Bas-Congo : la course au gouvernorat relancée

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Le Conseil des ministres a donné, au cours de sa réunion du mardi 17 juillet, le feu vert à l’organisation de l’élection du gouverneur du Bas-Congo. Il reste à la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) de fixer rapidement les modalités de matérialisation de ce scrutin : chronogramme pour le dépôt des candidatures, l’examen des dossiers, la publication de la liste provisoire puis définitive des candidats, date exacte et lieu des élections, etc.
 Depuis cette annonce, une grande effervescence s’est emparée des populations de cette province, de Kasangulu à Moanda. Tous les regards sont tournés vers les députés provinciaux- qui constituent le corps électoral- afin qu’ils fassent le bon choix du futur patron de l’administration provinciale.

 A dire vrai, depuis que le Bas-Congo avait « mal élu » le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, avec un score de 19% des voix seulement en novembre 2011, d’aucuns pensent que le leadersphip provincial devrait absolument être redynamisé par la voix des urnes. Même si certains territoires avaient échappé au naufrage électoral, le mal était là, irréparable. A cet égard, c’est avec respect que l’on a salué le retrait très élégant du gouverneur sortant, Floribert Mbatshi Batshi. Après avoir tiré les leçons de l’échec électoral du candidat de la Majorité présidentielle dans son entité et de la visibilité limitée des cinq chantiers, il avait préféré rendre le tablier, en optant pour la députation nationale. Le gouverneur sortant avait reconnu, avec humilité, que pendant cinq ans, il n’avait pu répondre avec satisfaction aux promesses électorales faites à ses administrés.


 Mais son co-listier de 2007, Deo Nkusu, a résolu de s’accrocher au poste. Malheureusement, le bilan de ses quatre mois de gestion unilatérale des affaires provinciales laisse à désirer. Les forces vives du Bas-Congo, réunies au sein du Forum «Sauvons notre Province», ont du reste saisi à ce sujet le Chef de l’Etat, à travers une correspondance datée du 05 juillet 2012.
 Parmi les griefs à charge du gouverneur intérimaire du Bas-Congo, on note la révocation illégale des membres de l’intendance générale de la province, du Bureau d’Etudes, du Cabinet du Gouverneur sortant (remplacés par ses amis) et le non paiement de leurs indemnités de sortie.
 Les animateurs du Forum « Sauvons notre province » lui reprochent aussi l’usurpation des prérogatives dévolues aux ministres provinciaux des Finances et des Travaux Publics, la gestion opaque des recettes de péage, la rétention illégale de 10% sur les salaires des membres de l’exécutif provincial sous prétexte d’affecter les fonds collectés à la création d’emplois, l’absence de comptabilité consécutive à la mise à l’écart injustifiée du Comptable public (Code 622), le manque de traçabilité et de contrôle dans la gestion des ressources financières etc.


 Compte tenu de ce qui précède, les Ne Kongo ne jurent que par le changement de gestionnaire à la tête de leur province. Le malaise est très profond au sein de toutes les couches provinciales. Les quatre mois de «prolongation» accordés à Deo Nkusu paraissent comme une éternité aux yeux de tous ceux qui – députés provinciaux, députés nationaux, société civile- ne cessaient de faire pression sur la présidence de la République, le gouvernement central, l’Assemblée nationale, le ministère de l’Intérieur, la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) en vue d’obtenir une succession régulière, démocratique et légitime au gouvernorat du Bas-Congo.
 Maintenant que le Gouvernement central vient de lever l’équivoque, la tension et l’agitation qui commençaient à empoisonner le climat à travers la province vont certainement s’estomper. Et, très bientôt, la page d’un Bas-Congo potentiellement riche mais incapable d’apporter le bonheur à ses filles et fils pourrait être tournée.


    Kimp 

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