Bemba bloqué à La Haye, contentieux judiciaire Mwamba-Luhaka : le MLC menacé par une grande distraction !

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Alors que la plupart des partis politiques mettent la dernière main aux listes de leurs candidats aux élections présidentielles et législatives, le MLC (Mouvement de Libération du Congo) semble se complaire dans une grande distraction. La première surprise est venue de son dernier Congrès, au terme duquel les participants ont retenu Jean-Pierre Bemba comme leur unique candidat à l’élection présidentielle du 28 novembre 2011. Ce choix a été opéré dans un contexte où toute la planète sait que le « Chairman » est politiquement mort depuis son inculpation dans le dossier des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par ses troupes à Bangui, à l’époque de la rébellion, entre octobre 2002 et mars 2003.

Si le résultat recherché est de monter les enchères vis-à-vis de ses partenaires de l’Opposition dans la perspective d’un changement de gouvernance, l’on peut concéder aux cadres et militants du MLC leur souci de ne pas se présenter en position de faiblesse autour d’une éventuelle table de négociation. Mais, dans l’hypothèse où Jean-Pierre Bemba serait toujours considéré comme un cheval valide pour la bataille de la présidentielle, l’on peut se demander à quoi servirait d’aligner un candidat disqualifié avant d’avoir affiché ses ambitions politiques.
S’agissant des scrutins législatifs nationaux couplés à la présidentielle du 28 novembre 2011, les gestionnaires du MLC parlent et agissent comme si leur parti n’avait aucun problème. Or, juridiquement, cette formation politique est confrontée à un dossier judiciaire relatif à la personnalité habilitée à l’engager légalement auprès des tiers. Nul n’ignore en effet qu’à la suite de sa révocation de son poste de Secrétaire Général et de sa radiation comme membre de ce parti, François Mwamba s’était tourné vers la justice pour faire valoir ses droits.

Il conteste la décision du Collège des Fondateurs du MLC l’ayant démis de ses fonctions, entachée de vices de forme et de procédure. Selon les statuts en vigueur auquel s’appuie le plaignant, il demeure, suite à l’incapacité juridique de Jean-Pierre Bemba d’exercer ses prérogatives de président national, à la fois Secrétaire Général du parti et président national faisant fonctions. Par conséquent, le nouveau Secrétaire général désigné par le même Collège des Fondateurs, le député national Thomas Luhaka, n’aurait pas qualité.
Jusque-là pendant au niveau du Tribunal de Grande Instance de la Gombe, le procès en est encore à l’étape des querelles de procédure. Les deux parties attendent toujours d’être fixées sur la suite du dossier. Nombre d’observateurs pensent qu’au stade actuel di statu quo, le MLC court le risque de voir ses candidats à la présidentielle et à la députation nationale disqualifiés, au motif qu’il n’existe, pour l’heure, aucun responsable autorisé à l’engager auprès de la Commission Electorale Nationale Indépendante.

Au regard de la Loi Electorale, une liste des candidats du MLC portant la signature de François Muamba ou de Thomas Luhaka serait nulle et de nul effet. Le compte à rebours est largement entamé. Si dans 11 jours, aucune décision judiciaire ne sort, les cadres et militants du MLC désireux de concourir pour la députation nationale devraient le faire soit comme indépendants, soit négocier avec leurs alliés d’autres partis ou regroupements politiques de l’Opposition.
Le conflit judiciaire qui déchire les frères ennemis risque d’être lourd de conséquences pour les membres de ce parti, en cette période électorale.

L’heure est donc grave. Il appartient aux cadres et militants du MLC ayant des ambitions électorales de réfléchir aux alternatives pouvant leur permettre de se présenter aux élections. Entre-temps, ceux qui se considèrent comme des bannis ont déjà pris leurs dispositions pour leur avenir politique. François Muamba et les cadres qui lui sont restés fidèles n’ont pas attendu le dénouement judiciaire de l’affaire MLC pour assurer leurs arrières. Ils ont d’ores et déjà mis sur pied, avec le concours d’autres amis politiques, une plate-forme dénommée ADR (Alliance des Démocrates pour la République) pour endosser leurs candidatures. Ainsi, ils peuvent voir venir les choses. Quant à ceux qui continuent de chanter comme la cigale, ils sont en grand danger de subir le même sort que Jean-Pierre Bemba : la disqualification automatique.

Kimp

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