Banque Congolaise : Mawakani remplace Mupepe Lebo

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Jean-Claude Masangu Mulongo, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, vient d’envoyer un nouveau signal en direction du secteur bancaire. Il s’agit d’un signal d’efficacité et d’engagement effectif sur la voie du redressement à travers la désignation de Mawakani Kimayala, un banquier bien connu sur la place de Kinshasa, pour piloter les efforts de redressement enclenchés à la Banque Congolaise.

L’homme a la cote dans les milieux bancaires où chacun se souvient encore des passes d’armes de l’époque de la Conférence Nationale Souveraine qui avait décidé d’en faire son gardien du temple en ce qui concerne la politique monétaire du Congo-Zaïre.

            Empêché d’exercer les fonctions de Gouverneur de la Banque Centrale par le Maréchal Mobutu qui savait qu’il ne pouvait pas compter sur lui pour endosser sa politique de prédation et de désarticulation monétaire marquée par la double billetterie avec l’impression de la monnaie en Amérique latine, en dehors de tout contrôle de la Banque centrale ainsi que l’injection tout aussi incontrôlée des « mokomboso » (coupure d’un million de Zaïres) et autres « Dona Beija » (coupure de Cinq millions de Zaïres) sur le marché monétaire, Mawakani a aujourd’hui l’occasion  de démontrer ses qualités managériales à la faveur de la mission que vient de lui confier Jean-Claude Masangu. Il s’agit pour lui d’être non seulement l’homme de la vraie gestion, mais surtout d’avoir les épaules suffisamment larges pour faire face à toute tentative de manipulation et d’avoir la persuasion nécessaire pour obtenir le recouvrement des fonds prêtés par la Banque Congolaise aussi bien aux privés qu’à l’Etat. 

            C’est ici le lieu de saluer la réaction rapide du Gouverneur de la Banque centrale qui, face à l’accueil mitigé réservé par la profession bancaire, les milieux d’affaires et la clientèle à la nomination de Mopepe Lebo en qualité d’Administrateur provisoire de la Banque Congolaise, a décidé de le dégager très rapidement de l’avenue des Aviateurs pour éviter que sa fonction traditionnelle de liquidateur n’influe négativement sur les comportements des partenaires de La Banque Congolaise et ne porte ombrage aux efforts de redressement initiés par la Banque Centrale et les actionnaires.

            L’écueil Mopepe éliminé, il reste maintenant à jouer serré pour rattraper le temps perdu et, surtout, restaurer la confiance des épargnants. Ces derniers, on le sait, risquaient de se détourner d’un secteur qui ne rassure pas en relançant la traditionnelle solution de la thésaurisation dont chacun connaît pourtant les limites. Dans une cité aujourd’hui envahie par les « kuluna » -souvent en cravate- et où les hommes en uniforme éprouvent de plus en plus un malin plaisir à visiter les chambres à coucher des citoyens pour se servir, la thésaurisation apparaît aussi comme une solution dangereuse au double plan de la conservation de la monnaie et de la sécurité des citoyens.

            Dans les milieux des agents de La Banque Congolaise, on croise les doigts. L’arrivée de Mawakani a certes été précédée par des échos sur son passé rassurant et la réaffirmation de sa technicité dans le secteur bancaire, mais cela ne suffit pas. L’Etat qui l’a désigné à travers le Gouverneur de la Banque Centrale doit être conséquent avec lui-même en lui  donnant les moyens d’atteindre le point d’achèvement qui lui est fixé. Cela passe naturellement par la libération progressive des sommes colossales que l’Etat doit à la Banque. Un geste indispensable si on veut sauver des emplois aussi bien dans la capitale que dans l’arrière-pays.

Affaire à suivre.

LP

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