Barrage de Kakobola: les députés veulent voir clair !

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Plus d’une année, après l’annonce par le gouvernement de la fin des travaux de sa construction, le barrage hydroélectrique de Kakobola n’a toujours pas fourni du courant aux consommateurs. Le dossier a été au centre des débats hier à l’Assemblée nationale. C’était à la faveur de la question orale avec débat du député Gabuba, adressée au ministre de l’Energie et Ressources hydrauliques.

 Trois préoccupations résument le questionnaire de l’élu PALU de Gungu, à savoir : comment une année après, les cités de Gungu et d’Idiofa ainsi que la ville de Kikwit ne sont pas éclairées ? Que sont devenus les 40 millions de dollars américains disponibilisés pour les travaux de construction des lignes de transport de l’énergie électrique ? Qu’en est-il des conditions géologiques du site où est érigé le barrage de Kakobola ?

Prenant la parole, le ministre de l’Energie et Ressources hydrauliques s’est livré au périlleux exercice de tenter d’apporter des réponses aux questions lui posées.        

Concernant la non électrification de Gungu, Kikwit et Idiofa, malgré l’annonce officielle du gouvernement déclarant la fin des travaux, Ingele Ifoto a dit que cela est conditionné par la fin des travaux de construction des lignes de transport, distribution et autres réseaux. Selon le ministre, lesdits travaux sont déjà à 80% de leur réalisation.

            Quant à l’affectation de 40 millions USD, le ministre a utilisé plusieurs détours pour trouver des explications à donner. On retient de ses explications qu’une nouvelle ligne budgétaire a été négociée avec le gouvernement indien en 2015 pour financer la fin complète des travaux, notamment la construction des lignes de transport du courant et réseaux. Toutefois, il a rassuré que tous les efforts ont été déployés par le gouvernement en vue de faire sauter tous les verrous qui restent encore pour parvenir à la consommation du courant fourni par Kakobola.

Enfin, pour ce qui est des risques éventuels qui seraient liés au site, Ingele Ifoto précise que toutes les études menées au préalable quant à ce, ont conclu qu’il n’y a aucun risque écologique.

 

Une énergie réservée à

la simple lumière

 

            Dans le débat, les intervenants se sont déchainés contre le gouvernement à l’endroit duquel plusieurs reproches ont été faits. Les députés ont accusé l’Exécutif d’avoir favorisé la maffia en signant le contrat avec une société qui ne parvient pas à réaliser sa part du contrat. Que ce soit pour Kakobola dans la province du Kwilu que pour le barrage Katende dans le Kasaï Central. En conclusion, l’intervenant accuse le gouvernement d’avoir agi dans la précipitation par la signature dudit contrat.

            On accuse aussi le gouvernement de faiblesses et de comportement irresponsable vis-à-vis des partenaires ; de manque de politique d’orientation pour booster les projets de développement. Pour cela, il devrait plus s’investir dans les travaux de construction de Grand Inga, une énergie appropriée pour l’industrialisation plutôt que perdre du temps et de l’argent dans la construction de petits barrages destinés à donner uniquement la lumière.

            Plus documenté sur la capacité de Kakobola, un intervenant a critiqué avec virulence le projet qui coûte des millions, au risque d’en arriver à plus de 200 millions USD, pour un courant inutile qui ne pourra rien apporter comme impulsion au plan économique. D’après lui, le barrage de Kakobola a une capacité de 9 mégawats en crues, et baisse jusqu’à 5 mégawats en saison sèche. Pourquoi alors perdre beaucoup d’argent pour un projet qui ne pourra pas apporter des solutions au plan économique en vue du développement ? s’est-il interrogé.

Invité à faire sa réplique, le ministre a sollicité et obtenu 48 heures pour préparer des réponses à donner aux préoccupations des députés.

Dom