Auto-évaluation de la CENI : Ngoy Mulunda tombe dans son propre piège

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A l’initiative du Bureau de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), un atelier d’auto-évaluation de la première phase du processus électoral de 2011 s’est ouvert le mardi 10 avril 2012 à Kinshasa. Cette institution d’appui à la démocratie revisite, avec le concours de ses partenaires plusieurs segments de ce processus électoral : enrôlement, fichier électoral, serveur central, violences pré et post-électorales, campagne électorale, déploiement des kits électoraux, cartographie des bureaux de vote, déroulement des scrutins, compilation des résultats, proclamation des résultats, coûts financiers, utilisation des fonds, etc.

Le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, président du bureau de la CENI, et ses collaborateurs s’attendaient sans doute à un entérinement automatique de leur rapport de travail, avant de passer aux étapes suivantes, celles de l’organisation des élections des députés provinciaux, des gouverneurs de provinces, des sénateurs, des maires des villes, des conseillers urbains, des bourgmestres, des conseillers municipaux, des chefs de secteurs et des conseillers de secteurs.
Hélas, après le tralala des discours officiels mardi, la journée d’hier mercredi 11 avril a été celle d’une douche froide pour le staff de cette institution d’appui à la démocratie. Les bailleurs de fonds de la CENI – l’Union Européenne en tête – ont posé comme préalables à leur participation au financement des étapes futures du processus électoral un audit général des opérations électorales, et des finances.

Les partenaires de la CENI exigent des réponses claires aux préoccupations soulevées dans les rapports des missions d’observation électorale tant nationales qu’internationales. Ils sont convaincus que le peuple congolais a été victime d’un hold up électoral qui appelle absolument réparation. Concrètement, la CENI devrait s’expliquer sur l’opacité du fichier électoral, l’inaccessibilité de son serveur, les doublons, les bulletins de vote parallèles en libre circulation avant le élections, les bulletins de vote cochés en dehors des bureaux de vote, l’absence des procès-verbaux des résultats, la compilations des résultats dans des villes et localités ayant enregistré des pertes de colis électoraux (cas de Kinshasa et de Mbuji-Mayi).

Audit financier incontournable
Tous les partenaires (Union Européenne, Coopération britannique, gouvernements occidentaux et américain) ayant participé au financement des élections tiennent à avoir clair dans l’utilisation des fonds. A ce sujet, la CENI et le PACE/Pnud (Projets d’Appui aux Cycles Electoraux) sont spécialement épinglés. Obligation leur est faite d’éclairer la lanterne de tous sur la nature des dépenses engagées dans l’organisation technique et matérielle des élections.
L’audit financier s’avère incontournable. A défaut, les robinets vont rester hermétiquement fermés. Ngoy Mulunda et son équipe sont appelés à se justifier à propos des allégations de détournement des fonds qui circulent autour de leur gestion.

Bye bye CENI ?
Dans la foulée de l’atelier d’auto-évaluation, il a été donné d’apprendre que le gros des résultats diffusés par la CENI aurait été l’œuvre du travail de compilation d’un expert du PNUD, qui ne se serait appuyé sur aucun soubassement. En effet, les procès-verbaux qui auraient dû accompagner les résultats auraient fait gravement défaut.

En conséquence, les partenaires exigent qu’avant de reprendre les autres phases du processus électoral, le staff actuel de la CENI rende le tablier et que cette institution d’appui à la démocratie soit complètement restructurée. A leur avis, un nouveau pouvoir organisateur des élections, piloté par des personnalités intègres, compétentes et effectivement indépendantes devrait voir le jour en lieu et place de la CENI. Si le peuple congolais veut avoir, à l’avenir, des élections réellement libres et transparentes, une croix devrait être mise sur l’équipe de Daniel Ngoy Mulunda et l’institution qu’elle pilote présentement.

Ainsi donc, ce ministre de Dieu qui pensait s’offrir une promenade de santé dans le cadre de l’auto-évaluation, est tombé dans son propre piège. En lieu et place d’un forum de détente et d’auto-satisfaction, les participants exigent qu’il leur rendes comptes.

Kimp

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