BCNUDH : les injures de Thambwe Mwamba assimilées aux violations des droits de l’homme

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C’est à partir de Lubumbashi où elle accompagne la représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies en RDC que la porte parole de la Monusco, Florence Marshall, a  animé hier mercredi 18 juillet 2018 la conférence bi mensuelle de la Monusco, avec Aboul Aziz Thioye, directeur du Bureau Conjoint des Nations Unies sur les Droits de l’Homme « BCNUDH », qui lui, était face aux journalistes kinois.

Les propos indigestes énoncés par le ministre  de la Justice Thambwe Mwamba  au début de cette semaine se sont invités hier  à cette conférence de presse. A la question d’un confrère qui voulait savoir si les propos du ministre Thambwe Mwamba à l’endroit des journalistes qu’il a traité de « minables » ne constituaient pas un cas de violation des droits de l’homme, le haut fonctionnaire onusien, visiblement embarrassé, a répondu par l’affirmative. Aboul Aziz Thioye a ajouté qu’il regrettait  cela mais s’abstenait de les commenter. Il n’a pas exclu la possibilité de voir cet officiel pour reparler de ce
problème.
D’autres questions ont porté sur le déplacement raté du secrétaire
général des Nations Unies en RDC, l’opportunité pour la Monusco de
poursuivre la formation des officiers de la police et de l’armée pour
le maintien de l’ordre alors que les cas de violation des droits de
l’homme sont au top, l’évaluation du processus électoral à quelques
mois de la date du 23 décembre …
Répondant à la question relative à la formation dispensée aux forces
de l’ordre, Aboul Aziz Thioye a fait savoir qu’on ne peut pas parler
de « mauvais formateurs »  ou de « mauvais élèves » car le problème
est complexe. Du point de vue de la taille,  l’armée congolaise est
l’une des plus importantes d’Afrique mais son problème majeur est
celui de la professionnalisation.  Evoquant également le problème de
contexte, il a fait savoir que les séances de renforcement des
capacités dispensées aux officiers représentent une goutte d’eau dans
l’océan. Faisant état des modules sur la conduite des opérations et
autres modules retenues par les formateurs, le directeur du BCNUDH  a
précisé qu’un grand nombre des galonnés de l’armée s’y intéressent.
Selon lui, les frustrations sont partagées mais qu’il y a tout de même
une certaine amélioration.
Quant au déplacement raté du patron de l’ONU en RDC, Florence Marshall
a récusé le terme de « pied de nez » fait à la Monusco. Attribuant le
raté de ce mois au problème d’agenda, elle a soutenu que les relations
entre la Monusco et le gouvernement congolais sont cordiales. Et que
l’option du voyage est toujours là.
Bien avant cela, les médias ont suivi la présentation du rapport
semestriel du BCNUDH  sur les violations des droits de l’homme pour le
premier semestre de 2018.
Il est signalé dans ce texte  que 3316 cas de violation des droits de
l’homme ont été documentés de janvier à juillet 2018 en RDC, soit une
légère augmentation par rapport au premier semestre de 2017.
Plus de 64 % des cas documentés ont été commis par des agents
étatiques et de surcroît responsables des exécutions extrajudiciaires
d’au moins 202 personnes. Les miliciens, toutes sensibilités
confondues, ont commis près de 36 % des cas de violation des droits de
l’homme.
Les FARDC sont épinglées comme le corps  ayant commis le plus grand
nombre des violations et responsables du tiers des cas documentés par
le BCNUDH.
S’agissant des visites de terrain, de Leila Zerrougui, après s’être
rendue à Kolwezi, a précisé Florence Marshall, elle était à Lubumbashi
hier.
Jean-Pierre Nkutu