Bancarisation de la paie des agents de l’Etat : doublons, fictifs et déserteurs menacent toujours le système

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159241452_0C’est à un diagnostic sans complaisance que se sont consacrés, vendredi 19 juillet 2013, et pendant plus de trois heures, les membres du Comité de suivi de la bancarisation de la paie des agents de l’Etat, au cours de leur réunion d’évaluation des opérations en cours, sous la direction de leur président, Jean-Louis Kayembe wa Kayembe, le directeur général en charge de la politique monétaire et des opérations bancaires de la BCC. Trois invités exceptionnels, ils ont pris part auparavant, à une séance d’échanges qui a abouti à quelques orientations pour cette structure technique du gouvernement. Il s’agit du ministre de la Fonction publique, Jean-Claude Kibala, du gouverneur de la Banque centrale, Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, et du vice-gouverneur de l’Institut d’émission.

En effet, les cas de doublons aggravés avec l’utilisation de fausses cartes de service, des fictifs et des déserteurs, détectés dans 35 territoires à l’intérieur du pays, et qui continuent encore à mettre en péril le système, ont été diagnostiqués par les experts du gouvernement, des banques commerciales, des sociétés de téléphonie cellulaire et de Caritas. Dans son intervention, le ministre de la Fonction publique a évoqué quelques missions d’inspection effectuées en provinces et qui lui ont permis de se rendre personnellement compte des difficultés réelles entravant encore la poursuite du processus de bancarisation de la paie des agents de l’Etat dans l’arrière-pays. Jean-Claude Kibala a cité les cas de 500 doublons épinglés sur base de fausses cartes de service. Il a insisté sur le retour d’informations, particulièrement des rapports des opérations déjà effectuées dans les territoires.  Ce qui permettra à son ministère de pouvoir nettoyer les fichiers, de dresser des listings des effectifs réguliers, recensés, afin de maîtriser toute la chaîne de la paie. Sur base des informations introduites dans leur banque de données, ses services ont pu découvrir de nombreux cas de doublons. 4.000 agents qui perçoivent 4 fois les salaires ont été décélés. Pour le titulaire de la Fonction publique, cela donne des effectifs de l’ordre de 16.000 unités. Et si les fichiers sont nettoyés, c’est à peu près 12.000 nouvelles unités sans affectation qui seront mécanisées et bancarisées à leur tour.

Pour mettre un terme à ces cas de fraude avérée, Jean-Claude Kibala est tenté par un nouveau système infalsifiable de prélèvement d’empreintes digitales, avant de préciser au passage que sur certains ordinateurs performants, est installé un lecteur d’empreintes digitales.

            Le ministre de la Fonction publique n’a pas manqué de relever aussi le problème d’envoi des fonds aux banques commerciales situées ailleurs, entraînant plusieurs jours de déplacement des fonctionnaires vers les agences de ces établissements de crédits. Il a également déploré le cas des banques qui ont reçu des fonds insuffisants par rapport aux effectifs à payer, et celles qui ont procédé à la paie partielle des agents et gardent des reliquats sans les ristourner à son ministère. Devant ces problèmes, notamment celui de la sécurité nationale à l’Est, il attend des propositions de mesures à prendre qu’il pourra soumettre au conseil des ministres. Là où le système marche, il a souhaité qu’il soit perfectionné. Mais là où ça boîte, il préconise qu’on recourt à Caritas ou aux sociétés de téléphonie cellulaire dans le cadre de mobile banking.

            Le système requiert une banque de données fiable et des structures bancaires de proximité opérationnelles

            Intervenant à son tour, le gouverneur de la BCC a insisté pour que l’objectif d’endiguer les cas de fraude constatés jusqu’ici, soit poursuivi sans relâche. Car, la maîtrise de la paie des agents de l’Etat en dépend. Pour ce faire, il a recommandé aux membres du Comité de suivi de la bancarisation, d’innover et d’agir avec professionnalisme pour boucler toutes ces opérations sur l’ensemble du territoire national. Là où les banques et les sociétés de téléphonie cellulaire sont absentes, il a plaidé pour que l’on s’appuye sur Caritas ou l’ordonnateur-délégué dans les provinces. Il espère que dans certains territoires, les agences de banques pourront disposer des véhicules sécurisés pour convoyer les fonds, notamment des guichets mobiles.

            Le président du Comité de suivi de la bancarisation de la paie qui se réjouit de plusieurs étapes franchies avec déjà 154 territoires couverts par le système, a exhorté pour sa part, les banques commerciales à payer les salaires des ayants-droit sur base des listings et des fonds reçus, en attendant que les correctifs soient apportés au système. Car, cela entraîne des frustrations et une perturbation du travail pour les fonctionnaires et les enseignants qui ne sont pas payés. Cela est préjudiciable au bon fonctionnement de certains services de l’Etat et des écoles. S’agissant des cas de non paiement des agents pour les mois de mai et de juin, Jean-Louis Kayembe wa Kayembe recommande aux banques de faire rapport rapidement et de remettre ces fonds aux agences de la Banque centrale. Le système doit être opérationnel et bouclé d’ici deux mois. Car, l’on compte sur la fiabilité des informations à lui communiquer et desquelles dépendent des solutions à adopter, notamment la célérité dans la paie des salaires et le traitement des cas litigieux.

            Il a fait remarquer que grâce à ces opérations, les banques découvrent enfin qu’elles peuvent faire du business dans certains territoires où elles étaient absentes. Elles pourront ainsi devenir des banques de proximité au service de l’économie de nos provinces. La réussite de cette opération, a-t-il fait savoir, pourra impacter sur la maîtrise des effectifs et  de la chaîne de la paie. Car, le challenge à gagner est de réussir que la paie des agents de l’Etat, des militaires et des policiers puisse intervenir à la même date dans tous les coins du pays. Et cela, il tient à le réussir coûte-que-coûte avec le concours de tous ses membres. La prochaine réunion interviendra le mercredi 24 juillet 2013.                                                                    J.R.T.

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