Attentat contre le ministre de la Santé

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La voiture du crime !

On en sait désormais un peu plus sur l’attentat manqué, le vendredi 19 mars 2010 au soir, contre le ministre de la Santé, Victor Makwenge. Après avoir donné hier le film d’un scénario qui a failli tourner très mal pour ce membre du gouvernement, Le Phare a poursuivi ses investigations.
Le quotidien de l’avenue Lukusa a dû remuer ciel et terre pour venir à bout de la méfiance qui s’est installée au cabinet du précité pour parvenir, en fin d’après-midi, à tirer les vers du nez de quelques uns de ses proches collaboratreurs. Selon l’un d’entre eux, ce vendredi-là, une dame, major de son état au sein de la police et nommée Fatuma, directrice du Programme national des urgences et catastrophes, l’un des programmes du ministère de la Santé, s’est annoncée au protocole aux environs de 17 h30’ pour être reçue un peu plus tard, plus précisément vers 19 heures, par le ministre Victor Makwenge Kaput.

             C’est pendant les échanges entre les deux interlocuteurs qu’un homme, se faisant passer pour un colonel de la police nationale, s’est présenté au portail d’entrée et s’est identifié auprès des policiers en faction comme colonel. Interrogé au sujet du mobile de cette visite nocturne, il  a laissé entendre qu’il tenait rencontrer la major Fatuma. Quelque temps après, un chauffeur en tenue de la police et armé s’est signalé avec une voiture de marque Mercedes et a pris ses quartiers dans la concession du ministère, alors que la voiture de madame Fatuma était garée en dehors de l’enclos. Poliment, le policier commis à la garde a prié son compagnon d’arme qui venait de débarquer de la voiture de faire consigner son arme auprès de lui.  Ce dernier a opposé un refus catégorique, avec l’appui du « colonel » et a aussitôt braqué son arme sur l’attaché de sécurité.
            Selon sa version des faits, ce policier de garde a confié au Phare avoir fait face au danger qui le guettait et intimé l’ordre aux policiers sous son autorité de se déployer aux quatre coins des locaux du ministère. Entre-temps, l’audience entre le ministre Makwenge et la major Fatuma venait de se terminer. Celle-ci était surprise d’ apprendre, au sortir du tête-à-tête avec son hôte, qu’un colonel l’attendait dehors.
            Intriguée, elle a séchèment répondu ne pas connaître le fameux colonel. C’est au rez-de-chaussée, Mùe Fatuma a tout de même reconnu le « colonel ». « C’est cette contradiction qui a troublé tout le monde »,  a lâché un des proches collaborateurs du ministre.
            Informé de la présence des visiteurs insolites au siège de son ministère, Victor Makwenge a alerté le Général John Numbi, l’Inspecteur général de la Police, qui s’est signalé sur les lieux quelques minutes plus tard. Paniqué, le garde du corps du pseudo colonel s’est mis à tiré dans tous les sens, dans le dessein bien arrêté d’intimider tout le monde et se créer une possibilité de fuite.
            Mais, il a été maîtrisé peu après par des éléments de la Police qui venaient aussi bien de Batetela que de Royal. Le policier et son « chef » ont, tous deux, été conduits à l’Inspection générale de la police où ils auraient déjà été entendus sur procès-verbal. Il en est de même de la major Fatuma. Jusque hier soir, la Mercedes de couleur grise métallisée immatriculée BC 9224 BC et qui a servi au déplacement des deux hommes est actuellement immobilisée au parking du ministère de la Santé, « pour des raisons d’enquête ».
            L’objet du crime est donc là, ainsi que ses présumés exécutants. A ce stade, des questions restent sans réponse au sujet des intentions qui animaient les deux « visiteurs » insolites du ministre Victor Makwenge. Pourquoi avaient-ils suivi la major Fatuma jusque-là ? Quels liens existeraient-ils entre elle et le « colonel » ? Celui-ci avait-il un problème à régler avec la dame major ou le ministre ?
            A ce stade, tout ce que Le Phare et ses milliers de lecteurs souhaitent est que la justice puissent approfondir les investigations en vue de réunir toutes les données et pièces indispensables à l’éclairage d’un dossier fort troublant et menaçant pour la vie d’un membre d’une institution de la République.
 
Sylvestre Saidi Nyota

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