Au pays des Nelson Mandela : les Congolais s’insurgent contre les manoeuvres en vue de la révision de l’article 220 de la Constitution et revendiquent la citoyenneté pleine et entière de tous les Congolais de la diaspora

0
90

DeboutCongolais-640x400La République sud-africaine, qui entretient des relations étroites avec la République Démocratique du Congo est le pays du monde qui héberge actuellement le plus de migrants sur son sol. Depuis la fin de l’odieux régime d’Apartheid, l’Afrique du Sud fascine et n’a cessé d’attirer des personnes des pays du monde entier, y compris les Congolais qui s’y retrouvent en grand nombre. Il s’agit non seulement des personnes qui ont immigré pour y travailler, mais aussi des migrants forcés comme les demandeurs d’asile et les réfugiés qui ne pouvaient gagner l’Europe ou l’ Amérique.

En fonction de sa promixité avec le pays, du nombre et de la qualité de ses membres (ingénieurs, infomaticiens, médecins, pharmaciens, chimistes, juristes, infirmiers, informaticiens, économistes, mathématiciens, enseignants, femmes et hommes d’affaires ou d’églises…), la Diaspora congolaise en Afrique du sud reste l’une des plus importantes si pas la plus importante Diaspora congolaise dans le monde. Elle pèse lourd et compte tenu de sa proximité, sa voix ne saurait être négligée.

Réunis le samedi 10 août 2013 à la Cathédrale Christ The King (Christ Le Roi) de Johannesburg à l’occasion de la conférence organisée par le Mouvement Congo Paradis (M.C.P), un movement apolitique, citoyen et sprirituel de revendication des droits de la nation congolaise, et animée sur le sujet de la Constitution de la République et le devenir de notre nation par Monsieur André Mbata Mangu, professeur ordinaire à la Faculté de Droit de l’ Université de Kinshasa et professeur de Recherche au sein du Collège de Droit de l’Université d’Afrique du Sud,  de nombreux compatriotes résidant au pays de Nelson Mandela se sont prononcés sur les enjeux de l’heure au pays, spécialement sur le débat touchant à la révision constitutionnelle lancé par le livre du Professeur Evariste BOSHAB, Secrétaire général du PPRD, ainsi que sur le  droit de vote des Congolais de la Diaspora et leur participation aux institutions nationales comme citoyens congolais à part entière.

Les compatriotes vivant en Afrique du Sud rappellent d’abord l’évidence suivant laquelle le Congo nous appartient à nous tous et se mettra véritablement debout non pas grâce à une quelconque main étrangère ou à des étrangers qui aimeraient le Congo plus que les Congolais eux-mêmes, mais plutôt par l’action conjuguée de toutes ses filles et de tous ses fils et seul l’avènement et la consolidation d’un Etat de droit démocratique est de nature à sortir notre pays de ses multiples crises et de favoriser son développement et le bien-être de tous ses enfants, tout en lui permettant d’occuper la place qui lui revient légitimement en Afrique et dans le monde.

Ils s’insurgent contre la situation dans laquelle se trouve présentement notre peuple, soumis à une tutelle internationale, victime à la fois d’une agression étrangère injuste et d’une gouvernance chaotique aux plans politique, économique et social, qui l’ont réduit au rang des pays les plus pauvres alors qu’il devait jouer les premiers rôles dans la renaissance de l’Afrique et dans le concert des nations du monde.

Ils sont révoltés par les souffrances indicibles endurées pendant des décennies par notre peuple, pris en otage par une classe politique insouciante et égoïste, à la recherche effrénée du pouvoir et de l’argent et qui s’est trouvée malheureusement des répondants dans la société civile, y compris dans la classe intellectuelle du pays.

