Bandundu et Equateur : L’abattage du bois n’apporte pas le développement

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abattageLe non respect des clauses sociales par les entreprises forestières œuvrant dans le secteur du bois bloque le développement des communautés locales. Ce cri d’alarme a été lancé par les Organisations  de la Société Civile œuvrant dans le secteur des ressources naturelles. C’était au cours d’une conférence de presse tenue au siège du RRN, dans la commune de Barumbu, le lundi 10 février 2014. 
 Celle-ci était animée par Joseph Bobia, coordonateur du Réseau des Ressources Naturelles, et Willy Loyombo, responsable de l’Organisation d’Accompagnement et d’Appui aux Pygmées.
Le non respect des clauses sociales et certaines pratiques non conformes appliquées par les exploitants du bois sont à la base de plusieurs difficultés.  Au lieu d’obtenir des permis d’exploitation industrielle, certains travaillent avec des permis d’exploitation artisanale.
Ils se livrent aux coupes illégales du bois en faisant intervenir la police contre les communautés locales. Au Bandundu, les communautés de Bayera, dans le territoire d’Oshwe, ont été victimes des tracasseries policières commanditées par la C.B. (Compagnie du Bois), au motif qu’elles ont refusé que leurs forêts soient exploitées par celle-ci parce qu’elle n’a pas honoré ses engagements en rapport avec les clauses sociales.
Dans les villages Bayeria et Maheu, dans le groupement des Ipanga, l’on a enregistré des viols, des tortures corporelles, des traitements inhumains, etc. Dans ce même territoire, les communautés locales de Mbukutu et Ilongo refusent de voir la compagnie chinoise Mina continuer de couper  du bois dans leurs forêts.
            A l’Equateur, on note la coupe systématique du bois par les artisanaux et plusieurs firmes avec des cahiers de charges non respectés. Ces cas de tricherie sont observés dans les contrée de Bikoro. Ici, l’entreprise ITB Equateur est réputée en faillite, mais elle recourt aux exploitants artisanaux pour faire couper le bois dans ses concessions, sans respecter les normes, afin de les racheter pour les ramener à Kinshasa. C’est un gain pour ses exploitants et un manque à gagner pour le trésor public et les communautés locales.
Notons que ce problème est aussi vécu dans le groupement de Yeliko, au village Mpomba. Plusieurs plaintes ont été déposées auprès des instances judiciaires contre ces entreprises. En toute logique, la Fédération des Industries du Bois aurait dû sanctionner toutes ses affiliées non en règle.
            Les Organisations de la Société Civile déplorent le manque de gouvernance dans le chef des gestionnaires du secteur. D’après elles, ces derniers n’arrivent pas à mettre en place une dynamique dans le sens de l’amélioration du respect de la législation forestière alors qu’ailleurs ce secteur constitue le poumon du développement car il génère beaucoup de recettes pour le trésor public.
            Pour pallier cette situation, elles recommandent  au ministère de l’Environnement  d’annuler l’arrêté 011 en vue d’arrêter le désordre dans le secteur forestier ; de faire pression sur la C.B et toute autre compagnie forestière qui exploite sans versement, ni dégagement de 10% de préfinancement tel qu’exigé par l’article 11 de l’arrêté 023 du 07 juin 2010 fixant le modèle d’accord constituant la clause sociale du cahier des charges du contrat de concession forestière ; etc.
Au ministère de la Justice, elles demandent de veiller à ce que les droits de cette population minoritaire du pays soient respectés.
Aux exploitants industriels, il est recommandé de respecter de manière scrupuleuse leurs cahiers de charges.
Dorcas NSOMUE

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