Bandundu : la répression policière conduit à la mort des détenus à la prison de Kenge

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La Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) dénonce les mauvais traitements ayant occasionné mort d’homme dont des détenus de la prison de Kenge, province de Bandundu, ont fait l’objet de la part des policiers vendredi 18 février 2011.

A la base, le refus catégorique du parquet de Kenge de répondre aux demandes des détenus malades d’être transférés vers un centre médical pour des soins médicaux. Il faut signaler que plusieurs personnes détenues à la prison de Kenge vomissent du sang au sein de la prison où il est suspecté une épidémie de tuberculose. A cette situation, il faut ajouter d’autres maladies cutanées, des ballonnements de ventre, kwashiorkor, amibiases… En outre, l’absence totale de la ration alimentaire contraint les détenus à se nourrir de fruits jetés de l’extérieur par la population avoisinante et parfois de « vomissements » d’autres détenus pour survivre.

 

Les conséquences, à ce jour, sont telles que quatre cas de décès en détention ont été enregistrés depuis le début de l’année 2011 dont monsieur Bilukidi Mabetukulu décédé le matin du 18 février 2011.
Ces conditions insupportables et inadmissibles de détention ont conduit, vendredi 18 février 2011, à une révolte des détenus qui n’ont pas hésité de casser un mur de la prison pour faire entendre leur voix face aux autorités RDCongolaises restées sourdes aux interpellations des ONGDH de la place, la presse locale et dernièrement de l’évêque du diocèse de Kenge, Monseigneur Jean Gaspard MUDISO.

Cherchant à contenir la révolte des détenus, plusieurs policiers ont été dépêchés par des autorités locales à la prison de Kenge. Sur place, les policiers ont encerclé la prison avant de tirer des coups de feu dans toutes les directions. En vue d’en venir au bout de la manifestation, une grenade lacrymogène a été jetée dans la prison.

Le bilan fait état d’une personne décédée de suite de l’étouffement par le gaz lacrymogène en l’occurrence monsieur Sawara Puku. Ce dernier était déjà affaibli par la tuberculose qui sévit à la prison de Kenge et dont souffrirait la majorité des pensionnaires.
Sans se préoccuper du cas des détenus morts, les policiers aurait choisi au hasard une dizaine de détenus pris comme meneurs avant de les ligoter, les exposer sous un soleil accablant et de les soumettre à une bastonnade sans précédent devant un public nombreux venu assister à la scène. Après ce mauvais traitement, les victimes ont été conduites au cachot du parquet où ils restent gardés sans droit de visite.

Pour rappel, la prison de Kenge construite pour une capacité de vingt-cinq (25) pensionnaires, regorge à ce jour soixante-six (66j détenus qui vivent dans des conditions infra-humaines (sans eau, sans nourriture, ni nattes, sans aération suffisante,…). Certains de ces prisonniers attendent leurs jugements depuis plusieurs mois.

La VSV tire la sonnette d’alarme en faveur de l’humanisation urgente des conditions de détention en RDCongo par la mise en oeuvre des réformes pénitentiaires recommandées par le Forum National (les Assisses pénitentiaires de- Kinshasa) organisé du 17 au 21 juillet 2007 par le ministère de la Justice avec  l’àppui de la Mission de l’Organisation des Nations unies au Congo (MONUC) et l’Union Européenne (UEj.
Le non respect par le gouvernement de la RDCongo des standards minima internationaux en matière de détention est l’une des causes principales à l’origine du foisonnement des cas de décès en prisons et autres lieux de détention, notamment, de la police et autres lieux de détention parallèles, lesquels échappent, en réalité, au contrôle judiciaire et administratif des parquets.
Eu égard aux conséquences néfastes pour la vie des détenus qui ne demeurent pas moins des sujets de droit en tant que personne humaine, la VSV recommande au Gouvernement RDCongolais et au ministre de la Justice et Droit Humains en particulier de :
• Ouvrir des enquêtes en vue des poursuites judiciaires à l’endroit des personnes impliquées dans la mort des détenus dans la prison de Kenge ;
• Veiller scrupuleusement au respect des normes minima de détention des Nations Unies ;
• Humaniser les conditions de détention dans les lieux ne répondant pas aux principes sus-évoqués des Nations Unies.

Fait à Kinshasa, le 25 février 2011
La Voix des Sans-Voix pour les Droits de l’Homme (VSV)

 

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