Les compatriotes vivant en Afrique du Sud qui suivent de très près la situation au pays s’intéressent aussi aux concertations politiques en vue et parlent plutôt de “Dialogue national”, tout en insistant sur le fait qu’un tel dialogue serait néanmoins un non-événement s’il n’était pas inclusif et orienté vers le bien de notre peuple et s’il devait constituer un cadre de concertations pour violer la constitution ou servir de forum de repositionnement politique, de la préservation et du partage du pouvoir et de l’argent par ceux qui ne parlent du peuple que du bout des lèvres et dans leurs déclarations publiques, tout en recherchant leurs propres intérêts.

S’agissant de la révision constitutionnelle, ils réaffirment que les dispositions de l’Article 220, y compris celle touchant au nombre et à la durée des mandats du Président de la République, ne peuvent faire l’objet d’ aucune révision, rejoignant en cela la position déjà adoptée par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), l’Association des professeurs de l’Université de Kinshasa (APUKIN), l’ Association congolaise de défense des droits de l’homme (ASADHO), l’Institut pour la démocratie, la gouvernance, la paix et le développement en Afrique (IDGPA) ainsi que l’ensemble des partis de l’Opposition qui se sont prononcés individuellement ou collectivement lors du dernier Conclave de l’Opposition politique.

Il faut rappeler qu’ébranlé par ces différentes prises de position, en réponse à une question d’un journaliste de la Radio France Internationale, l’Honorable Aubin Minaku, Président de l’Assemblée nationale et Secrétaire général de la Majorité présidentielle avait également affirmé que le Président de la République, “Autorité morale” de la Majorité, se soumettrait à la Constitution, une façon de dire que le Président de la République ne s’accrochera pas au pouvoir et qu’il quittera effectivement son poste en 2016 pour permettre une alternance politique pacifique et constitutionnelle dans le pays.  Cette position avait été endossée plus tard par des personnalités telles que l’Honorable Ramazani Shadari, Président du Groupe parlementaire PPRD,  l’Honorable François Bokona, Président de la Commission PAJ à l’Assemblée nationale, et par le Ministre Lambert Mende, Porte-parole du Gouvernement.

Pour mettre un terme à tous les bruits et aux messages contradictoires provenant de certaines personnalités se réclamant de lui, siffler la fin de la récréation dans son propre camp, pour ne pas donner l’impression que les avocats de la révision parlent en son nom et qu’il se préparerait effectivement à violer la Constitution, les compatriotes vivant en Afrique du Sud  demandent instamment au Président de la République qui, dans le serment prêté avant son entrée en fonction, avait juré solennellement devant Dieu et la nation de l’observer et de la défendre en toutes circonstances, de donner à présent le ton en réaffirmant formellement et personnellement, devant le même Dieu et la même nation son engagement à respecter et à faire respecter scrupuleusement les dispositions de la Constitution, spécialement son Article 220. Ils demandent également à tous les responsables et membres des autres institutions de la République, en particulier l’Assemblée nationale et le Sénat, ainsi qu’à tous les responsables des partis politiques, surtout ceux de la Majorité, et de la société civile de prendre le même engagement s’ils recherchent vraiment le bien de notre peuple et œuvrent pour l’avènement d’ un Etat de droit démocratique dans notre pays et non pas pour la mort ou l’“inanition” que le Professeur Evariste Boshab avait évoqué dans un récent ouvrage.

            Par ailleurs, la Diaspora congolaise en Afrique du Sud demande à notre peuple de rester mobilisé contre tous le partisans et artisans de la politique du ventre et contre tous les “fantassins”, “cavaliers” et “parachutistes” tambourinaires du pouvoir afin de se prendre en charge et résister à toute révision de l’Article 220 de la Constitution en recourant au besoin à l’Article 64 qui lui fait obligation de s’opposer à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution.

            En attendant le réengagement solennel et personnel du Président de la République, de principaux leaders des partis politiques, surtout ceux de la Majorité au pouvoir, et des responsables de différentes composantes de l’Opposition politique et de la société civile tout en réfutant toute “concertation” ou tout “dialogue” au sujet des dispositions constitutionnelles verrouillées ou intangibles, les Congolais d’Afrique du Sud demandent à tous les compatriotes au pays tout comme dans la Diaspora de signer massivement la pétition contre toute révision de l’Article 220 de la Constitution initiée par l’IDGPA et soutenue par plusieurs autres forces sociales et politiques afin de  marquer ainsi notre attachement inconditionnel à l’établissement d’un Etat de droit démocratique dans notre pays.

