Bandalungwa terrorisé par la bande à Tsukuma

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Martiens ou extraterrestres sortis d’une autre planète, des bandes des marginaux à la tête rasée, une colonne de cheveux teinte en jaune, rouge ou vert, séparant le crâne en deux, les yeux rouges de colère et d’ivresse, une boucle à l’oreille, brandissant à leur passage, des machettes, des couteaux, des barres de fer et des tessons de bouteilles, multiplient depuis le dernier trimestre de 2009, plusieurs attaques dans de nombreux quartiers de Bandalungwa. Leur passage dans plusieurs terrasses de cette municipalité de Kinshasa, a laissé des traces indélébiles, et fait des victimes et des dégâts importants, au point que par crainte de récidive, certains de ces établissements ont tout simplement fermé ou délocalisé leurs activités. Parmi les victimes, quelques morts, pour la plupart des jeunes, tandis que les rescapés gardent encore vivaces les traumatismes, en plus des balafres sur la tête, la poitrine ou le dos et sur les bras.  

Ce sont là les fameux «Kuluna», la nouvelle pègre qui a gagné les milieux de la jeunesse délinquante et qui sème la terreur et la désolation. Ces bandes rassemblées autour de chefs de gang, sont organisées, hiérarchisées.

Leur journée, avons-nous appris, commence par la drogue, généralement le chanvre indien, qu’ils fument et l’alcool fort qu’ils sirotent en plusieurs séances, comme pour se maintenir en permanence en état d’ébriété, sinon d’inconscience pour dominer la peur. Ainsi, ils ont perdu des sentiments humains, tels la pitié, l’émotion, le remord.

Leur âge oscille entre 13 et 18 ans et l’on se méprendrait facilement sur leur corpulence de mauvais garnements au point de sous-estimer leur agressivité et leur dangerosité.

Méfiez-vous de leur taille de gringalet : ce sont des criminels en puissance, des hors-la-loi qui narguent la police et jurent d’instaurer le règne de la terreur dans tous leurs fiefs.

Arrestation de leurs congénères, procès médiatisés des comparses et transferement de leurs acolytes condamnés dans des prisons des provinces éloignées de la capitale, n’ont eu aucun impact sur leur détermination à rendre Kinshasa invivable. Même les discours du ministre de la Justice, les menaces de l’Inspecteur provincial de la police ville de Kinshasa, se sont révélés des coups d’épée dans l’eau.

Car, le phénomène «Kuluna» est comme l’hydre de la légende. On coupe une tête, une autre repousse aussitôt pour dévorer la victime.

Des crimes à la pelle

Dans cette racaille que recèle Bandalungwa, deux bandes se disputent aujourd’hui le leadership de la criminalité. Il y a la bande à Tsukuma et celle à « Bedeux », deux « pépinières » de la pègre qui après le recrutement en 2009, de nouvelles unités, affichent désormais complet.   

De leur modus operandi, que peut-on retenir ?

L’on sait qu’ils opèrent souvent en groupe composé entre dix et vingt membres. Et l’attaque se déroule en plusieurs phases. Après le choix de la terrasse ciblée, généralement bondée des clients, un sous-groupe se charge de lancer des bouteilles vides ou pleines contre les murs. Le bruit de casse sème la panique. Désemparés, les clients se lèvent précipitamment de leurs tables, abandonnant téléphones, lunettes, sacs à main et autres effets personnels.

C’est en ce moment que l’autre sous-groupe va ramasser le butin dont des chaises et des tables en plastique, sous la couverture des guetteurs postés aux quatre coins de l’avenue.

Si le butin n’est pas consistant, toutes les terrasses situées sur leur parcours, feront les frais de leur violence.

Vendredi 5 mars, alors que la bande à Tsukuma progressait sur l’avenue Inga, un jeune garçon qui téléphonait et à qui on a tenté d’arracher son portable cellulaire, a opposé une résistance farouche. Il a attrapé un coup de machette sur le crâne qui lui a causé une grande blessure sur le cuir chevelu. Deux semaines après cette attaque, cette victime ne s’est pas encore remise de son traumatisme.

Un officier des Fardc en tenue civile qui se désaltérait dans une terrasse à l’immeuble Djamani, témoin de cette scène révoltante, a tiré un coup de feu en l’air pour dissuader les marginaux. Les délinquants se sont dispersés pour aller attaquer d’autres terrasses.

Les habitants des quartiers Adoula et Lumumba, victimes des agressions répétées de ces malfaiteurs, avaient appréhendé dernièrement un membre de cette pègre avec une machette comme pièce à conviction. Le lendemain de son arrestation au détachement de GMI ouest de la pépinière de Bandalungwa, le bandit était remis en liberté.

Au mois de janvier, ces hors-la-loi ont déferlé sur l’avenue Tulundi où les véhicules garés au bord de la chaussée ont vu leurs vitres, pare-brises et lunettes arrières voler en éclats. Ce qui a perturbé les obsèques organisées sur cette rue de Bandalungwa.

Les habitants qui en ont marre de ces agressions répétitives, alors que les adresses de ces malfaiteurs sont connues, jurent de se prendre en charge à la suite des attaques perpétrées sur des personnes innocentes.

La police provinciale ferait mieux d’éradiquer cette forme de violence qui nargue les autorités policières et judiciaires dans la ville de Kinshasa, et pourrait entraîner dans son sillage, toute la jeunesse désoeuvrée. 

 J.R.T.

 

 

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