Bassin du Congo : un atelier régional sur les forêts modèles

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La salle Alain de l’hôtel Invest, dans la commune de Lingwala, a servi de cadre du mercredi 23 au vendredi 25 février 2011, à l’atelier régional d’information et d’échanges sur les forêts modèles et la mise en œuvre locale de la REDD + (Réduction des émissions de gaz à effet de serre liées à la déforestation et à la dégradation  des forêts) dans le bassin du Congo. Cet atelier régional, a souligné le directeur de cabinet du ministre de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme (ECNT), Désiré Luhahi Niama, dans son discours de clôture, a rassemblé des acteurs locaux, ainsi que des experts institutionnels et privés, afin de s’informer et de se former sur la problématique de la REDD + dans son interface avec les forêts modèles. Il a également permis de dégager les enjeux stratégiques de la RED + pour l’aménagement forestier, en général, et les forêts modèles en particulier, ainsi que leurs implications opérationnelles, y compris en termes de recherche-action et d’évaluation de l’approche REDD + sur le terrain.

 

 L’une des problématiques cruciales à laquelle sont confrontés les acteurs institutionnels reste le déficit d’information sur la REDD +, a fait observer le dircab Désiré Luhahi, avant de se féliciter du fait que cet atelier ait permis aux participants de se familiariser avec les projets et approches locales de développement durable, comme les forêts modèles.
 De son côté, le directeur général du secrétariat général du Réseau africain des forêts modèles (RAFM) s’est réjoui du fait que cet atelier ait aidé les participants à mieux comprendre la stratégie REDD et à dissiper les incertitudes. Il a, par ailleurs, émis le vœu de voir la REDD accompagner les populations dans le développement de leurs milieux respectifs.
     Comme recommandations, il y a notamment : la nécessité d’animer un processus donnant aux communautés locales et peuples autochtones, la possibilité réelle d’avoir accès à des fonds REDD + pour mettre en œuvre des projets alternatifs concrets ; la poursuite des efforts d’information  et de développement des capacités des parties prenantes locales relatives à la REDD +  et les forêts modèles ; aider les agriculteurs à planter des essences forestières à croissance rapide à multiples  usages à l’instar du Moringa Oleifera pour la lutte contre la pratique de l’agriculture itinérante sur brûlis ; investir sur tout ce qui porte sur des activités d’atténuation  et d’adaptation ; améliorer les systèmes de production agro-pastorale et maîtriser les techniques de lutte contre les feux de brousse qui peuvent davantage aider les populations à préserver les ressources naturelles renouvelables de leurs terroirs, tout ce qui concourt à la préservation des forêts. Ces recommandations n’ont pas seulement des rapports avec la REDD +, mais s’orientent aussi sur l’ensemble des mécanismes de structuration sociale des acteurs institutionnels pour impulser une véritable dynamique de développement local et de gouvernance forestière, afin d’aider les communautés locales et les peuples autochtones à améliorer leurs conditions de vie.
 
Une forêt modèle ?
 Une forêt modèle est un processus de collaboration où des personnes et des groupes qui prônent une variété de valeurs, travaillent ensemble afin de concrétiser leur vision de développement durable des terres où la forêt occupe une place importante. Une forêt modèle est un paysage fonctionnel composé de forêts, de fermes, de zones protégées, de  rivières et des villes. Les forêts modèles englobent, ainsi donc, les personnes qui veillent à la durabilité, les effets qu’elles ont sur leurs ressources et leur développement humain, ainsi que les arbres et les produits forestiers.
  Le terme « Forêt modèle » a été utilisé pour la première fois en 1991, dans le cadre d’un programme novateur du gouvernement du Canada. Le programme visait la création de grands partenariats à l’intérieur de vastes terres forestières, afin de mettre en pratique les politiques en matière de gestion forestière durable. L’objectif était de faire de ces forêts des modèles dont les autres pourraient tirer des leçons afin de progresser vers leurs propres objectifs en matière de durabilité. Sur le plan organisationnel, une forêt modèle est un partenariat volontaire dont les membres  représentent  toutes les forces environnementales, sociales et économiques qui sont en jeu dans l’assise territoriale en question.
 Par ailleurs, une forêt modèle se caractérise essentiellement par : le partenariat, l’engagement envers la gestion durable des forêts, l’étendue (axée sur le paysage et les bassins hydrographiques), la portée des activités qui tiennent compte des besoins et des valeurs  des intervenants, la structure de gouvernance qui tient compte d’un vaste éventail de valeurs, ainsi que la coopération, l’échange et le renforcement des capacités. Il sied de retenir que chaque forêt modèle adopte une approche pertinente, inclusive, solide d’un point de vue technique et réalisable qui tient compte de sa situation particulière, des lois et des coutumes auxquelles elle est assujettie.
Michel  LUKA

 

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