Atelier de l’OMEC : les professionnels des médias jouent cartes sur table

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« Ethique et déontologie : Nouvel état des lieux » est l’intitulé de l’atelier organisé le vendredi 9 mars 2012 au Centre d’Accueil Protestant (CAP)  par l’Observatoire des Médias Congolais (OMEC) en partenariat avec Open Society Initiative for Southern Africa  (OSISA). Mme Lala Secrétaire générale à la Communication et Médias y était représentée par Ngimbi, Directeur chargé de la presse.

Il a été procédé aussi à la remise des lots du «Code de déontologie des journalistes congolais et  du guide pratique du journaliste en période électorale» écrite et audiovisuelle aux organes de presse.
Pourquoi assiste-t-on à la persistance des dérives dans nos médias alors que la quasi-totalité des journalistes proviennent des écoles de journalisme ? Telle est la préoccupation principale sécurisé pa l’OMEC   à plus de 90 participants. Pour mieux circonscrire,  l’organisation a fait appel à un icône des médias, Stéphane Kitutu, et à un formateur, de renom, le prof Ekambo ( représenté au CAP, par son assistant Vungbo ).

En qualité de « maître «  des céans, le président de l’OMEC a pris la parole pour dire qu’en initiant cette  rencontre, il était question d’offrir  l’occasion aux professionnels des médias de se regarder dans le miroir pour mesurer l’étendue des dégâts que peuvent causer les émissions et articles non conformes aux règles d’éthique et de déontologie du journaliste congolais.  C’était aussi l’opportunité aussi de rappeler à tous  que l’intériorisation des règles fondatrices de notre métier passe par une lecture attentive du Code de déontologie et surtout par l’application de ses prescrits dans la pratique quotidienne.

Polydor Muboyayi s’est appesanti sur les dispositions liberticides contenues dans la loi  du 22 juin 1996 portant modalités de l’exercice de la liberté de la presse au Congo Kinshasa.   « Ce rappel est destiné à nous montrer la voie de la raison », a-t-il souligné.
« La création de l’OMEC avait été motivée par l’intrusion des moutons noirs dans les médias », a ajouté Muboyayi.
Avec les exposés d’Ekambo et du Directeur Général de CCTV, on aura comme deux regards croisés sur la problématique.
« En les mettant ensemble, nous cherchons à comprendre ce qui se passe sur le terrain, a-t-il précisé. Il a remercié OSISA pour sa contribution à l’impression des lots des ouvrages à remettre aux journalistes.

Pascal Kambale, directeur  RDC/ OSISA  a dans son mot de circonstance ,  exprimé la joie de sa fondation d’être associée à l’organisation de l’atelier du CAP.   «L’OMEC  est l’un de nos partenaires privilégiés», a-t-il précisé.
On ne peut pas avoir une société  digne de ce nom si on y trouve pas une presse réellement performante, a ajouté Kambale.
«On assiste à un foisonnement des médias, mais hélas, le professionnalisme s’émousse». Nos partenaires ont fait ce même constat.

Réduire les dérives décriées était l’objectif assigné à cet atelier. Et ensuite poser des jalons pour une application judicieuse des règles d’éthique et de déontologie du métier de journaliste, a conclu le délégué d’OSISA .
« Irrespect d’éthique et de déontologie. Regards d’un formateur » et « Ethique et Déontologie, causes et motivations des diverses violations » ; sont les intitulés des exposés de Kitutu et Ekambo.
En somme, le formateur et le praticien ont passé en revue les moments historiques de la sphère informationnelle en RDC et les raisons profondes des dérives enregistrées ça et là.

 Auto flagellation

Les exposés terminés, les journalistes présents au CAP ont posé une série de questions  liées à l’exercice de leurs fonctions mais aussi formulé quelques suggestions.
Les questions ont porté sur la distinction entre une communication et une information, le sponsoring d’un journal télévisé, les difficultés rencontrées par les journalistes  prestant dans les médias publics, l’inadéquation entre le savoir dispensé par les écoles de journalisme et les prestations des diplômés en journalisme  dans des organes de presse.

Reprenant la  parole, Polydor Muboyayi  le DG du CCTV, l’assistant d’Ekambo  ou encore le secrétaire exécutif de l’OMEC Munsoko ont dit que les entreprises de presse doivent tout faire pour réaliser des bénéfices. 
L’opérateur économique désireux de faire vendre l’image de son asbl ou même veut faire booster la vente de son produit doit payer l’espace. Dans les pays développés, a signalé Kitutu, l’Etat a fixé des règles en matière de sponsoring des journaux télévisés.
Par ailleurs, il a été démontré aux journalistes  la possibilité de traiter l’information dans les médias publics et même privé, sans pour autant s’éloigner des lignes éditoriales de leurs organes de presse.

« Les faits sont sacrés, les commentaires libres », a précisé Kitutu.
Quant au problème de la capacité d’accueil des étudiants à l’IFASIC et celui du cours de déontologie , Munsoko s’est expliqué  sur la raison réelle du surnombre  des effectifs,  le souci exprimé par l’IFASIC  de construire de nouveaux bâtiments, fournissant par la même occasion des explications sur l’élaboration de la charge horaire.
Evoquant le cas des stagiaires, le président de l’OMEC a dit avoir fait des observations pertinentes aux animateurs des écoles de journalisme. Ceci au terme des stages de leurs étudiants au quotidien de l’avenue Colonel Lukusa.
« Certains responsables ont tenu compte de nos remarques », a-t-il souligné.
Tout en reconnaissant les effets nocifs du coupage, Polydor Muboyayi a relevé que la corporation a le courage d’en parler sans tabou. Toutefois, la corruption est un phénomène généralisé.

Si on jette souvent la pierre au journaliste ayant perçu un minable coupage, on ferme les yeux sur les cas de corruption à grande échelle.
Au terme des échanges souvent houleux, une série de recommandations et résolutions ont été arrêtées.
Le représentant de la Secrétaire générale à la  Communication et aux Médias est intervenu avant et après l’atelier. Le directeur Ngimbi  est revenu sur l’importance de cette rencontre.
On a noté aussi la présence dans la salle  des responsables des antennes provinciales  de l’OMEC au CAP.

Massala

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