Badibanga invite le gouvernement et la CENI à abattre leurs cartes

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Samy-BadibangaEn marge de l’Arrêt de la Cour Constitutionnelle invitant le gouvernement à prendre des « mesures exceptionnelles » et la CENI à « évaluer le calendrier électoral », le député national Samy Badibanga, président du Groupe parlementaire « UDPS et Alliés » a fait, comme constat majeur, que cette haute juridiction a cautionné le glissement. De l’étranger où il séjourne, il s’étonne que les deux institutions n’aient pas reçu l’injonction de respecter à tout prix le délai constitutionnel relatif à la tenue de l’élection présidentielle, soit le 27 novembre 2016.

Quant aux élections législatives nationales, elles pourraient, soit être couplées avec la présidentielle, soit être décalées de quelques mois, car les mandats des députés nationaux courent jusqu’en mars 2017. A son avis, les élections provinciales devraient être organisées en urgence, car les députés provinciaux sont hors mandat depuis 2011.

S’agissant du financement du processus électoral, ce parlementaire fustige la mauvaise foi du gouvernement. A propos des moyens, Samy Badibanga révèle qu’en 2012, l’Assemblée Nationale avait inscrit, dans la loi financière, un fond de 252,500 millions de dollars américains pour les élections ; 241,500 millions en 2013 ; 248,500 millions en 2014 et 60 millions pour le premier trimestre 2015, ce qui représente un total de plus de 800 millions de dollars qui auraient dû être mis à la disposition de la CENI. Selon lui, le gouvernement n’a versé qu’en tout et pour tout 124 millions de dollars américains dans la caisse de la CENI, soit environ 16 % du budget voté pour le processus électoral.

«Où passée la différence ? », s’interroge-t-il, avant de fustiger les dépenses non autorisées dans lesquelles s’illustre l’Exécutif national depuis quelques mois. Il cite, au passage, les cas de l’immeuble du gouvernement à la place « Royal », à Kinshasa/Gombe, la ferme agro-industrielle de Bukanga-Lonzo, dans la province du Bandundu, l’achat de deux Airbus pour la compagnie nationale aérienne Congo Airways, etc.

Le président du groupe parlementaire « UDPS et Alliés » signale aussi le phénomène des dépassements dans les dépenses publiques au niveau de la Présidence de la République et de la Primature, dans une fourchette allant de 50 à 150 %.

Compte tenu des retards qui ne font que s’accumuler par rapport au calendrier électoral global rendu public en février 2015, Samy Badibanga pense que la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) doit fixer l’opinion nationale si elle est réellement en mesure d’organiser les 5 scrutins directs inscrits à son calendrier. Dans le cas contraire, elle serait bien inspirée de faire un aveu d’impuissance, afin que tout le monde réduise sa part de comédie et prenne conscience de l’impératif de discuter d’un calendrier électoral consensuel.

Au vu de l’échec presque certain de l’exécution du calendrier électoral actuel, ce député national voudrait que la part des responsabilités de chaque partie soit dégagée.

Dans ce cas, il pense que le gouvernement, qui ne sait justifier la destination prise par la bagatelle d’au moins 800 dollars américains votés pour le processus électoral, entre 2012 et 2015, ferait mieux de démissionner. Quant à la CENI, compte tenu du caractère pollué du fichier électoral en vigueur, avec la présence de nombreux électeurs morts, de détenteurs de fausses cartes d’électeurs suite aux vols des kits électoraux enregistrés à l’Est du pays, des changements d’adresses… elle devrait nettoyer le fichier électoral, et non s’arrêter à l’opération de fiabilisation, du reste illégale, car non prévue par les textes légaux.

Partant des contacts entre la Présidence de la République et l’UDPS, dans une sorte de pré-dialogique, il demande à tous ceux qui s’agitent de se calmer, car rien n’est décidé. Il a toutefois recommandé aux deux parties de ne pas verser dans l’exclusion des autres forces politiques et sociales, notamment les autres partis de l’Opposition et les organisations de la Société Civile. Il souhaiterait même, pour besoin de transparence et de légalité, que le Dialogue soit avalisé par le Parlement.

                                                Kimp.