BCC : le dispositif de la politique monétaire reste maintenu

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 banque-centrale-bcc« En l’absence de chocs majeurs imminents et à la faveur de la pérennisation de la stabilité du cadre macroéconomique au niveau national, le Comité de Politique Monétaire s’est résolu de maintenir inchangé le dispositif actuel de la politique monétaire ». C’est la décision qui a sanctionné la 9ème réunion ordinaire du CPM (Comité de politique monétaire) pour l’exercice 2014 en cours, tenue le vendredi 3 octobre dernier et la 17ème depuis l’avènement de DéogratiasMutomboMwanaNyembo à la tête de l’Institut d’Emission.

Prié par les journalistes de fournir les raisons qui militent en faveur du maintien assez prolongé du dispositif de la politique monétaire, après avoir fait le compte rendu de la réunion, le Gouverneur de la BCC a laissé entendre que plusieurs raisons expliquent la décision de l’Institut d’Emission à ce sujet. Il y a notamment la stabilité des prix des biens et services sur le marché, la stabilité de la monnaie nationale dont le taux de change n’a pas connu des fluctuations à même d’influer sur les prix, etc. Bref, la stabilité du cadre macroéconomique avec en prime la consolidation de la croissance économique, demeure la principale raison du maintien du dispositif de la politique monétaire. Conséquence de cette mesure : le taux directeur est toujours à 2%.

A la préoccupation liée au comportement des opérateurs économiques face à la Nouvelle réglementation de change en République Démocratique du Congo, DéogratiasMutombo a tenu à rappeler d’abord que la réglementation de change n’est pas une exception congolaise. Elle relève plutôt des normes internationales en la matière.

La neuvième réunion ordinaire du CPM a porté essentiellement sur l’évolution de la conjoncture économique tant au niveau mondial que national.

Au plan national, le baromètre de conjoncture indique un maintien d’optimisme des chefs d’entreprises dans l’évolution économique intérieure.

Cependant, la conséquence de l’évolution économique mondiale qui ne peut pas être sans impact sur l’évolution nationale, indique un léger recul de la projection de croissance congolaise de 0,1%. Ainsi, initialement projetée à 8,8%, la croissance de l’économie nationale pourrait se situer à 8,7% à la fin décembre 2014.

Ci-dessous l’intégralité du compte rendu de la 9ème réunion ordinaire du CPM, fait par le Gouverneur de la BCC.                                                                              Dom

            Le Comité de Politique Monétaire vient de tenir, ce vendredi 03 octobre 2014, sa neuvième réunion ordinaire de l’année sous la présidence de Monsieur le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo.

            La réunion a essentiellement porté sur l’évolution de la conjoncture économique à l’échelle mondiale et nationale à fin septembre, avant d’envisager les perspectives pour le reste de l’année en cours.

            De l’analyse de la conjoncture économique, il s’est dégagé ce qui suit:

Sur le plan international

            Selon le rapport de l’OCDE du mois de septembre 2014, quelques économies avancées dont les États-Unis, les Royaume-Unis et le Canada réalisent des taux de croissance encore suffisants pour faire baisser le chômage. Dans la Zone euro, une croissance timide est attendue aussi bien dans les pays au coeur de la Zone que dans ceux de la périphérie. Quant aux économies émergentes, un ralentissement ordonné de l’activité est projeté en Chine qui devrait réaliser un taux de croissance de 7,4 %.

            Au regard de ces perspectives de croissance, il est recommandé (i) le renforcement de la politique de relance monétaire et l’utilisation des marges de manœuvre offertes par les règles budgétaires de l’Union européenne pour ce qui concerne la Zone euro et (ii) la poursuite de la politique d’assouplissement quantitatif pour rompre avec la déflation et accomplir des progrès importants en matière d’assainissement budgétaire.

            S’agissant des matières premières, il sied de relever la baisse des cours mondiaux de certains produits d’exportation nationale, notamment ceux du cuivre et du cobalt qui ont connu respectivement un recul de 3,2 %et 2,3 % par rapport au mois passé à la suite de la fragilité de l’économie Chinoise.

Sur le plan national

            Les évolutions économiques internationales ne sont pas sans effet sur la conjoncture intérieure. Sur base des réalisations de production à fin juin 2014, il ressort que la croissance économique devrait connaitre un recul de 0,1 point de pourcentage, pour se situer à 8,7 % contre une première estimation de 8,8 % et une réalisation de 8,5 % en 2013.

            Aussi, à fin septembre 2014, le baromètre de conjoncture indique un maintien d’optimisme des chefs d’entreprises dans l’évolution de la conjoncture économique intérieure. Le solde positif d’opinions est ressenti à 22,3 % au mois de septembre contre 25,9 % un mois plus tôt.

            La meilleure coordination des politiques conjoncturelles continue de produire des effets positifs sur le marché des biens et services. A fin septembre 2014, l’inflation demeure maitrisée avec la réalisation d’un taux d’inflation cumulé annuel de 0,87 % contre 0,73 % à la période correspondante de 2013. Dans ces conditions, à fin décembre, l’inflation atteindrait 1,16 % et en glissement annuel 1,21 % contre une cible de 3,7%.

            S’agissant du secteur extérieur, la stabilité se maintient sur le marché des changes. Le taux de change est contenu dans la fourchette de 910 CDF et 932 CDF le dollar américain. En effet, d’un mois à l’autre, le franc congolais ne s’est déprécié que de 0,3 % à l’interbancaire alors que sur le marché parallèle, la variation a été nulle. Les réserves de change demeurent supérieures à 8,2 semaines d’importations des biens et services. Elles sont évaluées à 1.724,61 millions de USD à fin septembre 2014. En ce qui concerne l’évolution des conditions monétaires, le Comité a noté la poursuite d’une politique monétaire accommodante sur fond de la consolidation de la croissance économique.

            A fin septembre 2014, les Bons BCC ont injecté la liquidité en rythme annuel de 104,0 milliards de CDF, l’encours s’étant situé à 60,0 milliards de CDF.

            Le marché monétaire est très actif avec un flux important de transactions enregistrées sur le marché interbancaire au taux moyen de 1,7 %. Une tendance analogue est notée sur le guichet des prêts à 1 jour qui a enregistré un rythme plus soutenu des concours bancaires à fin septembre 2014.

            S’agissant des agrégats monétaires, leur évolution contrôlée atteste en effet la stabilité observée sur les autres secteurs de l’économie nationale.

            Aussi, en l’absence des chocs majeurs imminents et à la faveur de la pérennisation de la stabilité du cadre macroéconomique au niveau national, le Comité de Politique Monétaire s’est résolu de maintenir inchangé le dispositif actuel de la politique monétaire.

            Ainsi, le taux directeur demeure à 2 %. Les coefficients de la réserve obligatoire sont maintenus à 8 % et 7 %sur les dépôts en devises à vue et à terme et 5 %et 0 %pour les dépôts en monnaie nationale à vue et à terme.

La régulation de la liquidité devra se poursuivre par les Bons BCC

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