Bandundu : vives tensions entre Lunda et Tshokwe du territoire de Kahemba

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La RDC fait face à une situation de guerres incessantes depuis plus de quinze ans dans la partie Est du territoire national. C’est le fait des groupes armés dont certains sont nés des cendres des conflits entre ethnies. De la province Orientale au Katanga, en passant par le Maniema, le Nord et le Sud-Kivu, ainsi que le Kasaï Oriental (les récents événements de Lodja), le sang des Congolais a coulé et continue à couler, entre autre à cause du comportement irresponsable de certains compatriotes en mal de gloire et à la poursuite des intérêts égoïstes au détriment de ceux de la collectivité.

A Kahemba, dans la partie-Sud de la province du Bandundu, on a failli assister à une bataille rangée à coup de machette entre Lunda et Tshokwe, deux peuples autochtones de cette entité administrative. Et pour cause ? Le Mémo adressé au curé de la paroisse Saint Augustin de la Cité de Kahemba, le révérend Abbé Jean-Noël, Mumay, par un groupe de personnes se réclamant de la communauté Lunda, n’ayant ni titre ni qualité au sein du Comité paroissial de cette église, seul organe compétent pour exiger des comptes au Curé.

            Dans ce mémo daté du 2 février 2014, les signataires, au nombre de 12, accusent le prélat catholique d’avoir transformé sa mission pastorale en site de perpétuelles querelles et conflits provoqués par ses afinités avec ceux qui devraient être normalement ses proches collaborateurs, dont notamment l’animateur de la Sous-paroisse Sainte Monique (un Lunda). Ils lui reprochent également de ne pas tenir compte de la géo-politique dans les affectations et promotions des chefs d’établissements scolaires au sein des écoles conventionnées catholiques. Il est ainsi accusé d’être à la base des mutations fantaisistes qui ne concernent que les chefs d’Etablissement Lunda et favoriserait la promotion de seuls Tshokwe, en connivence avec la Conseillère pédagogique, Pélagie Kashitu.

            Les signataires de ce document ont-ils perdu de vue ou délibérément refusé de mentionner qu’à la publication de la dernière mise en place des territoriaux, dans la province de Bandundu, les trois administrateurs nommés à la tête de Kahemba sont des Lunda? Il en est de même du chef de la Cité et des chefs des Postes d’Encadrement Administratif, sans oublier de nombreux chefs de service de l’Administration publique. Le seul Tshokwe affecté dans le territoire de Bagata a été relevé de ses fonctions, sans que ses frères et sœurs aient crié à l’injustice, à la haine tribale …

 La bombe désamorcée par les autorités coutumières et un député   provincial

Aux dernières nouvelles, nous apprenons que la bombe serait désamorcée par les autorités coutumières avec l’implication d’un député provincial, l’honorable Kazwazwa Ubite. Bien plus, au regard de la gravité des faits, les autorités du parquet secondaire de Kahemba se seraient saisis du dossier afin que leurs auteurs puissent répondre  de leur acte.

Il y a lieu de rappeler, par ailleurs, à la population de Kahemba le mot d’ordre du chef de l’Etat qui invite tous les Congolais à la cohésion nationale, et celui des grands chefs coutumiers, du sénateur Nzofu et de son homologue  Mwamushiko, qui tiennent à tout prix à l’unité et à la paix de toutes les communautés. La population de Kahemba doit retenir que son bonheur se trouve dans la cohabitation pacifique et harmonieuse qui a toujours caractérisé ce territoire, afin d’œuvrer ensemble pour son développement. L’heure n’est plus à la division, mais à l’unité pour la reconstruction de ce territoire dont les affres de l’agression par l’Angola ne se sont pas encore effacés de la mémoire collective.

Michel Luka

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