Banditisme foncier en Rd Congo : le patrimoine de l’Université de Kisangani spolié

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kisanganiOn ne le dénoncera jamais assez. Les biens d’utilité publique sont un patrimoine commun et non privé. Malheureusement, certains Congolais, forts de leurs positions, n’hésitent  plus à aliéner ces biens qui appartiennent à la communauté.

La dernière victime en date de ces vautours fonciers, c’est l’Université de Kisangani, pourtant un établissement d’enseignement supérieur et universitaire, dont les autorités assistent  de manière impuissante aux morcellements, amputations  et aux occupations anarchiques de ses maisons et terrains par des personnes non autorisées dont les dignitaires de la République.

Selon un professeur de cette université de passage à Kinshasa qui s’est confié au journal Le Phare sous couvert de l’anonymat, la spoliation a atteint des proportions inquiétantes et risque de perturber sérieusement la tranquillité et le bon déroulement des activités académiques à long terme sur ce campus.

En signe de ras-le-bol et de protestation, les enseignants de cette université publique, a affirmé l’interlocuteur du journal Le Phare, avaient entamé  un mouvement de débrayage pendant près de deux semaines. Cela,    avant que le gouverneur de province n’intervienne  pour  demander aux enseignants de le surseoir afin de lui  laisser le temps de résoudre cette épineuse question qui mine le devenir de cette université, a-t-il fait savoir. Cependant, loin d’avoir désarmés, les enseignants de l’Unikis restent déterminés et entendent  obtenir coûte que coûte  gain de cause afin que ce patrimoine public ne soit plus la proie des vautours et autres promoteurs  véreux.

Dans ce chapitre la liste est longue tant à Kinshasa qu’en province et l’Université de Kisangani n’est qu’un cas parmi tant d’autres déjà connu où des institutions publiques, universités et écoles d’enseignement primaire, secondaire et professionnel   ont été tout simplement de spoliation de la part de gens malintentionnés.

Des précédents fâcheux

Parmi ces institutions, on peut citer pêle-mêle l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication qui a perdu le site contigu  à la Rtnc, qui devait abriter son campus, l’Université de Kinshasa qui a déjà perdu une partie de son patrimoine et qui reste à merci de gourmands de l’espace, l’Université de Lubumbashi qui a été entièrement envahie et noyée par les habitations des privés, les athénées de la Gare et de la Gombe, envahis soient des bâtiments commerciaux ou des habitations de luxe.  Plus prudents,  d’autres établissements ont carrément  décidé de se mettre à l’abri aux dépends de la beauté de la nature, en procédant à la  clôture de  leurs terrains, craignant de tomber sur plus fort que l’Etat.

Ainsi, le désordre foncier ayant atteint de cimes,  l’Université pédagogique nationale a vite fait de clôturer son espace ainsi que celui de son école d’application dont les travaux sont en cours. L’Académie des Beaux-arts et l’Ibtp avaient senti le danger et s’étaient protégés en leur temps

Malheureusement, tous les observateurs s’accordent pour se demander jusqu’à quand des promoteurs véreux vont-ils défier l’Etat ?

Car, ne pas intervenir aujourd’hui au vu de cette boulimie, c’est signer la liquidation progressive de tout le  système éducatif et d’enseignement  public congolais tant à Kinshasa qu’en provinces.

VAN 

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