Attaque de la résidence du Chef de l’Etat: la VSV dénonce l’amalgame

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Tout en condamnant, une fois de plus, toute tentative de prise de pouvoir par la force qui n’apporte ni démocratie, ni Etat de droit, la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (V.S.V.) a manifesté ses vives inquiétudes au sujet des méthodes utilisées dans l’arrestations de plusieurs prévenus qui croupissent actuellement à la Prison de N’dolo et qui seraient, selon les éléments d’information à sa disposition, des victimes innocentes. Cette Ong de défense de Droits de l’homme épingle des enfants et étudiants arrêtés chez eux ou sur la route au motif qu’ils sont impliqués dans l’attaque de la résidence du Chef de l’Etat. Certaines victimes ne comprennent pas comment un litige les opposant à une tierce personne s’est brusquement mué en une attaque contre la résidence du Chef de l’Etat ; d’autres ont été ramassées sans explication. Pour tout ce monde, la VSV invite les autorités au respect des Droits humains.   
          Ces précisions ont été fournies à l’opinion lors d’un point de presse tenu hier dimanche 20 mars 2011 au siège de cette Ong de Droits de l’Homme, dans la commune de Ngaliema, par Dolly Ibefo et Rostin Manketa, respectivement directeur exécutif et directeur exécutif adjoint. Plusieurs parents, frères et proches des victimes ont également raconté le calvaire injustifié subi par celles-ci lors de ces arrestations.   Pour la VSV, les éléments de la Police nationale, des Fardc et de l’ANR connaissent très bien la procédure exigée pour priver une personne de sa liberté et n’ont pas d’excuses pour continuer à violer les Droits de l’Homme.

          Pour plus de précisions sur le point de presse de la VSV d’hier dimanche, nous proposons la lecture intégrale du texte de cette communication ci-dessous.
TRIBUNE OFFERTE AUX MEMBRES DES FAMILLES DES VICTIMES INNOCENTES PARMI LES ASSAILLANTS AYANT ATTAQUE 
LA RESIDENCE DU CHEF DE L’ETAT
En rapport avec l’attaque par les hommes armés, dimanche 27 février 2011, de la résidence du chef de l’Etat, monsieur Joseph KABILA KABANGE à Kinshasa/Gombe et de la base logistique du camp militaire colonel Kokolo à Kinshasa/Bandalungwa, la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) exprime ses vives inquiétudes consécutivement à la sécurité et la vie de dizaines des  personnes innocentes enlevées, détenues et bien d’autres qui seraient portées disparues jusqu’à ce jour.
 En effet, tout en condamnant, une fois de plus, toute tentative de prise de pouvoir par la force qui n’apporte ni démocratie, ni instauration d’un Etat de droit, la VSV est au regret de constater que parmi les personnes appréhendées depuis cette attaque armée, certaines l’ont été sur base d’aucune preuve matérielle  valables. Des personnes croupissent dans les lieux de détention pour avoir été victimes de fausses dénonciations, règlements de compte, excès de zèle des forces de l’ordre…, et ce, en dehors et en violation de toute procédure judiciaire en la matière dans un pays qui se veut un Etat de droit.
Des membres des familles des victimes continuent à clamer l’innocence de leurs proches et d’autres, la restitution des corps pour les obsèques dignes.
 A titre illustratif, il sied de relever tes cas non exhaustifs ci-dessous :
. sept (7) journaliers de Mino-Congo appréhendés par des militaires des FARDC en patrouille
Dimanche 27 février 2011, vers 19h00, messieurs TSHIBALA KAZADI Trésor, DIANGI DUKILI,.MASAI.A BENI, TSHIPEMBA, KWEYI, MABANGA et Paul MPAKALA, alias « Ingénieur » tous journaliers de la société Mino-Congo sont appréhendés à la fin de service par des militaires des FARDC en patrouille à bord d’une jeep de l’armée pendant qu’ils se changent pour porter les habits propres de la mais dans les parages de Mino-Congo à la résidence de leur collègue, monsieur Paul Mpakala, sise rue Banza, quartier GB, commune de Ngaliema.
 En effet, quelques minutes après leur arrivée chez monsieur Paul MPAKALA, alias « Ingénieur », les sept (7) journaliers de Mino-Congo sont surpris par l’irruption dans la parcelle d’un groupe des militaires armés qui ont commencé à les malmener et chercher à leur extorquer argent, montres, téléphones portables, etc.
Voulant arracher à M. Paul MPAKATA ses quatre cent dollars américains (400,00 USD) et suite à la résistance de ce dernier, les militaires l’ont appréhendés avec ses six (6) collègues. Ils sont tous acheminés immédiatement au camp militaire colonel Kokolo et placés dans le lot des hommes armés suspectés dans l’attaque de la résidence du Chef de l’Etat.
Ils sont transférés le lendemain à la prison militaire de Ndolo où ils sont détenus jusqu’à ce jour.
. Quatre pêcheurs arrêtés.

