C’est le lieu
d’inviter les sauveteurs de la BIAC à tirer les leçons du passé afin
de préserver ses chances de redevenir l’institution financière de
référence qu’elle était encore, il y a quelques semaines, sur
l’échiquier bancaire congolais.
On pense que du côté de la clientèle, l’on attend plus que des
signaux positifs de sa renaissance pour l’accompagner.
Kimp