Banque Centrale du Congo : le coefficient de la réserve obligatoire rabattu de 5% à 2%

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Le Comité de Politique Monétaire (CPM) vient de décider la baisse du coefficient de la réserve obligatoire pour les dépôts en monnaie nationale (le Franc congolais) à vue de 5% à 2% tandis que pour les dépôts à terme, le taux reste maintenu à 0%.

C’est la principale décision qui a sanctionné la 3ème réunion du CPM de l’année 2015, la 23ème de l’avènement de Deo Mutombo Mwana Nyembo à la tête de l’Institut d’Emission, tenue le mercredi 8 avril sous la présidence du Gouverneur de la BCC (Banque Centrale du Congo).
Faisant le compte-rendu de la réunion, le Gouverneur Deo Mutombo s’est félicité du résultat positif de la politique monétaire mise en place, celle visant la valorisation du FC par la dédollarisation de l’économie nationale. Cela offre à l’Institut d’Emission la possibilité d’obtenir beaucoup plus de devises sur le marché.

Il a aussi saisi l’occasion pour réitérer la détermination de la BCC à moderniser son outil de travail. C’est dans ce cadre qu’il faut situer l’acquisition d’une machine broyeuse des billets de banque. Cette machine a mis fin à la pratique d’incinération qui se faisait dans des sites lointains, avec toutes les conséquences liées notamment aux allégations de pollution à l’endroit de la BCC.

Il y aura, au total, trois machines broyeuses. La première installée à Kinshasa desservira la capitale ainsi que les provinces de Bandundu, Bas-Congo et Equateur ;
La seconde sera installée à Lubumbashi pour les provinces du Katanga et de deux Kasaï.

Enfin, la troisième broyeuse sera installée à Kisangani pour la Province Orientale, le Maniema, le Nord-Kivu, et le Sud-Kivu.
Ci-dessous le compte rendu de la 3ème réunion du CPM pour 2015 :                                                 Dom
Sur le plan international :

Trois mois après le début de l’année 2015, l’évolution de la conjoncture économique internationale demeure ponctuée par des incertitudes économiques et monétaires de divers ordres, lesquelles sont accentuées par des tensions géopolitique et stratégique perceptibles particulièrement au Moyen orient et en Europe de l’Est. Ces aléas qui ont des conséquences négatives sur la croissance mondiale, sont adoucis par la baisse des prix du pétrole ainsi que de l’assouplissement monétaire opéré par certaines banques centrales.
La contribution des derniers facteurs susmentionnés a favorisé la progression de la croissance dans certaines grandes économies notamment aux Etats-Unis où la croissance devrait se hisser à 3,1 %et dans la Zone euro à 1,4 %en 2015. Il sied de noter que l’assouplissement monétaire constitue une réponse des banques centrales à la faiblesse de la demande intérieure observée dans plusieurs économies avancées et devrait contribuer, à terme, à ramener le taux d’inflation sur sa tendance de long terme.
Cependant, pour éviter d’accroitre le risque financier lié à cette politique non conventionnelle, l’OCDE propose une approche plus équilibrée faisant appel à des réformes budgétaires et structurelles ainsi qu’à la politique monétaire afin de garantir une croissance durable.

Sur le plan national:
L’activité économique restera soutenue en 2015 avec un taux de croissance du PIB réel de 10,3 %venant de 9,5 %en 2014. Cette croissance devrait bénéficier principalement de la contribution du secteur extractif. Par ailleurs, les résultats du baromètre de conjoncture à fin mars indiquent une amélioration de la confiance des chefs d’entreprises avec un solde brut atteignant 14,9 % contre 11 ,7 %un mois plus tôt.
Le marché des biens et services est demeuré sous contrôle. En rythme mensuel, le taux d’inflation s’est situé à 0,057 %au mois de mars contre 0,047 %un mois plus tôt, portant le cumul annuel d’inflation à 0,142 %et le taux en glissement annuel à 0,76 %contre un objectif de 3,5 %.
Sur le marché des changes, il a été noté une stabilité sur les différents segments. En moyenne, les taux indicatif et parallèle se situent respectivement autour de 925,6 et 931,8 CDFIUSD en mars. Quant aux réserves internationales, elles se sont établies à 1.701,01 millions de USD, représentant 7,0 semaines d’importations des biens et services sur ressources propres.
Concernant l’évolution des conditions monétaires, les instruments de la politique monétaire ont été orientés de manière à répondre efficacement à la forte demande de la liquidité observée au sein de l’économie. En effet, l’analyse des dépôts et crédits bancaires a révélé un accroissement plus important des transactions en monnaie nationale qu’en devises. Ce dernier développement couplé à la dynamique de soutenir l’activité économique, a notamment expliqué le comportement affiché par le Bon BCC qui a permis de mettre à la disposition de l’économie 47,9 milliards de CDF.
Dans ce contexte, le marché monétaire est demeuré dynamique. Les taux de rémunération à l’interbancaire et au guichet des facilités permanentes se sont respectivement établis à 1,7 %et 4,5 %.
S’agissant du dispositif de la politique monétaire, le Comité de Politique Monétaire, dans le souci de renforcer encore les fonctions du franc congolais, a décidé d’alléger davantage la contrainte sur la monnaie nationale par la baisse du coefficient de la réserve obligatoire pour les dépôts en monnaie nationale à vue de 5 %à 2 %alors que celui pour les dépôts à terme est maintenu à 0%.
S’agissant du coefficient de la réserve obligatoire sur les dépôts en devises à vue et à terme, il reste respectivement à 8 %et 7 %. Le taux directeur, quant à lui, demeure à 2 %.

La régulation de la liquidité devra se poursuivre via les Bons BCC.

Par ailleurs, en prévision de la grande échéance fiscale du mois d’avril, le Comité de Politique Monétaire a recommandé une grande flexibilité dans les’ instruments de politique monétaire à l’effet de conforter significativement le niveau des réserves de change de la République et garantir ainsi la résilience de l’économie nationale face aux chocs de toute nature.