Balles perdues : inquiétant syndrome !

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L’insécurité à Kinshasa, ce n’est plus seulement le fait des professionnels du crime, d’éléments incontrôlés en uniforme et des « Kuluna ». C’est aussi ce phénomène bizarre des balles qui sortent du néant pour semer la mort et attenter à l’intégrité physique d’innocents. Pas plus tard qu’hier lundi 28 février 2011, une balle dite « perdue » est tombée dans la cour d’une école, au beau milieu d’écoliers en pleine séance de récréation. L’un d’eux a failli passer de vie à trépas, n’eut été la faiblesse de l’impact sur sa tête.

 D’où provenait la balle de malheur ? Qui l’a fait sortir de la chambre de son arme ? Pourquoi le tireur inconnu a-t-il choisi cette heure-là et cette école-là pour lâcher son projectile ? Hélas, ces questions restent sans réponses, à l’instar de celles que l’on continue de se poser après la tragédie du vendredi 25 février courant au camp Lufungula. Pourquoi, sous prétexte de lâcher une salve d’honneur en hommage à la mémoire de l’inspecteur Moba, un policier a-t-il visé la foule d’invités, tuant le major Richard Mulumba du Service des Renseignements Militaires (ex-Demiap) et le commissaire Abwa ?

 L’histoire des balles perdues, à Kinshasa, n’a pas commencé avec les bavures du Camp Luka, ni du Camp Lufungula. C’est pratiquement au quotidien que les résidents de la capitale vivent, depuis un certain temps, au rythme d’engins et munitions de la mort manipulés par des individus qui paraissent échapper à tout contrôle de la hiérarchie militaire et policière, à moins qu’il ne s’agisse de malfaiteurs professionnels.
 Dans l’un ou l’autre cas, Kinoises et Kinois veulent savoir pourquoi cela leur arrive-t-il de plus en plus, même en pleine journée. Que se passe-t-il dans la ville, pour que des balles se mettent à voler haut dans tous les sens, mettant en péril tout le monde et personne à la fois ? En l’absence d’une réponse convaincante, tout le monde et chacun sont en droit de redouter désormais une rencontre fortuite avec la mort par balle dans la rue, la cour d’une école, au détour d’une rue, sur l’allée d’un marché, au parking des bus et taxis, sur un terrain de sport, sur la chaise d’un kiosque à boissons, etc.
 La détention d’armes et munitions ne serait-elle plus contrôlée au niveau des troupes de la police et de l’armée ? La dissipation des munitions, en temps de paix, aurait-elle cessé d’être une infraction ? Les auteurs des bavures policières ou militaires seraient-ils réellement traduits devant la justice militaire et sévèrement sanctionnés ? L’impunité des donneurs de la mort gratuite n’aurait-elle pas fait des émules ?
 En tous les cas, les hommes, les femmes et les femmes habitant Kinshasa attendent des signaux forts de la part de l’Inspection provinciale de la police, dont le numéro un a recommencé à donner de la voix pour rappeler à ses troupes leurs responsabilités en matière de sécurisation des personnes et de leurs biens. L’opinion pense qu’il faut une opération « tolérance zéro » en direction des commandants de la police et des policiers qui semblent hors périmètre chaque fois que des situations d’insécurité se présentent dans leurs secteurs. Il est en effet anormal que des balles perdues se multiplient dans une ville où les sous-commissariats de police connaissent une véritable inflation, tant on les rencontre pratiquement sur tous les 200 ou 300 mètres. Que vaut la police de proximité, si elle n’est pas en mesure d’identifier et de neutraliser rapidement les semeurs de l’insécurité ?
Kimp

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