Bande dessinée : «Panique à Kinshasa» d’Asimba Bathy est là !

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bathy_asimba2 « Panique à Kinshasa » est une bande dessinée de 32 pages couleurs, cartonnées. Elle parle du quotidien des Congolais d’ici et d’ailleurs dans une saga qui n’a d’égale que leur génie créatif. Œuvre du bédéiste congolais Asimba Bathy, le scénario, avec une bonne dose d’humour, est du même dessinateur. « … je veux dire par là que j’ai joué au parfait homme-orchestre : scénario, dessin, couleurs, mise en page, maquette, etc. Donc, j’ai amené à l’imprimerie un produit prêt pour l’impression. Et aussi, je suis mon propre éditeur et distributeur » s’est-il confié exclusivement au journal Le Phare, depuis Bruxelles( Belgique) où il se trouve, à la sortie de l’album le jeudi 23 janvier 2014.

            Alors que la bande dessinée congolaise a vu le jour à l’époque colonia et s’est développée aux premières années de l’indépendance de la RDC,  elle donne encore l’air de patauger, bien que bien cotée à travers le monde. « Nous avons fait plusieurs festivals internationaux tant en Occident que sur le continent, cela n’a jamais été démenti. Les questions qui nous reviennent souvent sont : à quand la production, puis à quand un festival ? Voilà ce qui nous a décidés, finalement, à devenir éditeur de bande dessinée avec la ferme détermination d’aller loin, avec des produits de qualité », s’est-il réjoui.

             En effet, c’est une grande première et une révolution dans le domaine national de la bande dessinée, sinon de l’édition du livre, parce que la carence des éditeurs du livre au Congo a toujours été décriée.

            Asimba Bathy, coordonateur de l’association « Kin Label » a décidé de briser cette glace et de faire tomber le mythe, car assure-t-il, le produit qu’il va ramener à Kinshasa, est de très haute facture.

            Quel sentiment t’anime à la sortie de cet album? « Le sentiment qui m’anime en ce moment est tout à fait légitime, celui de quelqu’un qui vient d’avoir son premier bébé? après un accouchement qui aura duré des années. J’ai évité la césarienne (rire). Pourquoi mon premier bébé, j’ai participé à plusieurs albums collectifs dont j’ai initié certains. Cette-fois, j’ai décidé de penser à moi. Parce que ce qui est vrai est que j’ai toujours joué le rôle de manager pour au moins 90% des dessinateurs congolais de bande dessinée, sans trop penser à moi »

            Attendue à Kinshasa depuis octobre 2013, « Panique à Kinshasa » est finalement sortie à la fin de ce mois de janvier 2014. Cet amoureux du 9ème art justifie ce retard par un problème technique. A l’en croire, il devait d’abord le présenter en octobre passé au festival international d’Alger où il est allé, malheureusement, les mains vides. Cadeau qu’il tenait à s’offrir le jour de son propre anniversaire, avoue-t-il. Finalement, il avait demandé à son imprimeur de tout arrêter jusqu’à ce qu’il fasse le déplacement de la Belgique qui était en option. « Et voilà, c’est vite fait et très bien fait. A mon retour à Kinshasa, je ramène ce travail que, je suis sûr, les congolais vont apprécier et aimer », promet-il.

 Intrigue sans héros !

            Dans « Panique à Kinshasa », le dessinateur Asimba Bathy a choisi un concept un peu différent, qui n’a pas besoin d’un personnage principal comme l’exige la tradition dans beaucoup de BD que nous lisons. L’histoire s’articule autour de plusieurs tableaux en liens forts pour garder une certaine cohérence. C’est un « one shot », c’est-à-dire une histoire en édition unique et qui n’appelle pas de suite. Là-dedans, les lecteurs vont découvrir Kinshasa comme on ne l’a jamais dessiné auparavant dans une bande dessinée. Cette BD qui présente Kinshasa dans sa belle robe architecturale et urbanistique peut servir aussi pour la promo du tourisme dans la ville, précise-t-il. Puis d’ajouter que le deuxième volume qui va suivre s’inscrit aussi dans le même concept. Le titre c’est : « Il y a bon vivre à Kinshasa ».

            Annonçant son retour au pays pour bientôt, cet apôtre d’Albert Uderzo s’est  lancé un défi : atteindre un public large ! « C’est un défi que je tiens à relever. Je ne me suis pas décidé à embrasser la carrière de l’éditeur, sans avoir au préalable étudié le marché. Cela m’a pris des années et j’ai aussi beaucoup appris de mes nombreux voyages à l’étranger. Je vais innover. Aussi, je compte sur les média pour un vrai travail de promotion ».

Parcours

            Asimba Bathy est né en 1956 à Watsa, dans l’Ituri, en Province Orientale. C’est en 1966 qu’il débarque à Kinshasa avec sa mère, ses frères et soeurs. Après l’obtention de son diplôme d’Etat en section scientifique, il entreprend en 1979 des études supérieures en publicité à l’Académie des Beaux-Arts. Pendant ce temps, il accumule divers brevets qui feront plus tard de lui un professionnel aguerri de la communication par voie de presse. Il soutient ou lance alors divers magazines et collabore à différents journaux de Kinshasa (As des AS, Salongo, L’Avenir, Le Journal, etc.). Il crée l’Organisation des artistes réunis (OAR) et les studios BED’ART, atelier de création en BD.

            En 2007, il publie un nouveau magazine de BD, «Chaleur tropicale» et coordonne l’association BD KIN-Label. Cette structure a déjà publié 12 numéros de sa nouvelle revue «Kin-Label» avec des planches de Jason Kibiswa, Hissa Nsoli, Djemba Djeis Isumo, Charly Tchimpaka, Luba Ntolila, Abelle Bowala, Cap, Lepa Saye, Jules Baïsolé, Séraphin Kajimbwami, mais aussi Boyau, Ekunde, Mfumu’Eto, Asimba Bathy lui-même et de jeunes bédéistes… L’association BD Kin-Label est actuellement soutenue par Africalia et collabore en partenariat avec Africultures pour la création d’un portail sur le Net, «AfriBD», consacré entièrement à la promotion de la BD africaine.

Tshieke Bukasa 

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