Des autochtones congolais absents du festival Ridou-Ridou

0
68

Le peuple autochtone de la République démocratique du Congo ne participera pas au festival Ridou-Ridou prévu à Norvège. Confirmation faite par le chargé de planification et le président du groupe culturel « Bokoko na Biso » lors d’un point de presse qui s’est tenu
le lundi 10 juillet 2017 au siège de la dynamique des peuples autochtones dans la commune de la Gombe.

Selon John Benani, chargé de planification et pygmée de Bikoro, en 2015, la dynamique des peuples autochtones, avec ses partenaires avait organisé le Festival international des populations autochtones. Au nombre des invités, il y avait les responsables du festival
Ridou-Ridou. Ces derniers, après avoir vu l’expérience des populations autochtones de la RDC, avaient adressé une invitation au groupe culturel « Bokoko na Biso » .

Malheureusement, après plusieurs mois de préparation, le visa Shengen
n’aurait pas été accordé aux membres du groupe. Motif avancé, ces
pygmées n’auraient pas présenté des garanties de retourner en RDC une
fois le festival terminé. Et pourtant, ils avaient le soutien du
gouvernement à travers les ministères de l’Environnement ainsi que de
la culture et des Arts. Et, il y a de cela trois ans, toute l’équipe
qui était partie en Europe était rentrée au complet en RDC.
Attitude décriée par Bola Bobonda Emmanuel, président de ce groupe
culturel. Il a estimé que ceci est une autre forme de discrimination
du peuple autochtone. C’est depuis 1989 qu’il avait  commencé à
effectuer des voyages internationaux pour valoriser la culture
congolaise à travers son groupe. Il a séjourné dans plusieurs pays
pour la promotion de la culture congolaise.
Lui et son groupe n’ont pas intérêt à rester en Europe car, ils n’ont
pas des membres de famille et ne connaissent aucune langue
internationale. A travers les pièces qu’il présente, son groupe oeuvre
pour la promotion de la culture congolaise et permet aux générations
futures d’améliorer ce qui n’a pas été bien fait. Il a appelé à un
soutient de tous car, il est temps que le peuple pygmée soit émancipé.
Boyo Louise, membre de ce groupe culturel, a aussi ses regrets. Elle
a estimé que la femme autochtone a manqué une occasion qui devrait lui
permettre de s’exprimer et rencontrer ses semblables dans le monde. En
RDC, les pygmées ont des forêts au pays qu’ils protègent et ne peuvent
pas se volatiliser une fois  arrivés en Europe. C’est une manière de
les garder dans la tombe a estimé cet artiste.
Yves Kadima