Un barza intercommunautaire en gestation pour régler le phénomène «Kamwina Nsapu»

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Ramazani Shadari de la majorité présidentielle, lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 15/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Ramazani Shadari de la majorité présidentielle, lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 15/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Ramazani Shadari de la majorité présidentielle, lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 15/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Le Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité, Emmanuel Ramazani Shadary, a poursuivi ses consultations au sujet de l’épineuse et récurrente question de l’insécurité qui se vit au Grand Kasaï, orchestrée par le phénomène « Kamwena Nsapu ». Ce mercredi 1er février 2017 à son cabinet de travail, il a échangé, tour à tour, avec des notables et chefs coutumiers des trois provinces de l’espace Kasaï (Kasaï Central, Kasaï Oriental et Kasaï). S’adressant directement aux conservateurs de la tradition et coutumes kasaiennes, Ramazani Shadary les a invités à réfléchir ensemble des voies et moyens pour mettre définitivement fin à toutes les escarmouches provoquées par cette insurrection.

A l’issue de cet entretien, Denis Kambayi, président de « Grand Kasaï » a indiqué qu’il est question maintenant qu’eux, les notables du Grand Kasaï, puissent se rendre à un autre cadre pour examiner toutes les questions et faire des recommandations par écrit. « Les questions sont très bien connues. Nous ne sommes pas là pour remuer le couteau dans la plaie », a-t-il martelé.
            Comme message à la population du Kasaï, il a dit : « Tous ceux qui nous suivent à partir du Grand Kasaï ont vu d’abord le geste du gouvernement en ce qui concerne la libération de 50 de nos frères qui étaient derrière Kamwena Nsapu. Nous sommes réellement à la recherche des solutions et de comprendre la genèse de ce problème et trouver la solution une fois pour toutes, en ce qui concerne le conflit coutumier qui peut exister et tout autre problème d’incompréhension entre frères. Parce que même la guerre de 40-45 a fini par une négociation. Dans les jours qui viennent, il y aura une grande délégation qui ira à Kananga dans le cadre du Barza intercommunautaire, afin de trouver des solutions à tous nos problèmes. Mais pour le moment, nous devons tous regarder dans la même direction parce que la paix est une nécessité importante pour le développement de l’espace Grand Kasaï. Nous en avons besoin. Que tous ceux qui nous suivent puissent comprendre que c’est le temps d’enterrer la hache de guerre. Qu’ils ne suivent pas n’importe quel message de n’importe quel politicien ici à Kinshasa ou ailleurs, pour continuer à envenimer la situation sur le terrain, parce que nous avons besoin de tous nos frères qui sont sur terrain, parce que nous avons besoin que tous nos frères qui sont en brousse rentrent dans les villages, que les écoles et la vie reprennent. Bien que difficile par rapport à la situation qu’ils sont en train de traverser aujourd’hui, nous ne voulons pas entendre qu’il y a eu encore d’autres conflits sous les auspices de qui que ce soit. Le travail que nous allons faire entre notables tout à l’heure, nous permettra de déposer le document entre les mains du VPM et nous aurons encore une tripartite dans les jours qui viennent entre les notables du Grand Kasaï, les députés nationaux et sénateurs du Grand Kasaï résidant ici à Kinshasa, ainsi que nos gouverneurs qui sont ici autour du VPM afin de produire le cahier de charges définitif et que nous puissions voir ensemble comment résoudre ce dossier », a-t-il longuement expliqué.
            Concernant le leader de ce mouvement insurrectionnel, il convient de noter, à la suite du patron de la sécurité nationale, que Kamwina Nsapu se dit « hostile au pouvoir en place et déclare qu’il attend l’avènement d’un nouveau régime ». Il vise également une hégémonie sur tous les chefs de groupement voisins, mais la plupart de ces chefs n’acceptent pas son leadership et lui ont refusé toute allégeance, a affirmé Emmanuel Ramazani Shadary.
            Au sujet des causes de ce mouvement, il identifie quelques raisons majeures, notamment, la cohabitation tumultueuse entre les services de l’Etat et l’autorité coutumière mettant en cause leurs collaborations dans la gestion harmonieuse de l’entité ; le ressentiment de certains chefs coutumiers contre le décès de Monsieur Kamwina, et dont les adeptes sont déterminés à le venger, la perte de leur influence auprès de leurs populations ; le recours et la croyance aux pratiques fétichistes qui les rendraient invulnérables face aux balles des forces loyalistes ; la prolifération des entités coutumières ; l’instrumentalisation, la récupération et la politisation de la crise par certains acteurs politiques.
            Quant au bilan, le ministre a précisé que c’est chaque jour qu’on enregistre des pertes en vies humaines et dégâts matériels considérables. Néanmoins, plusieurs jeunes sont tués dans les rangs des miliciens comme ceux des forces de l’ordre (FARDC, PNC, ANR et DGM). Des déplacements de la population sont signalés, plusieurs commissariats de la police, des maisons des villageois, écoles, bureaux de sservices de l’Etat, engins et véhicules publics et privés ont été incendiés.
Tshieke Bukasa