            S’agissant des droits des Congolais vivant à l’ étranger, les compatriotes vivant en Afrique du Sud estiment avec raison que tous les Congolais des deux sexes, âgés de dix-huit ans révolus, jouissent de leurs droits civils et politiques, y compris le droit d’être électeurs et éligibles ou de prendre part à la vie politique du pays et l’exercice de ce droit étant réglementé par la loi électorale comme une matière législative ne nécessitant aucune révision constitutionnelle, ils exigent que ce droit constitutionnel et la représentation au sein des institutions nationales, en particulier le Parlement, soient reconnus à tous les Congolais et que toutes les dispositions légales et réglementaires soient urgemment prises pour permettre à la Diaspora congolaise d’en jouir à partir des prochaines élections nationales.

            Ci-dessous, in extenso, l’importante et historique Déclaration de la Diaspora congolaise en Afrique du Sud.

DECLARATION DE LA DISAPORA CONGOLAISE EN AFRIQUE DU SUD CONCERNANT L’ARTICLE 220 DE LA CONSTITUTION, LE DIALOGUE NATIONAL, LE DROIT DE VOTE ET L’ENTIERE CITOYENNETE DES CONGOLAIS VIVANT A L’ETRANGER

Nous, personnalités indépendantes, représentants des partis politiques  et des associations de la société civile et ressortissants de la République Démocratique du Congo résidant en République sud-africaine;

Réunis ce samedi 10 août 2013 à la Cathédrale Christ The King (Christ Le Roi) de Johannesburg à l’occasion de la conférence organisée par le Mouvement Congo Paradis (M.C.P) et animée par le Professeur André Mbata Mangu au sujet de la Constitution de la République et le devenir de notre nation;

Considérant l’inacceptable situation dans laquelle se trouve présentement notre peuple, soumis à une tutelle internationale, victime à la fois d’une agression étrangère injuste et d’une gouvernance chaotique aux plans politique, économique et social qui l’ont réduit au rang des pays les plus pauvres alors qu’il devait jouer les premiers rôles dans la renaissance de l’Afrique et dans le concert des nations du monde;

Considérant les souffrances indicibles endurées pendant des décennies par notre peuple pris en otage par une classe politique insouciante et égoïste à la recherche effrénée du pouvoir et de l’argent et qui s’est trouvée malheureusement des répondants dans la société civile, y compris dans la classe intellectuelle du pays;

Considérant que le Congo nous appartient à nous tous, qu’il ne se mettra véritablement debout que par l’action conjuguée de toutes ses filles et de tous ses fils et que seul l’avènement et la consolidation d’un Etat de droit démocratique est de nature à sortir notre pays de ses multiples crises et de favoriser son développement et le bien-être de tous ses enfants tout en lui permettant d’occuper la place qui lui revient légitimement en Afrique et dans le monde;

Considérant l’attachement de notre peuple à la Constitution de la République qu’il avait adoptée par référendum ainsi que l’opposition à toute révision de son Article 220 telle que manifestée par la société civile, particulièrement la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), l’Association des professeurs de l’Université de Kinshasa (APUKIN), l’ Association congolaise de défense des droits de l’homme (ASADHO), l’Institut pour la démocratie, la gouvernance, la paix et le développement en Afrique (IDGPA), et telle que soutenue par l’ensemble de l’Opposition politique et une bonne frange de la Majorité;

Considérant l’imminence de la tenue à Kinshasa d’un Dialogue national qui devrait être inclusif et orienté vers le bien de notre peuple au lieu de devenir un cadre de concertations pour violer la Constitution ou servir de forum de repositionnement politique, de la préservation et du partage du pouvoir et de l’argent par ceux ne parlent du peuple que du bout des lèvres et dans leurs déclarations publiques tout en recherchant leurs propres intérêts;

