La Banque mondiale a délivré au gouvernement des pistes de solution

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Banque-MondialeLa RDC est en crise. Une crise profonde qui inquiète aussi bien les investisseurs, que la population congolaise et interpelle les gouvernants. Ce constat malheureux a été rappelé lors de la réunion de présentation de la 4 ème édition du rapport de suivi de la situation économique et financière de la RDC en 2016.  C’est le vice-ministre aux Finances qui a présidé hier mercredi 1er février 2017, au Romeo Golf, cette cérémonie officielle, au nom du ministre des Finances empêché. Il en a profité pour exprimer la satisfaction de son exécutif pour le travail réalisé par les experts de la Banque mondiale. Tharcisse Loseke a remercié la Banque mondiale pour ce rapport qui va aider le gouvernement à renforcer la résilience de l’économie congolaise. Face à la situation économique et financière préoccupante caractérisée par le ralentissement de la croissance économique jusqu’à 2,5 % alors qu’elle se situait à 9,9 % en 2014, du à la baisse des cours de matières premières, la réduction de l’espace budgétaire et la volatilité du taux de change, le vice-ministre des Finances a réaffirmé de la volonté du gouvernement à résorber cette crise, grâce à un programme d’urgence reposant sur une série de mesures dont la limitation des exonérations et la lutte contre la fraude fiscale et minière, le développement de l’agriculture et la reconstitution des réserves de change.
            Tharcisse Loseke a enfin exhorté les participants à poursuivre le dialogue entamé avec la Banque mondiale dont il a salué le partenariat.
            Auparavant, le directeur des opérations de la Banque mondiale pour la RDC et la République du Congo, a indiqué que les échanges d’hier arrivent au moment où la RDC traverse une crise économique dans un contexte politique particulier de l’histoire du pays. Comme pour beaucoup de pays d’Afrique, a fait noter M. Ahmadou Moustapha Ndiaye, cette crise est une opportunité pour tous les acteurs politiques et économiques du pays de rechercher et de mettre l’accent sur des politiques pertinentes susceptibles de renforcer la résilience de l’économie du pays en le dotant de moyens nécessaires pour absorber les chocs internes et externes.
 
Une réflexion économique profonde pendant les négociations politiques
           
            Ce rapport rappelle qu’au delà de l’agenda politique, il faut continuer à mettre l’accent sur la gouvernance économique en vue d’atténuer les effets de la crise économique au moment où des efforts sont menés pour stabiliser la scène politique. Voilà pourquoi cette 4 ème édition est abordée sous le thème : «  Chocs exogènes, stabilité macro-économique et développement : options de politique économique ».
Il a évoqué à ce sujet, le 3 ème rapport qui avait montré des performances macro-économiques positives du ays, mais avait également souligné les vulnérabilités de l’économie congolaise face aux chocs exogènes. M. Ahmadou Moustapha Ndiaye a dévoilé que cette nouvelle édition reflète un contexte économique déprimé qui confirme que cette vulnérabilité a déjà débouché sur une crise, avec des indicateurs macro-économiques ayant rompu avec les équilibres fondamentaux de l’économie  difficilement obtenus au cours de deux dernières années, après des efforts considérables fournis par les autorités congolaises.
            Enfin, il a suggéré d’éviter que le choc macro-économique ne vienne compromettre les gains fragiles réalisés par la RDC en matière de développement économique et humain, et que surtout, elle ne remette pas en question les objectifs de diversification de l’économie et de développement à long terme.
            Présentant à grands traits le rapport, Emmanuel Pinto Moreira, économiste en chef de la Banque mondiale en RDC, a épinglé les principaux indicateurs de la crise économique actuelle, notamment la baisse des cours de matières premières, la baisse du taux de croissance, le taux d’inflation galopant, la volatilité du taux de change et l’effritement des réserves de change. Dans un tableau comparatif, il a montré que la crise est généralisée dans les pays de l’Afrique subsaharienne et dans la CEMAC, avant de suggérer quelques pistes de solution pour résorber cette crise. Emmanuel Pinto Moreira a été complété par deux économistes de la Banque mondiale, Chadi Bou-Habib et Alexandre Dossou.
            Après ces interventions, un débat a permis aux participants de soulever quelques points d’ombre auxquels les experts de la BM ont apporté quelque éclairage.
            Enfin, le directeur des opérations Ahmadou Moustapha Ndiaye a procédé à la remise au vice-ministre des Finances, une copie de ce 4 ème rapport.
                                                                                                              J.R.T.