Atelier de l’Omec

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Me Freddy Mulamba : «La liberté s’arrache !»

Invités, intervenants et modérateurs présents  à l’atelier de l’Omec sur la sécurité des journalistes n’ont pas voulu rater le second round des échanges hier mercredi 28 avril 2010. Lesquels ont été animés par Donat Mbaya de Jed; Stanis Nkundiye du Snpp et Me Freddy Mulamba. Il n’y a pas eu de langue de bois.  Mbaya n’a pas ménagé ses confrères. Expliquant à la ronde les tares et autres incorrections commises par-ci par-là. Stanislas   a parlé du coupage, terme en vogue  dans la corporation. Certains confrères  ont fait état du calvaire enduré dans leurs rédactions.   De son côté, Freddy Mulamba a délivré le message suivant : Aides-toi est le ciel t’aidera. . Le maître de céans, à savoir le président de l’Omec s’est assigné le rôle d’éclairer des zones d’ombre. Un débat intéressant.

 

Donat Mbaya : Un jour, la Com a eu à juger un journaliste de surcroît agent secret

« Sécurité des journalistes et professionnels des médias en RDC : Bilan général » est le module débattu par le président de Jed. A voir le lourd tribut payé par les hommes des médias pour avoir fait leur travail d’informer les lecteurs, on peut simplement dire que le bilan n’est guère flatteur.
 Réputé pour  son franc parler habituel, Donat Mbaya n’a pas manqué d’évoquer les risques et autres dangers qui guettent les journalistes qui mangent à plusieurs râteliers. Un jour, grande a été sa surprise de s’entendre dire par un juge qu’ils interrogeaient un agent secret coupable selon eux d’avoir livré des informations à un organe de presse. L’agent secret en question était un confrère, a clairement dit Donat Mbaya.
 Par ailleurs, la HAM a pris la fâcheuse habitude de ne tenir compte que des récriminations des politiciens à l’endroit des confrères. Jusqu’ici, elle n’a débouté aucun politicien, a-t-il indiqué. Dans notre pays, les journalistes, faillibles comme tout être humain, n’ont pas droit à l’erreur.
 Par ailleurs, le combat mené jusqu’ici est celui de la depénalisation des délits de presse. La commission Ekambo a fait un grand travail sur ce point là. On croit savoir qu’à la fin, le législateur va en tenir compte avec le CSAC.  Prenant le relais en sa qualité de modérateur,   le président de l’Omec a fait observer que la dépénalisation  peut être plus pernicieuse que la sanction pénale. Imaginer que le journaliste reconnu coupable d’un délit de presse soit condamné à un millions des dollars d’amende. Polydor Muboyayi en a profité pour expliquer le rôle de l’Omec. La sanction est certes morale mais assez significative. Il a évoqué ensuite la collaboration existant entre l’Omec, l’Unpc, la HAM.

Médias pauvres,  journalistes à la peine

 Succédant à Donat Mbaya, le secrétaire général du Syndicat national des professionnels de la presse « Snpp » a parlé de la sécurité et des droits sociaux des journalistes. Stanislas Nkundiye a rappelé d’abord d’un atelier organisé il y a de cela quelques années par l’Omec et axé sur le coupage. Ajoutant par la même occasion avoir fait la ronde des organes de presse pour parler du contrat de travail. «Certains employeurs nous ont éconduits», a-t-il souligné.
 Un journaliste clochardisé et vivant dans la peur constitue un danger pour lui –même et la société. On ne peut pas s’attendre à un bon travail de la part d’un tel journaliste. Le patron d’un organe de presse a l’obligation morale de bien soigner son personnel. Le coupage, considéré comme un expédient, ne peut assurer aux hommes des médias une vie décente.
  Le secrétaire général du Snpp a déclaré avoir plaidé les cas des confrères en difficulté auprès des décideurs politiques, et  avoir été notifié des cas des journalistes impayés pendant plusieurs mois. Répondant à l’un d’entre eux présent ce mercredi 28 avril 2010 à l’Omec, il a dit qu’ils sont là pour conseiller. Et vont continuer à accompagner les amis en détresse.

Me Freddy Mulamba : «La liberté s’arrache »

Pour Me Freddy Mulamba, représentant le bâtonnier national empêché, il n’y a pas à priori des  conflits des textes entre le code de déontologie des journalistes, la loi sur la presse et le code pénal.
 Et pour asseoir son argumentaire, il s’est référé à certaines dispositions du code pénal relatives aux imputations dommageables, plus précisément les articles 74 à 78 ; de la loi sur la presse du 22 juin 1996 et du code de déontologie.  Ces différentes lois sont complémentaires, a-t-il indiqué.
 Il  a précisé que les journalistes reconnus auteurs des délits de presse peuvent être poursuivis par les juges et les tribunaux des pairs. A la question posée par un confrère qui voulait savoir pourquoi les juges s’appuient sur le code pénal plutôt que la loi sur la presse pour poursuivre les journalistes auteurs des délits de presse, le délégué du bâtonnier national a dit que la liberté s’arrache. Les professionnels des médias doivent continuer à se battre pour amener le politique à dépénaliser le délit de presse. Polydor Muboyayi a fait remarquer que la loi sur la presse de 1996  mise souvent en évidence contient beaucoup des dispositions liberticides. Les participants vont travailler en commissions aujourd’hui.
Jean- Pierre Nkutu

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