Dimanche 27 février 2011, vers 15h00, quatre (4) pêcheurs en l’occurrence messieurs MBUNGO Hugues, MPELE MPIA Héritier (âgé de 15 ans), TULA et MALEBA Junior, résidant tous sur l’île Kauka, vers « Libongo de Ndolo », commune de la Gombe sont arrêtés par des militaires de la GR commis à la garde du Bateau présidentiel « Bateau Hôpital », mouillant sur les bords du fleuve Congo.
Les quatre (4) pêcheurs exercent leurs activités du côté de la société Chanic à Kinshasa/Ngaliema.
 Ils sont appréhendés au niveau du « Bateau Hôpital » par les éléments de la GR au moment où ils tentent de rejoindre rapidement, par pirogues leur domicile, dimanche 27 février 2011, vers 15h00, après avoir été effrayés par des coups de feu en provenance de la résidence présidentielle.
 Les quatre (4) victimes sont directement acheminées au cachot du Bataillon Police Militaire (Bn PM) au camp militaire colonel Kokolo où elles sont placées en détention.
. Suite à un conflit parcellaire, quelques trente (3O) éléments de la police militaire (PM) enlèvent trois membres d’une même famille et un locataire.

Conflit parcellaire
 Dans [a nuit de lundi 13 au mardi 14 mars 20Lt, vers 2h00 du matin, la parcelle sise avenue du plateau II, no 018, quartier Joli-Parc, commune de Ngaliema (en face du quartier Mont-Fleury) est visitée par un groupe d’une trentaine des PM lourdement armés qui entrent par effraction dans les maisons construites dans l’enceinte de ladite parcelle et procèdent à la fouille systématique des locaux y érigés.
 Pour avoir trouvé une machette et une hache dans un des locaux, les éléments PM procèdent à l’enlèvement des occupants en l’occurrence, monsieur LISALA Léon, sa femme BOFUA MBOYO, monsieur NYAMPALA TOTO ainsi qu’un locataire habitant dans la maison avoisinante à celle où ont été retrouvées la machette et la hache.
 Ils sont acheminés à une destination inconnue avant d’être retrouvés le 14 mars 2011 à l’Auditorat militaire de Gombe où ils sont qualifiés d’insurgés Enyele « suite à leur appartenance à la province de l’Equateur ». Les victimes sont transférées au cachot du camp PM au camp militaire Kokolo jusqu’à ce jour.
 Tout porte à croire que les quatre (4) personnes seraient victimes d’un règlement de compte de la part de leur voisine, madame BILALI qui userait de trafic d’influence auprès de certaines autorités de l’armée pour chercher à extorquer la parcelle où habitent les quatre (4) victimes en les faisant passer comme des personnes ayant fait partie des événements du 27 février 2011.

Des disparus

• Les  proches de l’adjudant André MUKALENGA KABEMBELA réclament son corps pour des obsèques dignes
 En rapport avec les événements du 27 février 2011 ayant provoqué mort d’hommes à Kinshasa, plusieurs familles demeurent dans l’ignorance du sort réservé à leurs proches victimes lors de ces événements suite à la non publication, de manière officielle, par les autorités RD Congolaises, de la liste des victimes. C’est le cas, entre autres, de la famille du militaire des FARDC, l’adjudant André MUKALENGA KABEMBEI-A qui avait été tué au camp militaire colonel Kokolo, le jour des faits par des coups de machette.
Jusqu’à ce jour, sa famille n’a reçu aucune information officielle sur le décès de ce dernier et ne sait quel sort a été réservé à sa dépouille mortelle.

Des étudiants arrêtés
. Deux membres d’une même famille enlevés à domicile par des hommes armés non autrement identifiés
Mercredi 02 mars 20LL, vers 13h00, monsieur KARAWA BENE KARAWA Rabbi, âgé de 22 ans et étudiant en 1er graduat à l’Université Protestante du Congo ( UPC) et son frère, monsieur KARAWA TITO ZUBU, âgé de 29 ans et Lauréat 2010 de t’Institut Supérieur des Techniques Appliquées (ISTA) sont enlevés au domicile familial. sis avenue Gbadolite, quartier 7, commune de N’djili par neuf (9) hommes armés et habillés en veste.
 Sans mandat ni autres titres, ces derniers ont escaladé la clôture de la parcelle avant d’infliger des mauvais traitements aux occupants dont madame LONGOMBA Marie-Louise, la mère des victimes.
A leur arrivée sur les lieux, les hommes armés ont prétexté rechercher une personne blessée par balles lors de l’assaut contre la résidence du Chef de l’Etat, monsieur Joseph KABILA KABANGE , le 27 février 2011.
 MM. KARAWA BENE KARAWA RAbbi Ct KARAWA ZUBU Tito ont été acheminés vers une destination inconnue en .dépit de supplications de la maman et de nombreux curieux venus contempler la scène macabre.
 Selon les informations parvenues à la VSV, les victimes seraient placées en détention sans droit de visite au cachot de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR), sis en face de la Primature, ensuite transférées vendredi 05 mars 2011, au cachot de Bataillon de la Police Militaire (Bn PM), au camp militaire colonel Kokolo avant d’échouer à la prison militaire de Ndolo.
De ce qui précède, la VSV réitère ses vives inquiétudes et demande au gouvernement RDCongolais de :
– Garantir la vie, la sécurité et l’intégrité physique et psychologique de toutes les personnes arrêtées et les déférer devant une juridiction compétente où le droit à la présomption d’innocence et à un procès juste et équitable leur sera garanti en cas de griefs sérieux mis à leur charge ;
– Libérer sans condition toutes les et illégalement détenues ;
– Restituer les corps des personnes membres de famille pour un dernier hommage ;
– Prendre en charge les personnes blessées quels que soient les griefs mis à leur charge ;
– Ouvrir une enquête indépendante contre les auteurs des arrestations arbitraires et détentions illégales en vue de les traduire en justice pour qu’ils répondent de leurs actes.

Fait à Kinshasa, le 20 mars 2011.
La Voix des Sans-Voix pour les Droits de l’Homme (VSV)

 

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