BC : toujours le flou !

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En septembre 2010, la Banque Congolaise pèse 280.502.000 dollars américains, dont 127.000.000 de créance sur l’Etat congolais. Ses engagements s’élèvent à 160.500.000 Usd dont environ 80.000.000 Usd représentant les dépôts de la clientèle. En termes de valeur brute positive, ses livres font état d’une cagnotte d’environ 120.002.000. Aussi, lorsque tombe la décision de sa mise sous « Administration provisoire », c’est l’étonnement. Personne n’y comprend rien, du personnel au Conseil d’Administration. Cet organe considéré comme la «sentinelle» de cette institution financière n’a pas été saisi selon la procédure requise.

La clientèle est désemparée. Son désarroi se comprend car elle a recommencé à faire confiance à une banque que ses gestionnaires ont réussi à redresser de façon spectaculaire, après la sérieuse menace de banqueroute l’ayant hantée en 2009. A l’époque, ses difficultés étaient liées à un « trou » de 80.000 millions Usd provoqué par l’Etat congolais. Opposés à la « mort » de leur banque, les actionnaires avaient accepté de mettre la main à la poche pour mobiliser 20 millions de dollars américains dans le cadre de son « plan de redressement ».

Les milieux financiers se souviennent que la Banque Congolaise avaient vu certains de ces clients opérer des retraits massifs jusqu’à hauteur de 62 millions de dollars, au motif qu’une rumeur lâchée par la concurrence annonçait une trésorerie catastrophique.
Bref, au moment où démarre l’opération de mise «sous administration provisoire», cette banque n’est pas en cessation de paiement. Aussi s’inquiète-t-on d’une telle initiative qui a tout l’air d’un coup fourré. Le Phare se place aux avant-postes pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur cette pilule amère qui a déjà précipité, dans le passé, plusieurs banques au cimetière : cas de la Banque de Kinshasa, de la Banque du Peuple, de la Banque de Crédit Agricole, de la Socobanque, etc. Il est rappelé à qui de droit notamment que les deux «administarteurs provisoires» qui se succèdent au chevet d’une banque prétendue malade, traînent une réputation de liquidateurs plutôt que de sauveteurs.

Il est dit et redit que l’expertise que recèle la Banque Congolaise n’a pas besoin d’une assistance extérieure, que cette institution financière a réussi à faire repasser ses comptes au « vert » suite au refus collectif de ses actionnaires, cadres et agents de la voir mourir. Pour nombre d’observateurs, le régime de la mise sous administration provisoire d’une institution financière n’affichant aucun problème de santé financière car encore éligible à la Chambre de compensation de la Banque Centrale du Congo est un très mauvais signal.

Hélas, la sonnette d’alarme du quotidien de l’avenue Lukusa reste sans écho en retour. La machine la liquidation semble déjà lancée à la quatrième vitesse, avant qu’elle ne se pointe à la gare en janvier 2011. Le Phare était-il un prophète de malheur ?
Il va s’ensuivre, en avril 2011, l’interpellation puis la mise en examen de Roger Yaghi, le président de son Conseil d’Administration. C’est lui, visiblement, le bouc émissaire tout désigné pour justifier l’injustifiable.

En effet, l’homme n’a jamais été chargé de la gestion courante de cette banque et ensuite, le pouvoir est exercé collégialement au niveau des Administrateurs. S’il y a des fautes de gestion à lui reprocher éventuellement, leur responsabilité ne pourrait qu’être partagée. Dès lors, puisqu’il n’était pas le gestionnaire au quotidien ni le donneur d’ordre unilatéral, que cache sa prise en otage, depuis deux mois, par des structures autres que celles de la justice ?
En attendant d’en savoir plus sur l’évolution du dossier Yaghi, relevons qu’en cette période préélectorale, plus de 600 cadres et agents de la Banque Congolaise et leurs familles broient du noir. Il est par ailleurs paradoxal que dans un pays où l’économie souffre de la sous bancarisation, une décision portant suppression d’une institution d’intermédiation épouse les contours d’un règlement des comptes.            

Kimp

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