Banza Mukalay n’est plus

0
196

banza_mukalay_12_01Le ministre de la Culture et des Arts, Baudouin Banza Mukalayi, est décédé le samedi 14 mai 2016 dans la soirée à Ngaliema Center, des suites d’un malaise. Selon le ministre Lambert Mende de la Communication et Médias, l’intéressé a rendu l’âme au moment où le gouvernement mettait la dernière main aux préparatifs de son transfert à l’étranger, à bord d’un avion médicalisé.

L’histoire immédiate renseigne que l’illustre disparu a marqué les esprits le lundi 2 mai 2016, lorsqu’il a prononcé l’oraison qu’il avait préparée à l’occasion des obsèques de l’artiste musicien Jules Shungu dit Papa Wemba.
Le ministre que pleure toute la nation n’était pas un inconnu. On signale que sa carrière politique prit corps sous la Deuxième République, lorsqu’il fut élu Commissaire du Peuple, dans les années 80, dans l’ex-province du Katanga, alors Shaba. Un peu plus tard, il devint ministre chargé des Relations avec le Parlement. Puis, en mai 1991, au terme d’un Congrès éclair du MPR, devenu fait privé, tenu à N’Sele, il fut désigné 1er vice-président du parti,  en remplacement de N’Singi Udjuu. Numéro 2 après le maréchal Mobutu, Banza Mukalay tira son épingle du jeu à travers une campagne provinciale de sensibilisation des cadres et militants, à la nouvelle vision du Président-Fondateur, celle supposant sa disponibilité à accompagner la démocratisation du pays, qu’il avait lancée le 24 avril 1990.

Parlant parfaitement les quatre langues nationales (Lingala, Kikongo, Swahili, Tshiluba), il fit passer, tant bien que mal, le message du renouveau du MPR fait privé. On rappelle que lors de la Conférence Nationale Souveraine, il se porta candidat à la première vice-présidence du bureau de ce forum, mais perdit face à feu Papa Ileo, porté par une forte dynamique du changement. Il resta aux commandes du MPR fait privé jusqu’à la chute du régime Mobutu, le 17 mai 1997. Parti en exil, il rebondit politiquement dans les rangs du RCD, au lendemain du Dialogue Intercongolais (2002-2003). Désigné PCA à l’INSS dans le cadre du Régime 1+4, il allait prendre ses distances vis-à-vis du RCD à la fin de la transition.

Fondateur d’un nouveau parti, UDECO, il allait faire son entrée au gouvernement d’abord comme ministre de la Jeunesse et Sports puis ministre de la Culture et Arts.

Le Phare se souvient d’un acteur politique s’une simplicité frappante, qui n’hésitait pas, à l’époque où il dirigeait le ministère des Relations avec le Parlement, dont l’administration est logée dans le même bâtiment que la rédaction, à venir discuter politique avec ses membres, en toute franchise. L’exercice était tellement régulier que
c’était devenu presque une tradition.

Au nom de ce passé commun sous la seconde République, l’Editeur et toute l’équipe rédactionnelle présentent au gouvernement ainsi qu’à sa famille leurs condoléances les plus attristées.
Kimp