DECLARONS CE QUI SUIT:

1. La Constitution adoptée par référendum organisé les 18 et 19 décembre 2005 et promulguée par le Président de la République en date du 18 février 2006 traduit la volonté de l’ensemble de notre peuple et le consensus global tant au sein de la classe politique que de la société civile qui s’était dégagé lors du Dialogue inter-congolais tenu à Sun City en Afrique du Sud. Expression de la volonté du peuple souverain et du consensus de toute la classe politique et de la société civile, cette Constitution est et demeure la loi suprême du pays et doit être scrupuleusement respectée par tous, spécialement par les gouvernants.

2. L’Article 220 de la Constitution stipule notamment que la forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle.

3. Les participants à tout dialogue véritablement national et inclusif devraient, dans leur première résolution, s’engager et déclarer solennellement à la face de la Nation, de l’Afrique et du Monde, que la Constitution de la République demeure de strict respect par tous et que son Article 220 ne fera l’objet d’aucune révision de quelque manière que se soit ni sous quelque forme que ce soit. Cet engagement devra être endossé par tous les partis politiques de la Majorité et de l’Opposition politique ainsi que par tous les acteurs de la société civile s’ils recherchent réellement le bonheur de notre peuple.

4. Demandons au Président de la République qui, dans le serment prêté avant son entrée en fonction, avait juré solennellement devant Dieu et la nation de l’observer et de la défendre en toutes circonstances, de donner à présent le ton en réaffirmant formellement et personnellement, devant le même Dieu et la même nation son engagement à respecter et à faire respecter scrupuleusement les dispositions de la Constitution, spécialement son Article 220.

5. Tous les responsables et membres des autres institutions de la République, en particulier l’Assemblée nationale et le Sénat, ainsi que tous les responsables des partis politiques et de la société civile doivent prendre le même engagement s’ils recherchent vraiment le bien de notre peuple et œuvrent pour l’avènement d’ un Etat de droit démocratique dans notre pays et non pas pour la mort ou l’“inanition” de la Nation.

6. Demandons à notre peuple de rester mobilisé contre tous le partisans et artisans de la politique du ventre et contre les fantassins et les tambourinaires du pouvoir afin de se prendre en charge et résister à toute révision ou à toute modification de l’Article 220 de la Constitution en recourant au besoin à l’Article 64 qui lui fait obligation de s’opposer à tout individu ou groupe d’ individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution.

7. En attendant le réengagement solennel et personnel du Président de la République, de principaux leaders des partis politiques de la Majorité tout comme de l’Opposition et des responsables de différentes composantes de la société civile de ne pas se “concerter” ni “dialoguer” pour violer les dispositions intangibles de l’Article 220 de la Constitution qui ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle, nous demandons à tous les compatriotes au pays comme dans la Diaspora de signer massivement la pétition contre tout amendement de cet Article 220 de la Constitution initiée par l’IDGPA et soutenue par d’autres forces sociales et politiques afin de  marquer ainsi notre attachement inconditionnel à l’établissement d’un Etat de droit démocratique dans notre pays.

8. Le vote des congolais de l’étranger étant une matière relevant de la loi électorale et ne nécessitant aucune révision constitutionnelle, nous exigeons que ce droit constitutionnel et leur représentation au sein des institutions nationales, en particulier le Parlement, soient reconnus à tous les Congolais, y compris ceux qui sont dans la Diaspora. Une résolution devra être prise par les participants à tout Dialogue qui se veut véritablement national et inclusif avec injonction donnée au Parlement et au Gouvernement de la République pour que toutes dispositions légales et réglementaires soient prises sans délai pour que les Congolais de la Diaspora puissant en jouir en participant aux prochaines élections nationales.

Fait à Johannesburg, Afrique du Sud, le 10 août 2013

 

 

LES SIGNATAIRES

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

*