NON AUX PROLONGATIONS :les 32 ans de Mobutu n’ont donc pas suffi…

0
26

Le débat sur la révision constitutionnelle en République Démocratique du Congo tourne autour d’un seul point : la nécessité pour le Président de la République en fonction de solliciter à volonté les suffrages populaires afin de mener à son terme l’œuvre de modernisation du pays.

         Ceux qui usent aujourd’hui de cet argument semblent avoir des trous de mémoire. Il n’y a pas longtemps, les mêmes critiquaient à volonté Mobutu, un homme qui avait choisi de s’appeler « Seko » pour signifier à la nation et au monde qu’il exerçait un pouvoir éternel. Et pour mieux se faire comprendre, il avait déclaré qu’on ne l’appellerait jamais « ancien Président Mobutu ». L’histoire s’étant chargée de lui donner tort, ses pourfendeurs ont eu beau jeu de démontrer le caractère maléfique d’un pouvoir dont nul ne connaît la durée.

Aujourd’hui, Mobutu et ses trente-deux ans de pouvoir sont oubliés. Mieux, il est devenu l’exemple à suivre, au nom de la nécessité de moderniser la République. Une nécessité pourtant prise en compte par le peuple lors de l’adoption de la loi fondamentale qui impose au Président de la République un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Le second mandat est destiné à parachever les initiatives mises en chantier au cours du premier.

Ceux qui en appellent aujourd’hui au tripatouillage de la Constitution pour ouvrir la porte à des mandats ininterrompus oublient qu’ils ne contribuent nullement à la réalisation de l’être et de la Cité. Dans tous les pays qui ont introduit la limitation des mandats, il existait cette possibilité pour un président sortant de se représenter  jusqu’à ce que  les forces le quittent. Si l’on est arrivé à la limitation des mandats, c’est parce qu’il a été finalement constaté que le poste de Président de la République est très éprouvant et très stressant. Face aux immenses défis auxquels il est confronté, le Président de la République donne tout ce qu’il a dans la tête et son ventre au cours de deux mandats. Après, il n’est plus que l’ombre de lui-même, pour ne pas dire l’otage des clans et d’un système où seuls les prédateurs ont voix au chapitre.

         Evitons d’engager notre pays sur cette voie du déclin. Ceux qui défendent ce système ne visent pas le bonheur de notre peuple. Ils cherchent seulement à se servir, à installer leurs familles et leurs amis à travers un pouvoir de prédation exercé par des présidents par procuration.

         A ceux qui nous disent aujourd’hui qu’il faut durer au pouvoir pour réussir, nous les renvoyons à la renaissance de l’Allemagne Fédérale, pays complètement détruit pendant la seconde guerre mondiale, pour rappeler que quelques années après la grande guerre, ce pays relevait la tête et jetait, avec la France de Charles de Gaulle, les fondements de la Communauté économique européenne.

         Il y a beaucoup de choses à faire dans la vie. Par exemple : rédiger ses mémoires…

Joseph YavKitend

Unikin

LEAVE A REPLY

*