Les avocats de Moïse Katumbi bloquent le TGI/ Lubumbashi

1
363

Le collectif des avocats de Moïse Katumbi, sous la coordination du
Bâtonnier Joseph Mukendi, a contraint hier jeudi 20 juillet 2017, le
Tribunal de Grande Instance de Lubumbashi à se dessaisir du dossier de
leur client et à le transférer à la Cour Constitutionnelle, à
Kinshasa. La défense a soulevé, au cours de l’audience d’hier, la
seconde de la série dans l’acte d’appel de l’ancien gouverneur de
l’ex-province du Katanga, une exception fondée sur
l’inconstitutionnalité de la note circulaire du Premier Président de
la Cour Suprême de Justice interdisant à tous les greffiers de
Lubumbashi de recevoir les récusations de l’intéressé, au motif qu’il
s’agirait de manœuvres dilatoires destinées à tirer les procédures
judiciaires en longueur. On signale que Moïse Katumbi a récusé 29 des
30 juges du Tribunal de Grande Instance de Lubumbashi.

L’élégance des juges de cette  juridiction de se dessaisir du dossier
en attendant l’avis de la Cour Constitutionnelle sur le caractère
inconstitutionnel ou non de la Circulaire du numéro un de la Cour
Suprême de Justice a été saluée par la défense. Pour une des rares
fois dans le traitement de l’affaire de spoliation immobilière
opposant Emmanuel Alexandros Stoupis à Moïse Katumbi, dans laquelle ce
dernier avait été condamné à trois ans de prison en juin 2016 par le
Tribunal de paix de Kamalondo, alors qu’il se trouvait en séjour
médical à l’étranger, avec l’autorisation du Parquet général de la
République, le droit a triomphé.
On rappelle que dans ce feuilleton judiciaire, la juge-présidente de
cette juridiction, qui se trouve en exil à l’étranger, avait révélé
avoir signé sous contrainte, l’acte de condamnation de Moïse Katumbi.
C’est le lieu de signaler aussi que dans la nuit de mardi 18 à
mercredi 19 juillet 2017, un des juges commis à ce dossier au niveau
du Tribunal de Grande Instance de Lubumbashi, le nommé Jacques Mbuyi,
a été victime d’une attaque armée de la part d’un groupe d’inconnus
qui lui ont tiré huit balles, le blessant grièvement et l’obligeant à
laisser sa place à un autre magistrat au niveau du siège. Selon les
milieux judiciaires de Lubumbashi, cet homme en toge noires s’est
toujours affiché comme un magistrat jaloux de son indépendance et
réfractaire à toute tentative d’instrumentalisation de la justice.
D’où l’idée qui s’est installée dans une large frange de l’opinion
tant nationale qu’internationale selon laquelle l’affaire Moïse
Katumbi serait politisée. Pour l’instant, tout le monde reste les yeux
et les oreilles tournés vers la Cour Constitutionnelle, qui devrait se
prononcer sur l’instruction du Premier président de la Cour Suprême de
Justice à tous les greffiers de Lubumbashi.
KIMP

1 COMMENT

Comments are closed.