Bandalungwa sous la botte d’éléments incontrôlés

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On ne connaît pas leur nombre, ni leurs identités, ni même leurs différents repaires. Des éléments incontrôlés dont on dit qu’ils sont en provenance d’un camp militaire proche, viennent tracasser les noctambules dans les rues noires de Bandalungwa, actuellement sous le régime des délestages diurnes et nocturnes.
Ce que l’on sait jusqu’à présent de ces bandes d’inciviques, avec certitude, c’est qu’ils opèrent nuitamment des extorsions et de rafles dans les quartiers Lumumba, Adoula, Tshibangu, Makelele et Lubudi.
A en croire ses aveux spontanés, un de ces malfaiteurs, en l’occurrence le lieutenant Kasereka Mavuanga, mieux connu sous le sobriquet de commandant Carlos, et aux arrêts, a dévoilé son mode opératoire qui serait identique à celui d’autres inciviques de son acabit. Dès la tombée de la nuit, affublés de leur tenue, ces
délinquants sortent de leurs refuges et déferlent dans les ruelles de Bandalungwa. La ronde commence par les alentours de petits marchés, où ces éléments incontrôlés espèrent croiser des vendeurs en route pour
leurs domiciles, afin de leur extorquer les recettes de ventes de la journée. Après leurs coups, ils replient vers leurs repaires avec leurs butins.
On retient toutefois du palmarès du lieutenant Kasereka, que le 15 avril dernier, il était 20 heures, quand Christian Itomi, cambiste de son état, résidant sur avenue Mavungu n°51, quartier Lubudi, a été menacé par cet élément incontrôlé. Le malfrat exigeait son sac à main contenant ses recettes. Craignant pour son intégrité physique, seul face à ce délinquant, le changeur de monnaies a lâché prise. Le bandit a arraché le colis et s’est aussitôt dirigé vers les rivages de la rivière Makelele.
La mort dans l’âme, Christian Itomi a continué à déplorer l’extorsion de son fonds de commerce, la somme de 750.000 FC et 235 dollars en différentes coupures, ainsi qu’un lot de cartes prépayées de différents réseaux des sociétés de télécommunications.
En effet, près de deux semaines après cette extorsion, le commandant Carlos n’avait plus aucun sou.
Une autre victime qui a requis l’anonymat, se plaint de la fouille à laquelle elle a été soumise au mois d’avril dernier. La dame reconnait qu’elle avait sur elle, la somme de 8.000 dollars de ristourne, et se rendait à son domicile au quartier Lumumba. Et lors de sa rencontre avec l’élément incontrôlé, ce dernier l’a fouillée et extorquée sous la menace d’une arme, le paquet de 8.000 dollars.
Un jeune homme, Claude Nzolantima «  Clozon », a croisé au cours de la même période, le même délinquant qui ne s’en prenait qu’aux gens qui détenaient sur eux, quelques fonds. Il ne comprend pas pourquoi
cet incivique l’avait ciblé parmi tant des piétons allant dans la même direction. Sur l’avenue Mavungu, Claude Nzolantima a répondu à l’interpellation de cet élément incontrôlé qui ne réclamait que de l’argent. «Donnez-moi tout ce que vous avez sur vous !» ne cessait de tonner ce malfaiteur qui lui a braqué une petite arme du genre
revolver.
La victime a cédé aux menaces. Cette nuit-là, il a perdu la garantie locative de 1.750 dollars qu’il s’apprêtait à verser le lendemain auprès de son nouveau bailleur.
Ce genre d’extorsions est enregistré malheureusement à Bandalungwa au moment où sévit encore la vague des «Kuluna». Ces derniers ont refait leur apparition dans certaines avenues, se cachant dans les champs cultivés dans quelques écoles non gardées par des sentinelles. Ce qui place les habitants de cette commune entre deux feux.
De leurs plaintes, ils ne réclament aux autorités qu’une chose, le retour de la quiétude et l’arrestation de ces malfaiteurs qui insécurisent les différents quartiers. Pour eux, si ces efforts ne sont pas déployés, Bandalungwa demeurera pour longtemps encore un grand fief de malfaiteurs de tous acabits.
La police du Commissariat de Bandalungwa devrait enquêter sur ces différentes plaintes, localiser la menace et les voies par lesquelles les inciviques pénètrent dans la commune, avant de se déployer vers
les lieux d’agressions, et celles empruntées pour regagner leurs refuges.
J.R.T